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Praticiens hospitaliers: des syndicats revendiquent des salaires mensuels entre 5.000 et 10.000 € net, selon l'ancienneté

PARIS, 22 juin 2020 (APMnews) - Trois organisations de praticiens hospitaliers et hospitalo-universitaires ont fait part de leurs revendications en matière de rémunération pour leurs adhérents, incluant une demande de salaire net mensuel compris entre 5.000 et 10.000 euros, selon l'ancienneté.
Dans leur communiqué commun, Action Praticiens Hôpital (APH), l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH) et Jeunes médecins (JM), qui participent au Ségur de la santé, "exigent des pouvoirs publics des mesures fortes afin de restaurer l’attractivité des carrières médicales, pharmaceutiques et odontologiques à l’hôpital, ainsi que celles des personnels non médicaux".
"Ce n’est pas l’extension de l’intérim ni la multiplication des statuts précaires qui permettront d’assurer à nos concitoyens des soins de qualité mais le renforcement et la fidélisation des équipes soignantes par une revalorisation de l’ensemble des rémunérations", affirment-elles.
Pour les praticiens hospitaliers, elles réclament "un salaire de 5.000 € net en début de carrière à 10.000 € net en fin de carrière hors primes et indemnités, avec reclassement de tous les praticiens en fonction de l’ancienneté pour une revalorisation immédiate de leur traitement".
Selon des projets de décret et d'arrêté, dont APMnews a eu copie la semaine dernière, le ministère a prévu de favoriser la rémunération des jeunes médecins en début de carrière en regroupant les 4 premiers échelons. Pour un PH temps plein, cela donnera un peu plus de 4.400 € brut mensuels en début de carrière et 7.500 € à partir du 10e échelon (au lieu du 13e échelon actuellement).
Elles demandent également:
  • la revalorisation de l’indemnité d’engagement de service public exclusif à 1.000 € net pour tous les statuts quelle que soit l’ancienneté. Actuellement, cette indemnité est à 700 € brut mensuel pour les praticiens hospitaliers ayant bénéficié de cette indemnité pendant au moins 15 ans, et de 490,41 € pour les autres praticiens ne pouvant justifier de 15 années d'indemnité, rappelle-t-on.
  • une augmentation des indemnités de sujétion pour les gardes à 650 € net et 100 € net pour les astreintes
  • une rémunération du temps de travail additionnel effectué au-delà des obligations de service à hauteur de 50% de plus que le travail de jour
  • le décompte de la journée de travail de 24 heures à hauteur de 5 plages et non plus 4
  • la possibilité d’exercer de droit des valences d’enseignement, de recherche, de management à hauteur de 20% du temps de travail, rémunérées à hauteur de 20% du salaire de base
  • une protection sociale complémentaire abondée par l’employeur, adaptée au statut, déductible des impôts sur le revenu.
Pour les carrières hospitalo-universitaires (MCU-PH ou PU-PH), elles revendiquent:
  • que la retraite soit calculée sur l’ensemble des émoluments hospitaliers et universitaires et que la protection sociale soit au même niveau que celle des praticiens hospitaliers, en particulier pour les chefs de clinique
  • qu'une garantie de maintien des revenus soit appliquée en cas de changement de statut (PH vers MCU-PH ou PU-PH)
  • une revalorisation et une fusion des grilles des émoluments hospitaliers des MCU-PH et PU-PH sur la base de la grille actuelle des PU-PH majorée de 30%.
Pour les statuts contractuels, elles réclament "une revalorisation générale de 30% de l’ensemble des grilles salariales".
APH, INPH et JM, qui donneront une conférence de presse jeudi, préviennent qu'elles seront "particulièrement attentives à ce que les négociations débutées mardi 16 juin aboutissent à des propositions de revalorisation de carrière attractives, nécessaires pour que l’hôpital public retrouve les moyens humains indispensables à son fonctionnement optimal".

Avenir Spé regrette l’"hospitalocentrisme" du Ségur

De son côté, dans un autre communiqué lundi matin, Avenir Spé a indiqué qu'il communiquerait ses propositions pour la médecine spécialisée "dans les semaines à venir".
Mais il souligne que s'il soutient les revendications relatives à une hausse du salaire des personnels soignants et "l'embauche" de nouveaux professionnels, il souhaite que ces avancées soient "applicables au secteur privé".
"Les quatre piliers identifiés dans le cadre du Ségur de la santé répondent aux interrogations de tous les soignants qui cherchent encore leur place dans l’organisation des soins", "mais les conditions de la réussite ne sont pas présentes" en raison notamment d'un "timing contraint non propice à l’écoute et à la négociation", d'un "ostracisme à l’égard de certaines formations" et d'un "hospitalocentrisme affiché qui ne peut que conduire à l’échec", estime-t-il.
san/nc/APMnews

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