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Onze organisations syndicales et professionnelles appellent à une journée de mobilisation pour l'hôpital public le 16 juin

PARIS, 18 mai 2020 (APMnews) - Onze organisations syndicales et professionnelles ont appelé lundi lors d'une conférence de presse à une nouvelle journée de mobilisation nationale pour défendre l'hôpital public le mardi 16 juin face aux annonces du gouvernement jugées insuffisantes.
"Nous avons le sentiment que le gouvernement, malgré la crise, n'a pas tiré les leçons de ce qu'il faut pour l'hôpital public et les établissements", a protesté Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT santé et action sociale, lors de cette conférence de presse qui réunissait des représentants de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf), Action praticiens hôpital (APH), la CFE-CGC, la CGT, l’Unsa, SUD santé sociaux, les collectifs Inter-Blocs, Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences, le Printemps de la psychiatrie et la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité.
"Les annonces ne répondent pas au socle revendicatif", a-t-elle ajouté en faisant référence à l'annonce vendredi d'un nouveau plan pour l'hôpital par le président de la République, Emmanuel Macron (cf dépêche du 15/05/2020 à 15:35), et à celle d'un "Ségur de la santé" dimanche dans le Journal du dimanche (JDD) par le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran (cf dépêche du 17/05/2020 à 12:46).
La secrétaire générale de la CGT santé a donc indiqué que les organisations participantes comptaient se mobiliser dans "les prochaines semaines" au travers "[d']initiatives visibles hebdomadaires" chaque mardi et d'une journée de mobilisation nationale le 16 juin.
Mireille Stivala a notamment regretté que le ministre n'ait pas évoqué la revalorisation "de l'ensemble des salariés, ni d'embauches pour l'hôpital public ou la fin aux restructurations en cours".
"À l'hôpital il n’y a pas que des métiers du 'care', il y a des administratifs, des agents de service hospitalier [ASH], des personnes qui travaillent dans les cuisines", a fait remarquer Julie Ferrua, secrétaire fédérale de SUD santé sociaux en charge du secteur public hospitalier.
"Si on ne s'occupe que des infirmières et des aides-soignants, on oublie tout un pan de l’hôpital et nos collègues qui travaillent dans le social et le médico-social", a-t-elle appuyé.

Aucun contact de la part d'Olivier Véran

Alors que le ministre avait annoncé dans les colonnes du JDD avoir engagé des "discussions téléphoniques informelles en bilatéral, avec les syndicats" dès ce week-end, les 11 syndicats et organisations ont affirmé ne pas avoir été contactés.
"Ce que nous avons appris, c'est par la presse et on n'a pas d'autre source d’information", s'est désolé Jacques Trévidic, président d'APH.
"On est un peu dépité de voir ce gouvernement communiquer par média interposé sans laisser le temps à la concertation", a également désapprouvé Léonard Conti, secrétaire général de l'Intersyndicale nationale des internes (Isni).
"Il ne faut pas aller vite parce que l'on vient de sortir de la crise et qu'il faut très vite trouver des solutions à des problèmes qui sont anciens, profonds, et qui demandent des réponses extrêmement complexes", a-t-il prévenu.
Le représentant du syndicat d'internes a également fait part de ses interrogations sur l'ambition affichée par Olivier Véran "[d']atteindre un niveau de rémunération correspondant à la moyenne européenne" pour les paramédicaux. "Un alignement sur la moyenne ne veut strictement rien dire, de quoi parle-t-on ? Des salaires moyens de chaque pays européen, de salaires bruts moyennés sur l'ensemble de l’Union européenne ?"
Léonard Conti a également appelé à faire un bilan de l'action des agences régionales de santé (ARS), qui ont "été complètement absentes et dépassées par la crise [du Covid-19]", selon lui.

De nombreuses protestations sur la réorganisation du temps de travail

"La question des 35 heures va poser énormément problème, si l'idée c’est de faire travailler plus les gens parce qu’on manque de personnels à l’hôpital", a ajouté le secrétaire général de l'Isni au sujet de la volonté affichée par Olivier Véran de "revoir le cadre d'organisation du temps de travail à l'hôpital".
"Il y a déjà énormément d'heures supplémentaires qui sont toujours dues à un certain nombre de personnels", a souligné le Dr Emmanuelle Seris, chef de service d’urgence de Sarreguemines (Moselle) et déléguée Amuf du Grand Est.
"Une des revendications initiales était l'arrêt des plans de restructuration, mais les gens en poste continuent à appliquer les plans", a protesté de son côté Christophe Prud'homme, urgentiste à l'hôpital Avicenne (AP-HP, Bobigny), porte-parole de l'Amuf et délégué de la CGT.
"Le premier ministre a parlé de suspension et pas d’annulation des plans", a-t-il tempêté en dénonçant un manque de 700 lits de rééducation au niveau de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), faute de personnel, au moment où les besoins sont élevés en raison de la crise sanitaire du Covid-19.
"On sent qu'il y a peut-être un début de mouvement et de mea culpa", a tempéré le Dr Olivier Milleron, cardiologue à l'hôpital Bichat (AP-HP) et représentant du collectif Inter-Hôpitaux.
"On a besoin de mesures d’urgence et de mesures à plus ou moins moyen terme", a-t-il expliqué en exhortant le gouvernement à "mettre en route tout de suite des mesures qui vont permettre de rétablir la confiance".
"Il faut un geste rapide sur les salaires, payer les heures supplémentaires et des embauches rapides", a ajouté le représentant du CIH.
gl/ab/APMnews

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