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Diabète de type 2: les analogues du GLP-1 plus protecteurs pour le rein que les inhibiteurs de la DPP-4

WASHINGTON, 29 avril 2020 (APMnews) - Les analogues du GLP-1 sont associés à une réduction du risque de survenue d’évènements rénaux majeurs chez les patients diabétiques de type 2 suivis en routine clinique, en comparaison aux inhibiteurs de la DPP-4, selon une étude scandinave publiée dans Diabetes Care.
Alors que les analogues du GLP-1 constituent une option thérapeutique intéressante pour le traitement du diabète de type 2, leurs effets bénéfiques sur la fonction rénale restent plus incertains.
Dans une étude de cohorte basée sur les données de registres nationaux danois, suédois et norvégiens, Björn Pesternak du Karolinska Institutet de Stockholm et ses collègues ont évalué l’association entre les analogues du GLP-1 et le risque d’évènements rénaux sévères.
Pour limiter les biais liés à l’influence de la maladie elle-même sur la fonction rénale, les auteurs ont utilisé un comparateur actif, les inhibiteurs de la DPP-4 qui sont indiqués dans les mêmes conditions que les analogues du GLP-1 mais sont censés ne pas avoir (ou peu) d’effet rénal.
Au total, 38.731 patients initiant un traitement par analogue du GLP-1 (liraglutide 92,5%, exénatide 6,2%, lixisénatide 0,7% et dulaglutide 0,6%) ont été comparés au même nombre de patients débutant un traitement par un inhibiteur de la DPP-4 (71,8% sitagliptine, 17,9% vildagliptine, 6,6% saxagliptine, 3,3% linagliptine et 0,4% alogliptine), aux caractéristiques similaires selon un score de propension.
Les patients âgés en moyenne de 59 ans, dont 18% présentaient une maladie cardiovasculaire et 5% une maladie rénale chronique, ont été suivis pendant 3 ans en moyenne.
Le critère principal était la survenue d’un événement rénal sévère nécessitant un traitement substitutif (dialyse ou transplantation rénale) ou une hospitalisation (dont notamment pour une néphropathie diabétique, une maladie rénale chronique ou une atteinte rénale aiguë) ou entrainant le décès.
Un événement rénal sévère est survenu chez 570 patients sous GLP-1 (4,8 évènements pour 1.000 personnes-années) et 722 patients sous inhibiteurs de la DPP-4 (6,3 évènements pour 1.000 personnes-années), avec un risque diminué de 24% pour les patients sous GLP-1.
Cependant, les auteurs notent que les résultats différaient en fonction du nombre d’années de suivi. Ainsi, la réduction du risque était significative durant les deux premières années de suivi (-44% après un an, -32% à deux ans) mais n’était plus significative après 3 à 5 ans.
Le recours aux analogues du GLP-1 a été associé à un risque significativement diminué de traitement substitutif pour insuffisance rénale (-27%) et d’hospitalisation pour événement rénal (-27%). La probabilité de décès de cause rénale n'était diminuée de façon statistiquement significative.
Dans une étude de sous-groupe dans laquelle les patients qui ont arrêté ou changé de traitement précocement ont été exclus de l’analyse, l’association entre le recours aux GLP-1 et la diminution du risque d’évènement rénal sévère était renforcée sur le critère principal (-40%), et cela indépendamment des années de suivi.
Les mécanismes par lesquels les agonistes du GLP-1 protègent le rein restent à comprendre.
Les auteurs suggèrent que les effets de ces médicaments sur le poids, la pression artérielle, les profils lipidiques postprandiaux, l’inflammation ou la fibrose pourraient être impliqués. L'hémodynamique rénale pourrait aussi être modulée, bien que cela n'ait pas été systématiquement démontré dans les essais cliniques mécanistes.
(Diabetes Care, publication en ligne du 15 avril)
vcd/fb/APMnews

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