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Les Français ont moins bu d'alcool mais plus fumé au début du confinement

SAINT-MAURICE (Val-de-Marne), 13 mai 2020 (APMnews) - Près d'un quart des Français déclarent avoir réduit leur consommation d'alcool pendant les deux premières semaines du confinement lié à l'épidémie de Covid-19, tandis que plus d'un quart ont fumé davantage de tabac, selon les résultats d'une enquête dévoilés mercredi par Santé publique France.
L'agence sanitaire indique, dans un communiqué, avoir lancé l'étude Coviprev en plusieurs vagues depuis le début du confinement pour connaître les comportements de la population au cours de cette "expérience inédite" et leur évolution, avec des volets sur la santé mentale (cf dépêche du 24/04/2020 à 13:57), les addictions, l'adoption des mesures de protection, l'alimentation et l'activité sportive.
Il s'agit d'une enquête réalisée en ligne auprès d'un échantillon de 2.000 adultes vivant en France métropolitaine.
Selon les résultats de la deuxième vague, menée entre le 30 mars et le 1er avril auprès de 1.344 personnes ayant rapporté consommer de l'alcool, 11% déclarent une augmentation de leur consommation depuis le début du confinement, le 17 mars, mais pour un quart (24%) elle est en baisse. Les deux tiers (65%) estiment qu'elle est stable.
Parmi les personnes qui déclarent une consommation d'alcool plus importante, la moitié (51%) ont augmenté la fréquence, 10% le nombre de verres bus les jours de consommation et 23% les deux (avec des réponses incohérentes pour 15% des répondants, note Santé publique France).
Les personnes déclarent avoir bu davantage lors de cette première quinzaine du confinement par plaisir (45%), par ennui et/ou manque d'activité (32%) ou à cause du stress (15%).
Une plus grande consommation d'alcool est plus fréquente chez les moins de 50 ans (entre 14% et 17% selon les classes d'âge), les personnes vivant dans une ville de plus de 100.000 habitants (13%), les parents d’enfants de moins de 16 ans (18%).
Globalement, la consommation d'alcool augmente avec le risque d'anxiété et de dépression.
Concernant le tabac, parmi les 422 fumeurs interrogés, plus d'un quart (27%) déclarent que leur consommation a augmenté depuis le début du confinement, mais 19% qu'elle a diminué; pour la majorité (55%), elle est restée stable.
Les personnes déclarant fumer davantage étaient quasiment tous déjà fumeurs avant le confinement (94%). Celles qui fument encore davantage sont les 25-34 ans (41%), les actifs travaillant à domicile (37%) et les femmes (31%). La hausse moyenne du nombre de cigarettes fumées par les fumeurs quotidiens est de 5 cigarettes par jour.
Les raisons de ce tabagisme accru étaient l'ennui et/ou le manque d'activité (74%), le stress (48%) et le plaisir (10%).
La consommation de tabac augmente aussi avec le niveau d’anxiété et elle est plus fréquente en cas de dépression probable ou certaine.

Un moindre recours aux dispositifs d'écoute au début du confinement

Santé publique France observe par ailleurs une baisse du recours aux dispositifs d'information et de soutien à distance au début du confinement, l'attribuant à un possible "effet de sidération liée à la crise".
Pour Tabac Info Service, les appels reçus au 3989 ont baissé de 19% entre mars 2019 et 2020 et de 15% entre avril 2019 et 2020, alors qu'ils avaient progressé de 14% en février. Au total, le nombre d'appels reçus en avril s'élève à 2.812.
Par contre, pour Alcool Info Service, après une baisse de 12% des sollicitations entrantes (appels, chats et questions-réponses) entre février et mars, les sollicitations ont augmenté de 27% en avril pour retrouver un niveau habituel, avec un total de près de 3.872 sollicitations.
D'autres enquêtes sont en cours sur l'impact du confinement sur les addictions de manière plus générale ou sur des consommations particulières, menées notamment par la Fédération française d'addictologie, des établissements de santé ou l'Inserm, note-t-on. Dans un premier bulletin paru mi-avril, l'Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) rapportait également l'impact de l'épidémie de Covid-19 et du confinement sur les usagers de drogues (cf dépêche du 16/04/2020 à 15:46).
La Fédération Addiction a réagi, mercredi dans un communiqué, à ces premiers résultats du volet addictions de l'enquête Coviprev, estimant qu'avec "la crise du Covid", "les personnes les plus vulnérables et fragiles ont pu amplifier leur consommation problématique de 'briseurs de soucis' (tabac, alcool, drogue, jeu)" et celles qui avaient "une consommation non addictive ou festive ont pu en réduire le niveau, faute d'occasions ou par choix de priorités existentielles".
Ce contexte particulier a aidé à "évaluer et caractériser notre relation aux produits psycho-actifs" et certains ont découvert qu'ils avaient "peut-être un peu déjà perdu le contrôle de leurs consommations".
Pour la Fédération Addiction, le soutien à distance apporté par les numéros verts, les nombreuses alertes médiatiques, la mobilisation des groupes d'auto-support, la relance de l'opération Dry January ont pu aider les personnes concernées à reprendre le contrôle de leurs usages et si besoin à établir un accès aux différents propositions de soins et d'accompagnement.
ld/nc/APMnews

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