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Staphylococcus aureus, première cause de décès d’infections nosocomiales

SAINT-MAURICE (Val-de-Marne), 9 juin 2020 (APMnews) - L’infection par Staphylococcus aureus concerne 16% des signalements externes pour infection nosocomiale associés à un décès et constitue la cause la plus fréquente de décès pour infection nosocomiale, selon une étude publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).
Selon la dernière enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales, un patient hospitalisé sur 20 est atteint d’une infection nosocomiale. Ces infections constituent la 4e cause de décès à l’hôpital.
En France, un dispositif d’alerte mis en place depuis 2001 et piloté par Santé publique France permet le signalement externe des infections nosocomiales.
Sur la base des informations récoltées par ce biais entre 2008 et 2017, Nicolas Deniau de Santé publique France et ses collègues ont souhaité "décrire spécifiquement les signalements d’infections nosocomiales motivés par le décès, en s’intéressant plus particulièrement aux bactériémies à Staphylococcus aureus, pointant des risques associés aux soins spécifiques de la prise en charge du patient."
Sur les 16.349 signalements externes d’infections nosocomiales reçus durant cette période, 6% (986) rapportent un décès associé.
Les auteurs observent en préambule une discontinuité dans le taux de signalements associés à un décès: entre 2008 et 2012, 11% des signalements (103 par an en moyenne) étaient concernés, contre 4% (80 en moyenne) sur la période suivante jusqu’à 2017, soit une baisse de 30%.
Ils estiment que cette diminution de la proportion de décès pourrait être due à l’augmentation progressive du nombre global de signalements d'infections nosocomiales, résultant de la dématérialisation du dispositif et de l’émergence des bactéries hautement résistantes qui doivent désormais être déclarées dès la colonisation. D’autre part, la baisse du nombre moyen de signalement avec décès par an pourrait être liée à une meilleure caractérisation des décès liés aux infections nosocomiales.
Les signalements d’infections nosocomiales associées à un décès "proviennent essentiellement de services de réanimation (37%), de médecine (28%), de chirurgie (23%) et de néonatologie (10%)", notent les auteurs. En chirurgie, les services de chirurgie orthopédique, cardiovasculaire ou digestive cumulent 49% des signalements, alors que la néonatalogie concentre 61% des signalements en pédiatrie.
Les principales infections sont des bactériémies (36%), des infections pulmonaires (23%), des infections digestives (15%) ou des infections de site opératoire (ISO) (10%). Staphylococcus aureus, Clostridium difficile et Pseudomonas aeruginosa sont les germes les plus fréquemment rapportés, avec 32%, 13% et 11% des cas respectivement.
Une antibiorésistance est souvent associée: par exemple, 38% des signalements à S. aureus concernent une souche résistante à la méticilline (SARM) et 18% des signalements impliquant P. aeruginosa présentent une résistance.
La majorité des cas (85%) sont isolés, les regroupements concernant en premier plan les cas de grippes chez les personnes âgées, puis les infections nosocomiales à S. aureus en néonatologie.

L’infection sur cathéter: porte d’entrée du Staphylococcus aureus

Au total, 16% des signalements de décès concernaient 159 bactériémies à Staphylococcus aureus associées à un décès recensées entre 2008 et 2017, 56% de celles-ci étaient résistantes à la méticilline et 91% étaient des cas isolés.
Elles provenaient principalement des services de médecine (39%), de réanimation (36%) et de chirurgie (21%).
En outre, plusieurs éléments de contexte étaient fréquemment rapportés dans les cas d’infection à S. aureus: notamment la présence de cathéter dans 31% des cas, d’une endocardite pour 8% des patients ou de valves cardiaques prothétiques pour 6% d’entre eux.
Les auteurs soulignent que les populations fragiles, et en particulier les nouveau-nés, sont particulièrement touchées par ces bactériémies et que l’infection sur cathéter apparaît comme la principale porte d’entrée.
Les efforts de prévention, en particulier en ce qui concerne les infections sur cathéter chez les populations fragiles, doivent être poursuivis, concluent-ils.
(BEH, 9 juin, n°15, p305-313)
vcd/fb/APMnews

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