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Covid-19: le port du masque en hausse au cours du confinement, à l'inverse des autres mesures barrières (Santé publique France)

PARIS, 15 mai 2020 (APMnews) - Alors que l'adoption systématique des mesures d'hygiène et de distanciation physique a progressivement diminué -bien que restant élevée- au cours de la période de confinement instaurée en France en réponse à l'épidémie de Covid-19, la progression du niveau d’adoption du port du masque en public a en revanche été "très importante", rapporte Santé publique France dans son bulletin hebdomadaire diffusé jeudi.
Ces résultats sont issus de l'enquête Santé publique France CoviPrev, qui a été effectuée à six reprises au cours de la période de confinement: 23-25 mars (phase 1), 30 mars-1er avril (phase 2), 14-16 avril (phase 3), 20-22 avril (phase 4), 28-30 avril (phase 5) et 4-6 mai (phase 6).
L'enquête a été menée auprès d'échantillons indépendants d'au moins 2.000 personnes âgées de 18 ans et plus et résidant en France métropolitaine. Les questionnaires auto-administrés ont été complétés en ligne. Les données ont été redressées sur le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle, la catégorie d’agglomération et la région d’habitation.
Les résultats révèlent que l'adoption systématique de l'ensemble des mesures d'hygiène est passée de 50% à fin mars à 44% début mai, tandis que celle de l'ensemble des mesures de distanciation physique est passée de 70% à 57% sur cette même période. Santé publique France considère néanmoins qu'en dépit de la baisse constatée, le niveau d'adoption reste "à un niveau élevé".
En particulier, la part de répondants disant "se laver très régulièrement les mains ou utiliser du gel hydro-alcoolique" est passée de 76% à 72%. Ils étaient, fin mars, 71% à tousser ou éternuer dans leur coude ou dans un mouchoir et 70% à utiliser un mouchoir à usage unique puis le jeter, contre 65% début mai.
Seul le fait de se saluer sans se serrer la main et d'arrêter les embrassades est resté stable, respecté tout au long du confinement par 90-92% des répondants.
Fin mars, 81% ont rapporté rester confinés à la maison, contre 75% début mai. La part de répondants limitant toute forme d'interaction est passée de 90% à 82%. Le fait de garder une distance d'au moins un mètre était respecté par 85% des répondants au début du confinement mais ne l'était plus que par 76% début mai.
Toutefois, Santé publique France note que "la progression du niveau d’adoption du port du masque en public est très importante" et que "cette action s’est ainsi ajoutée aux autres mesures". La part de répondants rapportant porter un masque en public était de 39% début mai, contre 15% fin mars.
L'agence estime qu'il faudra "veiller à ce que le port du masque ne soit pas perçu comme une mesure de substitution aux autres mesures de protection".
Plusieurs facteurs ont été identifiés comme étant associés à une moindre adoption des mesures de protection: le fait d'être un homme, d'avoir un faible niveau de littératie en santé (définie par la motivation et les compétences des individus à accéder, comprendre, évaluer et utiliser l'information pour prendre des décisions concernant leur santé), d'avoir vécu de graves disputes ou un climat de violence au sein du foyer, d'être peu inquiet face au virus, d'avoir une mauvaise connaissance de ses modes de transmission, ou encore de percevoir les mesures comme étant contraignantes.

Les problèmes de sommeil restent à un niveau élevé

L'enquête a également permis d'évaluer l'évolution de la santé mentale des Français au cours du confinement. D'abord anormalement élevé (27% des répondants), le niveau d'anxiété a progressivement diminué jusqu'à début mai, concernant alors 18% des répondants (cf dépêche du 24/04/2020 à 13:57 et dépêche du 10/04/2020 à 19:12).
"En réduisant, voire en supprimant pour une partie de la population le risque d’exposition au Covid-19, le confinement a pu entraîner une baisse significative du niveau d’anxiété", écrit Santé publique France. "Cette hypothèse doit nous interroger sur une possible évolution à la hausse des états anxieux à la levée du confinement."
Les états dépressifs ont connu une augmentation significative à la mi-avril, puis ont retrouvé dès la fin avril les niveaux de fin mars (environ 19%).
Les problèmes de sommeil ont quant à eux augmenté au cours du confinement, passant de 61% fin mars à 66-67% depuis le 20 avril. A titre de comparaison, Santé publique France rapporte que cette part était de 49% en 2017, soit hors période épidémique.
Par ailleurs, l'étude qualitative ViQuoP, menée par Kantar pour Santé publique France, donne des informations sur la santé perçue lors de la 8e semaine de confinement. Elle a été réalisée auprès de "60 foyers choisis pour leurs diversités sociodémographiques".
Elle permet d'identifier 3 groupes de participants: ceux qui vont très bien (essentiellement des retraités de province ayant un jardin), ceux qui vont bien (plutôt des hommes de 19-50 ans) et ceux qui déclarent aller plutôt mal (surtout des femmes et des Franciliens) et dont la part augmente.
"L'idée qui émerge en fin de confinement parmi les participants est le sentiment que le plus dur est passé", souligne Santé publique France. L’inquiétude au sujet de l’avenir économique de la France influence la santé perçue de certains des participants.
sb/ab/APMnews

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