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Covid-19: la hausse de l'incidence en France concerne désormais les plus âgés aussi

PARIS, SAINT-MAURICE (Val-de-Marne), 24 juillet 2020 (APMnews) - La transmission de l'infection au Sars-CoV-2 est en hausse pour la 3e semaine consécutive sur le territoire national et concerne désormais toutes les tranches d'âge, ont rapporté Santé publique France (SPF) et la direction générale de la santé (DGS) dans leurs points épidémiologiques respectifs publiés jeudi soir.
"L'augmentation des cas observée depuis la semaine 27 [du 29 juin au 5 juillet] n’est qu’en partie liée à l’intensification des actions de dépistage", note SPF. La hausse reflète ainsi "une augmentation réelle de l’incidence, en particulier des formes symptomatiques en France métropolitaine", poursuit-elle, appelant à "maintenir la plus grande vigilance".
Dans son communiqué, la DGS souligne que "cette tendance de fond indique que nos habitudes récentes favorisent la circulation du virus depuis déjà plusieurs semaines", rappelant que le nombre de cas observés "est décalé de 2 à 3 semaines par rapport à l’exposition initiale au virus".
Déplorant "un relâchement de l’application des gestes barrières, qui se traduit par une augmentation du nombre de contacts à risque par patient atteint de Covid-19, et une moindre adhésion à la distanciation physique en particulier", la DGS insiste sur l'aspect "crucial" de l'effort individuel et collectif pour "empêcher le virus d’empiéter sur notre liberté et l’épidémie de rebondir".
Elle fait état d'une hausse du nombre de cas, avec plus de 1.000 nouveaux cas entre mercredi et jeudi, et d'un nombre de clusters s'établissant à 570 depuis le 9 mai (dont 361 qui sont clôturés). SPF pointe en outre que "la tendance depuis deux semaines" en matière de clusters est "soutenue", "du même ordre de grandeur qu'à la levée du confinement".

Hausse continue des consultations

Dans son bulletin épidémiologique, l'agence rapporte un taux de consultations pour infection respiratoire aiguë de 36 pour 100.000 habitants au niveau national, soulignant que "ce taux suit une tendance à la hausse pour la 3e semaine consécutive".
Le nombre d'actes médicaux réalisés par SOS Médecins pour suspicion de Covid-19 était aussi en hausse pour la 4e semaine consécutive, s'élevant à 3.163 actes pour la semaine du 13 au 19 juillet (soit 35% de plus que la semaine précédente).
Le nombre de personnes testées par RT-PCR la semaine du 13 juillet (semaine 29) était de 360.956, et les résultats se sont avérés positifs pour 4.397 d'entre elles. Il s'agit d'une hausse de 12,5% du nombre de patients positifs par rapport à la semaine précédente (3.910 testés positifs). Le taux de positivité national hebdomadaire (1,2%) était en "légère augmentation" par rapport à la semaine précédente (1,1%).
En métropole, le nombre de patients positifs pour le Sars-CoV-2 est apparu en hausse pour la 3e semaine consécutive, avec +13% en semaine 27 (2.348 cas), +21% en semaine 28 (2.832 cas) et +27% en semaine 29 (3.589 cas). Le taux de positivité était aussi en hausse (+23%), calculé à 1% la semaine 29 contre 0,8% la semaine précédente.
En outre, la hausse de l'incidence du Covid-19 concerne désormais toutes les tranches d'âge, incluant, pour la première fois depuis le franchissement du pic épidémique, les personnes de 75 ans et plus.
"Cette tendance à l’augmentation du nombre de cas chez les personnes de 75 ans et plus et l’augmentation des signalements dans les établissements médico-sociaux incluant les collectivités de personnes âgées est un signal préoccupant qui doit être suivi avec la plus grande attention" car cette population est la plus touchée par les décès liés au Sars-CoV-2, pointe Santé publique France.
Graphe: Santé publique France
Graphe: Santé publique France
Le taux de dépistage s'est stabilisé, avec 3% de hausse en semaine 29 par rapport à la semaine 28. La semaine précédente, la hausse avait été de 14%. SPF pointe que "l’augmentation des nouveaux cas positifs est ainsi depuis deux semaines supérieure à l’augmentation des nombres de patients testés".
Le taux d'asymptomatiques parmi les cas positifs était de 54% en semaine 29, en baisse continue depuis la semaine 27 (62%). Et parmi les personnes testées, le taux d'asymptomatiques était de 63%, lui aussi en baisse continue (72% en semaine 27).
Une hausse du nombre de patients testés tardivement (entre 5 et 7 jours après les premiers symptômes) est en outre constatée depuis la semaine du 6 juillet. "Ces tendances pourraient s’expliquer soit par un retard pris lors de la mise en place des investigations ou du signalement tardif des symptômes ces dernières semaines, soit par une augmentation des délais d'attente pour la réalisation des prélèvements", écrit Santé publique France.
Le nombre d'hospitalisations (604 en semaine 29 contre 606 en semaine 28) et d'entrées en réanimation (83 en semaine 29 contre 78 en semaine 28) sont stables. La DGS rapporte par ailleurs que le nombre de personnes hospitalisées pour Covid-19 était de 5.957 jeudi, dont 436 en réanimation.
Le nombre de décès de patients Covid-19 s'élève à 30.182 depuis le début de l'épidémie, dont 19.666 survenus au sein des établissements hospitaliers et 10.516 en établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS).
Dans un rapport publié mercredi, SPF rapporte que l'épidémie de Covid-19 aurait engendré entre 25.000 et 30.000 décès supplémentaires entre le 2 mars et le 31 mai, rappelle-t-on (cf dépêche du 22/07/2020 à 01:00).

Un R effectif supérieur à 1 dans cinq régions

Le nombre de reproduction effectif (R effectif), calculé sur la base des données virologiques (SI-DEP) et à partir des données de passages aux urgences (Oscour), était respectivement de 1,29 et 1,26 au niveau national, signe que "l'épidémie est en progression".
En région, les deux R effectifs sont significatifs (et estimés entre 1,15 et 1,5) en Auvergne-Rhône-Alpes, Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Pays de la Loire.
Sept départements présentaient en semaine 29 un taux d'incidence supérieur au niveau d'attention de 10/100.000 habitants: la Mayenne (72,4/100.000), les Vosges (20/100.000), le Finistère (15,6/100.000), le Val-d’Oise (13,3/100.000), le Haut-Rhin (13,1/100.000), Paris (12,5/100.000) et la Seine-Saint-Denis (11,1/100.000).
"La mise en perspective de l’ensemble des indicateurs en y intégrant des éléments de contexte territorial et social est réalisée au niveau départemental", ce qui permet d'obtenir le niveau de vulnérabilité, écrit Santé publique France. Cet indicateur "traduit à la fois la circulation virale et l’impact sur la santé de la population du département" et "est défini en trois niveaux: limité, modéré et élevé".
La Mayenne est ainsi classée au niveau de vulnérabilité élevé au mercredi 22 juillet, tandis que la Gironde, le Finistère et les Vosges sont classés en niveau de vulnérabilité modéré.
Interrogée par APMnews, la DGS n'était pas en mesure, mercredi, de fournir des informations sur les possibles mesures associées à un niveau de vulnérabilité modéré.
A propos de la Mayenne, Santé publique France explique que l'évolution à la hausse du taux d'incidence (72,4/100.000 habitants contre 56/100.000 la semaine précédente) "survient dans le contexte d’une activité de dépistage qui est en nette augmentation", avec 2.226 patients testés pour 100.000 habitants en semaine 29, contre 977/100.000 la semaine précédente.
"Le taux de positivité des patients testés est en diminution depuis la mise en place du dépistage de la population", évalué à 3,3% en semaine 29. Il avait atteint un pic à 9% entre le 24 et le 30 juin, "lorsque les dépistages étaient centrés sur les clusters".
L'agence sanitaire pointe en outre que le recours aux urgences pour suspicion de Covid-19 est en hausse en Mayenne, "mais dont une partie seulement est liée aux actions de dépistage". A mercredi, 6 clusters restaient en cours d’investigation dans ce département, dont 3 en criticité élevée. Deux d'entre eux présentent une diffusion communautaire "avérée".

En Guyane, le pic épidémique paraît franchi

En Nouvelle-Aquitaine, "de plus en plus de cas groupés sont identifiés", explique l'agence régionale de santé (ARS) dans un communiqué diffusé mardi. Selon elle, "ces clusters recensés ces dernières semaines" sont dus à "un défaut de vigilance très souvent constaté".
Au total, 13 cas groupés de Covid-19 (118 personnes testées positives) sont gérés dans la région, dont 5 en Gironde (50 personnes touchées). La région comptait au total 5.586 cas positifs au 17 juillet. Le 18 juillet, le taux de tests positifs atteignait les 0,6% (13 sur 2.162, dont 8 sur 833 en Gironde).
La plateforme de l'ARS a effectué, du 16 mai au 19 juillet, 10.665 appels pour le suivi des personnes malades ou contacts.
Au 20 juillet, 67 personnes étaient hospitalisées (+6 depuis le 17 juillet) et 16 étaient en réanimation ou en soins intensifs (+5 depuis le 17 juillet).
Interrogée par APMnews mercredi, Santé publique France a évoqué plusieurs facteurs pour expliquer le passage de la Gironde en vulnérabilité modérée, dont "une augmentation du nombre de cas détectés positifs", avec un passage de 50 à 150 cas en 3 semaines, même si cela peut être lié à une activité accrue de dépistage", ou encore d'une activité de SOS Médecins pour suspicions de Covid-19 (4,9% de leur activité, contre 1% il y a 3 semaines).
L'agence sanitaire a également mentionné l'apparition de "7 nouveaux clusters alors que nous n’en avions pas depuis des semaines". Depuis une semaine, ont ainsi été constatés une augmentation des passages aux urgences pour suspicion de Covid-19, des nouveaux cas en réanimation, de nouveaux clusters et une croissance de l’incidence.
En Ile-de-France, l'ARS faisait état jeudi soir d'une incidence de 10,5 cas pour 100.000 habitants, contre 7,7 une semaine auparavant (jeudi 16 juillet) et d'un taux de positivité de 1,6% (1,2% il y a une semaine). Il y a eu 263 appels au Samu pour suspicion de Covid-19 jeudi dans 7 départements franciliens sur 8 (contre 226 il y a une semaine, dans 5 départements). L'agence recensait 3.022 patients Covid-19 hospitalisés, dont 218 en réanimation (respectivement 3.390 et 241 jeudi 16 juillet).
Le directeur général de l'ARS Ile-de-France, Aurélien Rousseau, a pointé jeudi les tendances à la hausse d'indicateurs de l'épidémie, soulignant que l'agence travaillait sur une "trentaine de clusters actifs" dans la région (cf dépêche du 23/07/2020 à 19:02).
La Guyane reste classée en niveau de vulnérabilité élevé. Ses indicateurs sont néanmoins en baisse pour la semaine 29, avec un taux d'incidence de 222/100.000 contre 324/100.000 la semaine précédente, et un taux de positivité respectif de 17,5% et 21,3%. L'épidémie se poursuit mais "le pic épidémique paraît désormais franchi", selon SPF. Mayotte reste aussi classée en niveau de vulnérabilité élevé.
sb-ld-jyp-mlb/nc/APMnews

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