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Malgré les incertitudes liées au Covid-19, Bayer maintient ses objectifs

LEVERKUSEN (Allemagne), 27 avril 2020 (APMnews) - La pandémie de Covid-19 a eu des effets variables mais globalement positifs au premier trimestre sur les activités de Bayer, qui ne modifie pas ses prévisions d'une croissance située entre 3% et 4% en 2020, a-t-il annoncé lundi dans un communiqué.
Le groupe allemand reconnaît que la crise sanitaire fait régner des incertitudes sur plusieurs "facteurs clés". Il
"prévoit qu'après le début positif de l'année, le Covid-19 continuera d'avoir un impact sur les activités au cours de 2020".
Il ne sera toutefois possible d'évaluer avec fiabilité les effets positifs et négatifs de la pandémie "que plus tard dans l'année", a-t-il indiqué, citant quatre "facteurs clés" qui auront "un impact majeur sur le développement des activités":
  • la production et l'approvisionnement, c'est-à-dire la stabilité de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, l'inventaire et les stocks de sécurité, ainsi que la logistique, notamment l'impact sur les coûts
  • la dynamique de la demande: les modèles de demande, par exemple de stockage, l'impact sur les interventions chirurgicales non urgentes, la demande de biocarburant et la main-d'oeuvre saisonnière, les essais cliniques et processus réglementaires
  • les marchés financiers: l'accès au marché de la dette et les taux d'intérêt, le comportement et la solvabilité des payeurs et fournisseurs, la volatilité des cours de change
  • les tendances et opportunités créées par la crise: la gestion des coûts, l'accélération de la numérisation, le rôle de la science dans la société.
Il maintient ses prévisions annoncées en février d'un chiffre d'affaires situé entre 44 milliards et 45 milliards d'euros et d'une croissance de 5% de la seule division pharmaceutique en 2020.
Il prévoit également une hausse de 7% à 10% de son excédent brut d'exploitation (EBE, au sens d'Ebitda) avant exceptionnels. Il devrait se situer entre 12,3 milliards et 12,6 milliards d'euros. Pour la seule division pharmaceutique, le groupe anticipe un Ebitda avant exceptionnels de près de 6 milliards, contre 5,9 milliards en 2019 (cf dépêche du 27/02/2020 à 14:53).
Au premier trimestre, la pandémie de Covid-19 a conduit à une "plus forte demande", partiellement due à la constitutions de stocks, et à une augmentation des ventes pour certains segments, mais les restrictions liées à la crise sanitaire ont un impact négatif sur une partie des activités, a indiqué Bayer.
Le chiffre d'affaires total a gagné 4,8% (6% à périmètres et taux de change constants) à 12,8 milliards d'euros. L'EBE avant exceptionnels a augmenté de 10,2% à 4,4 milliards d'euros, grâce notamment à un effet positif de change de 41 millions d'euros.
Le résultat opérationnel, au sens de l'Ebit, a affiché une croissance de 40,4% à 2,5 milliards d'euros, en partie due à un baisse des charges exceptionnelles nettes à 639 millions d'euros, alors qu'elles s'élevaient à 1 milliard au premier trimestre 2019. "Ces charges spéciales concernent principalement les frais de justice, les programmes de restructuration en cours et l'intégration de Monsanto", a expliqué Bayer.
Le résultat net a progressé de 20% à 1,5 milliard d'euros.

La pharma toujours tirée par Xarelto*

La division Pharmaceuticals a gagné 4,4% (3,9% en ajusté) à 4,6 milliards d'euros. L'EBE avant exceptionnels a progressé de 7,3% à 1,6 milliard d'euros. L'activité a été impactée par la mise en place d'une nouvelle procédure d'appels d'offres en Chine ainsi que par "la diffusion de la pandémie de Covid-19 et les effets associés sur les soins médicaux et le comportement de commande", a expliqué le laboratoire.
L'anticoagulant Xarelto* (rivaroxaban, avec Janssen, groupe Johnson & Johnson) a progressé de 19% en données publiées à 1,1 milliard d'euros, en raison principalement des "changements des comportements de commandes" liés à la pandémie.
Parmi les produits récents, le traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) Adempas* (riociguat) a gagné 29,5% à 123 millions d'euros, grâce à une "croissance continue" aux Etats-Unis. L'anticancéreux Stivarga* (régorafénib) a gagné 24,7% à 121 millions, sous l'effet d'une augmentation des volumes en Chine, aux Etats-Unis et en Russie.
Les ventes du médicament d'ophtalmologie Eylea* (aflibercept, avec Regeneron) ont affiché une hausse de 1,7%. "Les baisses causées par un changement dans les comportements de commande dû à des réductions de prix imminentes au Japon et en France ont été compensées par des gains de vente au Royaume-Uni, en Allemagne et au Canada", a fait savoir Bayer.
L'antidiabétique Glucobay* (acarbose) a chuté de 38% à 116 millions d'euros, en raison d'une "forte baisse" en Chine, qui résulte des "restrictions liées au Covid-19 et de réductions de prix importantes prévues, avec l'introduction d'une nouvelle politique d'achat dans le pays".
Dans la contraception, la gamme Mirena*/Kyleena*/Jaydess* (lévonorgestrel) a décliné de 0,9% à 319 millions d'euros, tandis que Yaz*/Yasmine*/Yasminelle* (drospirénone‎ + éthinylestradiol‎) a gagné 11,3% à 177 millions.
L'anticancéreux Nexavar* (sorafénib), impacté par une baisse des activités en Chine et une concurrence accrue aux Etats-Unis, a perdu 11,4% à 163 millions d'euros. Les traitements de la sclérose en plaques (SEP) Betaferon*/Betaseron* (interféron bêta-1b) ont gagné 1% à 102 millions.
Les facteurs VIII Kogenate*/Kovaltry*/Jivi* ont progressé de 11,3% (9,6%) à 237 millions.
La division santé grand public a connu une hausse de 0,2% en publié (en raison de plusieurs cessions), mais de 13,5% à taux de change et périmètre constants, à 1,4 milliard d'euros, grâce à une hausse de la demandé créée par la pandémie de Covid-19 et la constitution de stocks. Les produits nutritionnels en particulier, ont augmenté de 32% à 351 millions et ceux liés à la douleur et la cardiologie de 17,6% à 214 millions.
L'EBE avant exceptionnels de la division a gagné 3,8% à 301 millions d'euros, grâce à l'augmentation du chiffre d'affaires et "des effets positifs du programme d'efficience lancé fin 2018, qui a plus que compensé l'absence de résultats des activités cédées en 2019 et la hausse des frais de commercialisation", a indiqué Bayer.

La pandémie ralentit l'avancée vers un accord global dans les affaires liées au Roundup*

L'activité agrochimique (Crop sciences) a pour sa part progressé de 6,1% à 6,8 milliards d'euros et l'EBE de 13,5% à 2,5 milliards. Ces performances sont dues à "la demande accrue due au Covid-19", ainsi qu'à l'augmentation des volumes "dans toutes les régions" et à des synergies de coûts "à mesure que l'intégration des activités acquises progresse", a détaillé Bayer.
Au 14 avril, 52.500 plaignants s'étaient fait connaître aux Etats-Unis pour des affaires concernant l'herbicide à base de glyphosate Roundup*, issu de l'achat de Monsanto et accusé d'être à l'origine de cancers. En février, il y avait 48.600 plaignants.
Le groupe allemand est toujours à la recherche d'un accord global pour mettre un terme à ces plaintes. Il a fait savoir qu'il avait enregistré des avancées en ce sens avant l'apparition du Covid-19 et de la pandémie mondiale, qui ont "considérablement ralenti le processus de médiation". Il a indiqué mettre en place "un mécanisme pour résoudre efficacement les futures réclamations potentielles".
Un accord global ne sera trouvé que si la solution proposée est "financièrement raisonnable", a répété le groupe. "Dans le contexte d'une récession imminente et compte tenu, notamment, des défis de liquidités considérables, cela s'applique plus que jamais", a commenté Werner Baumann, directeur général de Bayer.
Lundi en fin de matinée à la Bourse de Francfort, le cours de Bayer était en hausse de 3,9%, à 61,87 euros.
mjl/eh/APMnews

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