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Médicament: les dépenses de la liste en sus sont reparties à la hausse en 2019 dans les hôpitaux et Espic (infographies)

PARIS, 31 juillet 2020 (APMnews) - Les dépenses pour les médicaments inscrits sur la liste en sus sont fortement reparties à la hausse en 2019 dans les hôpitaux et les établissements de santé privés d'intérêt collectif (Espic), après la baisse enregistrée en 2018, selon une analyse des données ScanSanté de l’Agence technique de l'information sur l'hospitalisation (ATIH) réalisée par APMnews.
En 2018, les dépenses engagées dans le secteur ex-DG (dotation globale) avaient reculé de 0,7% à 2,8 milliards d'euros, principalement en raison d'une meilleure pénétration des biosimilaires des immunosuppresseurs et des anticorps monoclonaux indiqués en oncologie (cf dépêche du 26/07/2019 à 18:29).
Sur l’année 2019, les dépenses ont bondi de 14,3% à 3,19 milliards d’euros (+400 millions d’euros). Cette augmentation est en grande partie due à la croissance de la classe ATC (classification anatomique, thérapeutique et chimique) "autres antinéoplasiques", qui regroupe essentiellement les anticorps monoclonaux d’oncologie. Ces produits ont crû de 12,6%, soit +192,4 millions.
La catégorie "autres classes" a elle aussi fortement contribué à la hausse (+195,9 millions d’euros). Quatre produits inscrits sur la liste en sus en 2019 expliquent cette forte croissance: le traitement du myélome multiple Darzalex* (daratumumab, Janssen, groupe Johnson & Johnson), celui de l'amyotrophie spinale Spinraza* (nusinersen, Biogen) et les thérapies par CAR-T Yescarta* (axicabtagène ciloleucel, Gilead) et Kymriah* (tisagenlecleucel, Novartis), autorisées dans le lymphome et la leucémie.
Darzalex* a entraîné un bond de la classe des alcaloïdes végétaux de 349% (+105 millions d’euros), tandis que Spinraza* a généré une dépense de 61,1 millions et les CAR-T de 26,2 millions.
Contrairement à 2018, où la classe des immunosuppresseurs avait reculé grâce aux biosimilaires de l’anti-TNF infliximab (médicament de référence: Remicade*, MSD), celle-ci a de nouveau contribué positivement à la croissance des dépenses (+35,2 millions).
En 2019, la classe "autres antinéoplasiques" représentait 53,7% des dépenses, contre 15,8% pour les immunosupresseurs, 13,6% pour les "autres classes", 7,7% pour les immunoglobulines, 5,1% pour les "autres médicaments des voies digestives" et 4,2% pour les antimétabolites.
Depuis 2015, le poids des "autres antinéoplasiques" a augmenté de 12,7 points, avec une accélération depuis 2017, année de l’inscription sur la liste en sus des anticancéreux anti-PD-1 Opdivo* (nivolumab, Bristol-Myers-Squibb) et Keytruda* (pembrolizumab, MSD). Dans le même temps, les immunosuppresseurs ont vu leur poids reculer de 7,6 points.

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Au sein des "autres antinéoplasiques", ce sont les anti-PD-1 qui ont tiré les dépenses. Les montants engagés pour Keytruda* se sont envolés de 64,2% à 367,1 millions d’euros sous l’effet d’une extension de prise en charge dans le mélanome et le cancer du poumon. Opdivo* a quant à lui progressé de 17% à 359,3 millions.
Avastin* (bévacizumab, Roche) a cédé 0,1% à 175,3 millions d’euros. Les deux premiers biosimilaires de cet anticancéreux ont été inscrits sur la liste en sus en juin 2020, note-t-on.
Confronté à la concurrence biosimilaire depuis l’été 2017, le rituximab (médicament de référence: Rituxan*, Roche) a perdu 22,9% à 141,7 millions d’euros, contre -27,8% à 121,5 millions pour le trastuzumab (médicament de référence : Herceptin*, Roche), pour lequel des biosimilaires sont inscrits sur la liste en sus depuis juillet 2018.
L’infliximab, "biosimilarisé" depuis fin 2014, a reculé de 11,1% à 105 millions.
Le taux de pénétration des biosimilaires du trastuzumab atteignait 85,1% à fin 2019, soit après un an et demi de commercialisation seulement. Pour le rituximab, ce taux est passé de 65,5% en 2018 à 88,3%, et pour l’infliximab de 62,2% à 72,5%.
D’importantes marges de manoeuvre existent encore pour les biosimilaires de deux molécules, les anti-TNF étanercept (médicament de référence: Enbrel*, Pfizer; biosimilaires disponibles depuis 2016) et adalimumab (Humira*, AbbVie; biosimilaires depuis 2019), qui affichaient des taux de pénétration de respectivement 59,6% et 57,1%. Le gouvernement a mis en place à partir de 2018 deux mécanismes destinés à encourager la prescription de ces biosimilaires, rappelle-t-on.
Les données du programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) montrent que plus de 395 centres hospitaliers (CH) ont utilisé des médicaments inscrits sur la liste en sus en 2019 et que 43 d’entre eux génèrent plus de 50% des dépenses.
Sur l’ensemble des établissements, ces dépenses ont augmenté de 17,7% dans les CHU/CHR (hors Assistance publique-hôpitaux de Paris -AP-HP), 13,9% dans les Espic, 13,1% à l’AP-HP, 12,6% dans les centres de lutte contre le cancer (CLCC) et 11,4% dans les CH. Elles sont restées stables dans les hôpitaux d’instruction des armes (HIA).
Comme en 2018, des différences importantes de taux de pénétration des biosimilaires sont constatées en fonction des établissements. Par exemple, pour les anticorps monoclonaux indiqués en oncologie, les hôpitaux d'instruction des armées (HIA) ont enregistré un taux de 94,9%, contre 64,9% pour les Espic (qui étaient à 16,1% l’année précédente).

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Hausse de 13% dans les cliniques

Dans les établissements privés lucratifs (ex-OQN, objectif quantifié national), les dépenses de médicaments de la liste en sus ont augmenté de 13%, après une hausse de 1,2% en 2018. Elles ressortent à 673,9 millions d’euros (+77,4 millions), portées essentiellement par les "autres antinéoplasiques" (+58,8 millions) et les "autres classes" (+11 millions).
Les "autres antinéoplasiques" constituent près de 75% des dépenses.

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Au sein du Top 10 des montants par molécule, Opdivo* a augmenté de 13,8% à 107,7 millions d’euros et Keytruda* de 90,3% à 75,3 millions. Le trastuzumab a perdu 3,7% à 80,1 millions contre une hausse de 0,2% à 71,7 millions pour Avastin*. L’infliximab a reculé de 0,2% à 47,9 millions.
Si 372 cliniques ont eu recours à des produits de la liste en sus en 2019, 42 d’entre elles ont concentré plus de 50% de la dépense. Plus de 86% des montants ont été générés par deux classes de médicaments: les "autres antinéoplasiques" (74,8%) et les immunosuppresseurs (11,3%).
La pénétration des biosimilaires reste moins forte dans les établissements privés lucratifs que dans les hôpitaux publics et les Espic. Le trastuzumab a atteint quasiment le même niveau que le rituximab et l’infliximab (68,9%, 71,9% et 69,7%, respectivement). L’adalimumab est ressorti à 54,1% et l’étanercept à 42,5%.

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gb-nc/eh/APMnews

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