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Résultats contradictoires sur le risque de sévérité du Covid-19 en cas de Mici

LONDRES, 6 mai 2020 (APMnews) - Selon une étude italienne publiée dans Gut, une activité modérée à sévère de la maladie inflammatoire chronique de l’intestin (Mici) serait associée à un pronostic plus sévère du Covid-19, ces résultats étant toutefois contredits par une seconde étude publiée dans Clinical Gastroenterology and Hepatology.
Les patients souffrant de Mici sont généralement à risque accru d’infections, en particulier quand ils sont traités par stéroïdes, immunosuppresseurs ou par des produits biologiques.
Dans une étude prospective observationnelle, Cristina Bezzio de l’hôpital Rho de Milan (Italie) et ses collègues ont décrit et étudié l’évolution des cas de Covid-19 déclarés chez des patients atteints de Mici afin d’identifier les facteurs de risque de sévérité de la maladie.
Ils ont inclus 79 patients souffrant d’une Mici (32 patients avaient une maladie de Crohn et 47 une rectocolite hémorragique) avec un diagnostic confirmé par PCR d’infection par Sars-CoV-2 ou une suspicion de Covid-19 définie par au moins 3 symptômes évocateurs de la maladie et un contact récent avec une personne infectée.
Au total, 46% des patients ont présenté une pneumonie associée au Covid-19, 28% ont été hospitalisés, 9% ont nécessité une ventilation mécanique, 11% ont eu besoin d’un traitement par pression positive continue, 3% ont eu une intubation endotrachéale et 8% sont décédés.
Si l'on ne s'intéresse qu'aux patients ayant eu une pneumonie liée au Covid-19, ils ont nécessité une hospitalisation dans 61% des cas et une assistance respiratoire dans 44% des cas, une intubation endotrachéale dans 6% des cas. Et le taux de décès atteignait 16%.
Environ 50% des patients qui ont développé une pneumonie et 50% des patients décédés n'étaient sous aucun traitement immunosuppresseur.
L'analyse statistique des données révèle une association significative entre le risque de pneumonie liée au Covid-19 et un âge de plus de 65 ans, le diagnostic de rectocolite hémorragique, une activité modérée à sévère de la maladie et un score de comorbidités de Charlson supérieur à 1.
A l’inverse, le traitement employé pour traiter la Mici n’était pas associé au risque de pneumonie liée au Covid-19.
Pour les décès, les mêmes facteurs (moins la rectocolite hémorragique) étaient associés au risque.
Les auteurs concluent qu'un niveau élevé d’activité de la maladie était associé à un pronostic plus péjoratif de Covid-19 (pneumonie, assistance respiratoire, hospitalisation et décès).
Ils ajoutent que les complications et la létalité du Covid-19 chez les patients atteints de Mici reflètent l'histoire naturelle de Covid-19 et sont apparemment sans rapport avec l'utilisation d'un traitement immunosuppresseur.

Des formes moins sévères pour les patients atteints de Mici

Dans une étude observationnelle menée en France et en Italie, Mariangela Alloca de l’Humanitas Clinical and Research Center de Milan et ses collègues ont étudié une large cohorte de 6.000 patients atteints de Mici. Parmi eux, 15 ont été diagnostiqués pour un Covid-19.
Aucun patient n’a nécessité une prise en charge en soins intensifs et aucun décès n’a été rapporté parmi ces patients.
Pour les auteurs, l’orage cytokinique qui caractérise la maladie pourrait être atténué par l’usage de traitement anti-inflammatoire.
Ils précisent toutefois que des biais potentiels, tel qu’un jeune âge des patients ou un recours plus fréquent à la vaccination, pourraient avoir influencé ces résultats.
Au contraire de l'autre étude, ils concluent de l'analyse de leur petit groupe de patients que les malades de Mici ne présentent pas de risque accru de Covid-19 et développeraient des formes moins sévères lorsqu'ils sont infectés.
L'Organisation internationale pour l'étude des maladies inflammatoires de l'intestin (IOIBD) préconise la poursuite du traitement d'entretien, en prêtant attention aux fortes doses de corticostéroïdes systémiques (> 20 mg/j de prednisone ou équivalent).
Cette stratégie qui permet d’éviter les hospitalisations pour des poussées aiguës de Mici, permettrait de limiter des décès de Covid-19 dans cette population, suggèrent Cristina Bezzio et ses collègues.
(Gut, publication en ligne du 30 avril ; Clinical Gastroenterology and Hepatology, publication en ligne le 26 avril)
vcd/fb/APMnews

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