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Covid-19: les spécialistes du champ de la rhumatologie misent sur le vaccin

ZURICH, 3 juin 2020 (APMnews) - Le vaccin apparaît comme le traitement le plus prometteur du Covid-19 dans un avenir proche, ont estimé des spécialistes réunis lors d'une conférence de presse dans le cadre du congrès virtuel de l'European League Against Rheumatism (EULAR) mercredi.
La conférence de presse inaugurale du congrès a été l'occasion de présenter les premières données du registre mondial sur le Covid-19 soutenu par l'EULAR. Ces premiers résultats confirment qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir quant à la poursuite des traitements des maladies rhumatologiques dans le contexte du Covid-19 (cf dépêche du 03/06/2020 à 16:39).
Les 3 experts présents à la conférence de presse, le Pr Ian McInnes, président de l'EULAR et directeur de l'Institute of Infection, Immunity and Inflammation à l'université de Glasgow, le Dr Pedro Machado, président du registre Covid-19 et du comité permanent de l'EULAR "Epidemiology and Health Services Research" à l'University College London, à Londres, et le Pr John Isaacs, président du comité scientifique de l'EULAR, à l'université de Newcastle (Royaume-Uni), ont été invités à indiquer quel était pour eux le médicament le plus prometteur contre le Covid-19 dans un avenir proche.
"Je pense que le médicament le mieux placé, c'est le vaccin", a répondu Ian MacInnes.
"Nous devons aller vers la prévention plutôt que vers le traitement de la phase aiguë. Il y a de nombreuses immunothérapies ciblées données aujourd'hui à de nombreux patients Covid-19. La vérité est qu'on ne voit pas vraiment laquelle va sortir du lot. Je plaide pour que nous nous assurions que des essais bien conçus soient menés aussi souvent que possible, afin que nous puissions réellement savoir ce qui marche, ce qui ne marche pas, et avancer à partir de ça. Le médicament qui doit marcher, pour moi, c'est le vaccin", a-t-il déclaré.
Pedro Machado place aussi le vaccin en 1ère position. "En 2e position, je pense que ça doit être un médicament antiviral, car [...] ceux qui ont un état hyperinflammatoire sont une minorité. Nous devons penser aux 80% qui ont une maladie très légère, et même asymptomatique. Donc je pense que ces médicaments (anti-cytokines, etc.) peuvent avoir un rôle, mais chez une minorité de patients, donc à la 2e place ce serait un antiviral", a-t-il évoqué.
Pour John Isaacs, "les inhibiteurs de l'Il-6 pourraient avoir de bons résultats, d'après de petites séries, comme le tocilizumab, le sarilumab".

Hydroxychloroquine: la reprise des essais randomisés est nécessaire

L'avis de ces spécialistes sur l'efficacité de l'hydroxychloroquine dans le Covid-19 a également été sollicité.
"On ne connaît pas la réponse, parce qu'il n'y a pas eu d'étude capable de le montrer. Point final", a d'abord répondu Pedro Machado.
"Cela dit, il y a eu des études observationnelles, ou des données in vitro, qui ont suggéré que ce médicament pourrait être bénéfique, et plus récemment il y a eu une étude suggérant que ça pourrait être délétère. Cette étude du Lancet (cf dépêche du 22/05/2020 à 17:28) a montré une augmentation de la mortalité et des arythmies chez les patients prenant des antipaludiques pour le Covid", a-t-il poursuivi.
Il a rappelé que cette étude avait entraîné l'arrêt des recrutements dans le bras hydroxychloroquine dans certains essais cliniques, notamment celui de l'Organisation mondiale de la santé (OMS, SOLIDARITY), et l'essai britannique RECOVERY "qui a recruté plus de 10.000 patients".
Il a fait savoir cependant que, pour RECOVERY, "le Data and Safety Monitoring Committee a maintenant analysé ces données et n'a trouvé aucune raison d'inquiétude [...] et ils continuent maintenant à recruter des patients dans ce bras, à juste titre, parce que nous avons besoin de ces données d'essais cliniques pour pouvoir répondre à ces patients".
L'OMS a également annoncé mercredi sur Twitter que "sur la base des données de mortalité disponibles, les membres du comité [de surveillance] ont recommandé qu'il n'y avait aucune raison de modifier le protocole de l'essai".
En France, le bras hydroxychloroquine dans l'essai français DISCOVERY a également été suspendu (cf dépêche du 27/05/2020 à 11:48).
Le Dr Machado a également souligné que l'essai du Lancet avait déclenché aussi des inquiétudes quant à la validité des données utilisées et sur la question de savoir si toutes les procédures éthiques adéquates ont été suivies lors de la collecte des données.
Pour l'instant, "nous ne savons pas, il n'y a pas de preuve forte que ce soit bénéfique ou délétère, et nous devons attendre les résultats d'essais randomisés contrôlés bien conçus", a-t-il insisté.
cd/ab/APMnews

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