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Réponse immunitaire chez 99% des personnes après infection par le Sars-CoV-2

WASHINGTON, 13 mai 2020 (APMnews) - La quasi-totalité des personnes infectées par le Sars-CoV-2 ont développé des anticorps les semaines suivantes, selon une étude américaine publiée sur la plateforme de preprint Medrxiv.
Cet article n'a pas fait l'objet d'une validation par les pairs.
Le pourcentage de personnes qui développent une réponse immunitaire après infection par le Sars-CoV-2 reste une question ouverte. De plus, il a été montré que du génome viral peut être retrouvé très longtemps après la résolution des symptômes.
Ania Wajnberg de la faculté de médecine Mount Sinai à New-York et ses collègues ont étudié ces deux questions au sein d'une large cohorte new-yorkaise de personnes convalescentes d'une infection suspectée ou confirmée à Sars-CoV-2.
L'équipe rapporte les résultats sérologiques obtenus chez 1.343 personnes atteintes de symptômes légers à modérés pour la plupart (3% ont été hospitalisés), au cours d'une enquête de 3 semaines conduite entre le 26 mars et le 10 avril, avec un test Elisa maison, approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) américaine (mesure des IgG).
Au sein de cette cohorte, 47% des personnes ont eu une infection confirmée par RT-PCR. Chez ces patients le taux de séroconversion s'élevait à 99%. Parmi les cas suspects non confirmés, ce taux était de 37,4%. Cela suggère qu'en majorité, ces derniers n'étaient pas atteints du Covid-19, estiment les auteurs.
Les IgG étaient décelables sur une période allant du 7e au 50e jour après le début des symptômes. En médiane, les plus fortes concentrations étaient mesurées 24 jours après le début des symptômes et deux semaines après la guérison.
Les auteurs rappellent que l'immunité conférée par les IgG n'est pas connue et qu'on ne sait pas quelle est la durée de cette réponse immunitaire. Ils estiment néanmoins, que ces IgG pourraient apporter une forme d'immunité contre l'infection étant donné ce qu'on sait de l'immunité conférée par d'autres pathogènes connus, notamment des coronavirus.
Parmi les personnes dont l'infection avait été confirmée par PCR, l'ARN viral était détectable dans les prélèvements nasopharyngés pendant une médiane de 20 jours après le début des symptômes et 12 jours après leur résolution.
Ces résultats posent la question de la durée potentielle de la contagiosité, mais ils pourraient n'être que le reflet de fragments de génomes viraux non infectieux. Des études devraient être menées pour examiner la relation entre positivité des prélèvements nasopharyngés et risque de transmission virale, estime l'équipe.
Les auteurs notent que l'important taux de séroconversion mis en évidence dans leur étude contraste avec de précédents travaux.
Une étude chinoise avait constaté que 30% des convalescents présentaient de très faibles concentrations d'anticorps neutralisants et que, chez une petite proportion des patients, ils étaient indétectables, rappelle-t-on (cf dépêche du 14/04/2020 à 17:24).
vib/ab/APMnews

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