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Les anticorps contre le Sars-CoV-2 diminuent rapidement

WASHINGTON, 13 juillet 2020 (APMnews) - Les taux d'anticorps contre le coronavirus Sars-CoV-2 diminuent rapidement dans les semaines qui suivent leur apparition, laissant craindre que l'immunité contre ce virus ne soit pas durable, selon une étude britannique.
Cette étude a été mise en ligne sur le site medRxiv qui rend disponibles des travaux avant leur acceptation par des journaux médicaux. Elle n'a donc pas fait l'objet d'une revue par des pairs.
Une réponse immunitaire avec des anticorps est détectée après l'infection chez la plupart des patients, mais en raison de l'émergence très récente de ce virus on ne dispose pas jusqu'à présent de données sur le maintien de cette immunité au-delà de la période de convalescence. Or, avec les coronavirus humains déjà connus, on sait que l'immunité diminue au cours du temps, à une vitesse qui toutefois est variable selon les virus.
Pour en savoir plus, Jeffrey Seow du King’s College à Londres et ses collègues ont analysé des échantillons sanguins prélevés chez 65 patients jusqu'à 94 jours après le début des symptômes de Covid-19. Ces patients présentaient "une large palette de niveaux de sévérité allant de l'infection asymptomatique à la nécessité d'une oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO)", indiquent les auteurs. Une confirmation a été obtenue sur une deuxième cohorte composée de 31 professionnels de santé.
La très grande majorité des patients, plus de 95%, ont développé des anticorps, dont des anticorps neutralisants, détectables à partir de 8 jours après le début des symptômes.
Chez seulement 2 patients les chercheurs n'ont pas pu détecter d'anticorps mais ces patients n'ont pas pu être suivis durablement et il est possible qu'avec un suivi similaire aux autres on aurait pu en détecter aussi, notent-ils.
Le niveau des anticorps dépendait de la sévérité de la maladie.
Chez tous les patients, après un pic survenant en médiane 23 jours après le début des symptômes, ils ont observé un déclin du taux d'anticorps.
Et chez certains patients dont le taux d'anticorps anti-Sars-CoV-2 au pic n'était pas très élevé, après 60 jours ils pouvaient être retombés à la limite du niveau de détectabilité.
Après 65 jours, seulement 16,7% présentaient encore un taux suffisant d'anticorps neutralisants.
Ces résultats soulèvent de nombreuses questions, tant sur la validité des campagnes de dépistage par test sérologique que sur la protection contre une réinfection et sur la durabilité de l'immunité qui sera induite par les futurs vaccins, commentent les chercheurs britanniques en conclusion.
(Publication en ligne du 11 juillet sur la plateforme de prépublication medRxiv)
fb/nc/APMnews

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