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Santé mentale: une détresse psychologique déclarée par un tiers de la population pendant le confinement (Irdes)

PARIS, 23 juin 2020 (APMnews) - "La survenue d’une détresse psychologique au cours du confinement est observée chez un tiers de la population", a estimé l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), dans une étude publiée lundi.
"Cette étude a pour objectif de déterminer l’ampleur de la survenue de détresse psychologique dans la population
française au cours des premières phases du confinement, et d’en identifier les facteurs associés afin de repérer des populations vulnérables nécessitant un soutien", est-il expliqué. Selon l'Irdes, ces constats enrichissent ceux d’une première étude menée en France (cf dépêche du 19/06/2020 à 12:24).
Une "première vague d’enquête internet" a été diffusée entre le 3 et le 14 avril, "en mobilisant un échantillon de personnes de 18 ans ou plus, représentatives de la population française vivant en ménage ordinaire en France métropolitaine". Les chercheurs ont sollicité 20.960 personnes, déjà "sélectionnées pour répondre à l’Enquête santé européenne (EHIS)" (cf dépêche du 17/02/2017 à 13:20).
L'Irdes est en effet le partenaire français de l’enquête internationale Coclico, qui sera menée en trois temps, rappelle-t-on (cf dépêche du 14/04/2020 à 18:30).
Avec cette première vague, les chercheurs de l'Irdes observent "la survenue d’une détresse psychologique [...] chez 33% des répondants, dont 12% présentent une détresse d’intensité sévère".
"Il apparaît en particulier une aggravation des problèmes de tension ou stress, de sommeil ou de concentration et du sentiment d'être malheureux ou déprimé", est-il précisé.
Selon les chercheurs de l'Irdes, "plusieurs grands types de facteurs pourraient être associés à une détresse psychologique au cours du confinement, en lien notamment avec des vulnérabilités en termes d’état de santé et de conditions sociales ou économiques préexistantes ou induites par la situation de crise".
"Nos résultats font apparaître certains segments de la population sur lesquels une attention particulière doit être portée, notamment les femmes, les personnes vivant avec une maladie chronique, celles bénéficiant d’un faible soutien social, celles confinées dans des logements sur-occupés et celles dont la situation financière s’est dégradée au cours du confinement", relèvent-ils.
Les chercheurs observent tout d'abord que "les facteurs de vulnérabilité à une infection sévère par le Covid-19, associés au fait d’être âgé ou de sexe masculin, ne sont pas liés à un risque accru de survenue de détresse psychologique au cours du confinement".
Ils formulent deux hypothèses. Selon eux, "d'une part, le confinement pourrait jouer un effet protecteur sur les populations les plus à risque d’infection sévère en limitant leur sentiment d’exposition au virus", et "d'autre part, les conditions et conséquences du confinement pourraient jouer un rôle plus important dans le risque de survenue de détresse psychologique".
"Ainsi, les activités quotidiennes des personnes âgées sont moins impactées que celles de la population active tandis que les nouvelles activités domestiques induites par le confinement (augmentation des tâches ménagères, garde des enfants n’allant plus à l’école) pourraient reposer davantage sur les femmes", suggèrent-ils.
Plusieurs facteurs sont ainsi associés à un risque accru de survenue de détresse psychologique au cours du confinement: "la déclaration d’un problème de santé chronique", un "soutien social" plus faible ou encore "une dégradation de la situation financière du foyer à la suite du confinement".

Alerter sur la consommation des réseaux sociaux en temps de crise

"En dehors de facteurs de vulnérabilité à l’infection par le Covid-19, la crise sanitaire pourrait également aggraver des vulnérabilités préexistantes relatives à l’état de santé mentale", notent les chercheurs.
Ainsi, "une plus forte probabilité de détresse psychologique est observée chez les personnes ayant eu des soins de santé mentale dans les 12 mois précédents et les femmes, particulièrement affectées par les troubles anxieux et dépressifs en dehors de contextes de crise".
"Les individus passant un temps quotidien élevé sur les réseaux sociaux au cours du confinement sont plus à risque de survenue de détresse psychologique", constatent les auteurs de l'étude.
"Après ajustement, les individus consultant ces réseaux plus de trois heures par jour présentent un risque de détresse psychologique nettement augmenté par rapport à ceux qui ne les consultent pas ou moins d’une heure par jour", ajoutent-ils.
"Ces résultats encouragent le développement d’actions ciblées" à destination des populations présentant un risque plus important de détresse psychologique, "que ce soit pour favoriser leur accès aux soins de santé mentale ou pour modérer l’impact social et économique de nouvelles mesures de confinement si elles devaient être reproduites", estiment-ils.
Selon eux, il convient ainsi, de "prendre en compte le caractère protecteur du maintien des activités de loisir habituelles et d’alerter sur la consommation de réseaux sociaux en temps de crise".
af/ab/APMnews

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