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Spondylarthrite: les uvéites plus fréquentes sous sécukinumab et étanercept qu'adalimumab et infliximab

ZURICH, 5 juin 2020 (APMnews) - Le sécukinumab (Cosentyx*, Novartis) et l'étanercept sont associés à une incidence plus élevée d'uvéite antérieure que l'adalimumab et l'infliximab, selon une étude en vie réelle présentée mercredi au congrès virtuel de l'European League Against Rheumatism (EULAR).
Les essais contrôlés randomisés montrent une efficacité similaire du sécukinumab par rapport aux anti-TNF sur l'inflammation axiale dans la spondylarthrite, et une meilleure efficacité dans le psoriasis cutané, mais moins bonne dans les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (Mici), rappellent Ulf Lindström de l'université de Göteborg (Suède) et ses collègues, dans le résumé de leur communication.
L'efficacité comparative du sécukinumab sur l'uvéite antérieure, manifestation extra-articulaire la plus fréquente chez les patients atteints de spondylarthrite, n'a pas été très étudiée, ajoutent-ils.
Ils ont identifié dans un registre suédois les patients ayant une spondylarthrite ankylosante ou indifférenciée ayant initié entre 2015 et 2017 un traitement par l'anti-Il-17 sécukinumab ou par les anti-TNF adalimumab, infliximab ou étanercept. Ces données ont été croisées avec celles du registre national des patients pour l'identification des cas d'uvéite antérieure.
L'analyse a porté sur 2.684 patients, avec 3.255 initiations de traitement.
L'incidence des crises d'uvéite antérieure au cours du traitement de fond biologique (bDMARD en anglais) était de 21,6 patients-années sous sécukinumab, 18,0 sous adalimumab, 10,0 sous infliximab et 7,9 sous étanercept.
Les auteurs notent que le sécukinumab était moins souvent utilisé comme bDMARD de 1ère ligne, et que les patients qui avaient un antécédent d'uvéite antérieure, avant l'initiation d'un bDMARD, étaient plus souvent traités par adalimumab et moins souvent par étanercept. Les uvéites antérieures sous traitement survenaient en outre quasiment exclusivement chez les patients ayant un antécédent d'uvéite avant le traitement.
En prenant l'adalimumab comme traitement de référence, le risque relatif de 1er diagnostic d'uvéite antérieure était doublé avec le sécukinumab, tandis qu'il n'était pas significativement différent avec les 2 autres anti-TNF.
Afin de s'affranchir de l'effet de canalisation des patients à risque d'uvéite dans le bras adalimumab, les chercheurs ont mené 2 autres analyses en excluant certaines catégories de patient.
En excluant les patients qui avaient eu une uvéite antérieure dans l'année précédant le début du traitement, le risque relatif d'uvéite antérieure était triplé sous sécukinumab par rapport à l'adalimumab, et significativement augmenté de 80% sous étanercept.
En excluant les patients qui avaient eu une uvéite antérieure avant le début du traitement et le bDMARD de 1ère ligne, le risque relatif d'uvéite antérieure était multiplié par 2,5 avec le sécukinumab par rapport à l'adalimumab.
"En pratique clinique, le sécukinumab et l'étanercept sont associés à une incidence plus élevée d'uvéite antérieure que l'adalimumab et l'infliximab, suggérant un moins bon effet protecteur du sécukinumab et de l'étanercept contre les uvéites antérieures", concluent les auteurs.
cd/ab/APMnews

[CD9QBGCEI]

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