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La part de formes symptomatiques de Covid-19 varie fortement avec l'âge (modélisation)

LONDRES, 16 juin 2020 (APMnews) - La part de formes symptomatiques de Covid-19 semble varier fortement avec l'âge, concernant 69% des plus de 70 ans contre seulement 21% des 10-19 ans, selon une modélisation mathématique publiée mardi dans Nature Medicine.
Comme pour l'épidémie de Sras survenue en 2003, le nombre de cas de Covid-19 et le risque de formes graves augmentent en fonction de l'âge, pointent Nicholas Davies de la London School of Hygiene & Tropical Medicine à Londres et ses collègues.
Cet effet de l'âge pourrait être expliqué par le fait que les enfants seraient moins sensibles à l'infection que les adultes et/ou qu'ils auraient moins tendance à présenter des symptômes cliniques, poursuivent-ils, soulignant que le fait de mieux comprendre le rôle de l'âge dans la transmission et la sévérité de la maladie est crucial pour mieux évaluer l'impact potentiel des interventions de distanciation sociale, notamment à l'école.
Ils ont appliqué des modèles mathématiques aux données issues de plusieurs pays (Chine, Italie, Japon, Singapour, Canada et Corée du Sud) afin d'estimer, en fonction de l'âge, la sensibilité au Sars-CoV-2 ainsi que la part de personnes infectées développant des symptômes. Ils ont pour cela travaillé à partir des données démographiques des cas rapportés et d'études portant sur les infections des contacts proches.
Les chercheurs ont ainsi estimé que les personnes âgées de moins de 20 ans étaient deux fois moins susceptibles d'être infectées que celles de plus de 20 ans.
En outre, alors que 31% des infections chez les plus de 70 ans étaient asymptomatiques ou paucisymptomatiques, cette part était de 79% chez les 10-19 ans.
Les auteurs soulignent que leurs estimations peuvent, comme dans toute étude de modélisation, évoluer en fonction des nouvelles données générées au cours de l'épidémie, mais pointent toutefois qu'elles étaient cohérentes entre les différents pays.
Selon eux, les interventions ciblées sur les enfants, comme la fermeture des écoles, ne présentent qu'un impact relativement limité sur la baisse de la transmission du Sars-CoV-2, notamment si l'on part de l'hypothèse que la transmissibilité des infections sous-symptomatiques est faible.
Ils ont ainsi simulé 3 mois de fermeture des écoles tout en faisant varier les paramètres de contagiosité des formes infracliniques (0%, 50% ou 100% de la contagiosité des cas cliniques), et ont constaté que si cette intervention pouvait, en cas d'épidémie de grippe, réduire l'incidence au moment du pic de 17% à 35% et décaler ce pic de 10 à 89 jours, le bénéfice était plus faible pour le Covid-19, la baisse de l'incidence n'étant que de 10-19% et le décalage, de 1 à 6 jours.
Les chercheurs ont également simulé l'épidémie de Covid-19 dans 146 capitales et constaté que le nombre total de cas cliniques en cas d'épidémie non contrôlée dépendait de l'âge médian des habitants. Il y avait ainsi davantage de cas cliniques dans les villes présentant une population plus âgée. Néanmoins, les auteurs pointent qu'il est probable que les comorbidités (par exemple, l'infection par le VIH) observées dans les pays à faible revenus influencent également la sévérité de la maladie.
Ils concluent que sans mesures de contrôle efficaces, les régions où les populations sont relativement plus âgées pourraient présenter un nombre disproportionné de cas de Covid-19.
(Nature Medicine, publication en ligne du 16 juin)
sb/ab/APMnews

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