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Trois étapes à suivre pour le télésuivi des apnées du sommeil (sociétés savantes)

PARIS, 11 mai 2020 (APMnews) - La Société française de recherche et médecine de sommeil (SFRMS) et la Société de pneumologie de langue française (SPLF) proposent un arbre décisionnel en trois étapes pour le télésuivi des patients traités par pression positive continue (PPC) pour un syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), avec analyse de l'observance thérapeutique, des fuites et de l'index d'apnées-hypopnées résiduel.
Les modalités de remboursement des patients atteints de SAHOS par PPC et de leur télésuivi ont été précisées par un arrêté publié en décembre 2017 (cf dépêche du 18/12/2017 à 13:11), rappellent le Dr Arnaud Prigent de la polyclinique Saint-Laurent à Rennes et ses collègues du groupe de travail commun aux deux sociétés savantes dans un article à paraître dans la Revue des maladies respiratoires.
Depuis, plus de 1 million de patients traités par PPC pour un SAHOS en France ont donné leur consentement pour que les données enregistrées chaque nuit par leur dispositif médical (observance journalière, fuites et IAH résiduel) soient télésuivies par le prestataire de soins à domicile (Psad) chargé de leur appareillage à domicile.
Seule l'observance par période de 28 jours fait l'objet d'une obligation légale de télésuivi alors que le télésuivi rapproché des événements respiratoires résiduels et des fuites, combiné à l'évaluation du bénéfice clinique, constitue "une opportunité d'amélioration de la qualité des soins mais aussi de détection précoce d'évènements médicaux intercurrents".
Le groupe de travail a élaboré un arbre décisionnel de gestion des données de télésuivi sous PPC qui se veut simple et peut être ajusté si nécessaire par le praticien prescripteur en fonction des besoins et spécificités du patient.
Cet outil précise "les modalités de recueil et d'analyse des données de télésuivi des patients traités par PPC" pour notamment "définir les termes et usages d'un langage commun dans le but d'une utilisation raisonnée et raisonnable" du télésuivi et préciser "les interactions possibles du praticien et du prestataire avec pour finalité un traitement optimisé dans l'intérêt premier des patients".
L'arbre décisionnel comporte 3 paramètres: l'observance, les fuites et l'index d’apnée-hypopnée résiduel (IAH débit) machine. Pour chacun, le groupe de travail a proposé une fréquence de suivi, un niveau d'alerte et des mesures correctives dont la mise en oeuvre doit être coordonnée entre le médecin prescripteur et le prestataire de soins à domicile (Psad).
Concernant l'observance thérapeutique, le groupe de travail préconise que le patient utilise sa PPC "aussi souvent qu'il dort et aussi longtemps qu'il dort" et "au minimum 4 heures par nuit" par période de 7 jours consécutifs. Il propose aussi lors d'une installation, de vérifier l'observance dans les 72 heures. En cas d'observance inférieure à 4 heures par nuit, le prestataire contactera systématiquement le patient par téléphone et se déplacera au domicile si nécessaire (ou en fonction des consignes du/de la médecin prescripteur).
Pour les fuites, les experts rappellent qu'un niveau de fuites excessif est associé à "plus d'effets secondaires ORL (obstruction nasale, rhinorrhée, bouche sèche, céphalées...), à une fragmentation du sommeil et à une possible moindre observance à court terme".
Ils proposent comme seuil d'alerte une fuite supérieure ou égale au seuil donné par le fabricant sur une moyenne de 7 jours en fenêtre glissante puis de déterminer s'il s'agit de fuites intentionnelles ou non, continues ou intermittentes car leurs modalités de prise en charge sont spécifiques.
Pour l'IAH résiduel sous PPC, le groupe de travail rappelle qu'il est calculé par un logiciel de l'appareil de PPC mais chaque constructeur possède sa propre méthode de détection, ce qui complique la comparaison entre machines. Il propose un "compromis" entre les données de la littérature et la nécessité d'un nombre d'alertes acceptables à gérer sur le terrain, soit un seuil d'alerte d'IAH résiduel d'au moins 10 événements par heure en moyenne sur une fenêtre glissante de 7 jours.
En cas d'alerte, il conviendra de vérifier l'absence de fuites importantes et de préciser le caractère central ou obstructif des événements à partir des données machines, de l'analyse des courbes de débits machine et si besoin d'un enregistrement polygraphique ou polysomnographique sous PPC.
Le télésuivi doit être rapproché en cas de changement d'interface (masque nasal pour nasobuccal), d'introduction d'un mode confort, de modification ou d'introduction d'un traitement médicamenteux susceptible de générer des événements sous PPC.
(Revue des maladies respiratoires, édition en ligne du 10 mai)
ld/nc/APMnews

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