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VIH: le risque de maladies cardiovasculaires incidentes réduit de 21% chez les patients sous anti-intégrases

WASHINGTON, 7 août 2020 (APMnews) - Le risque de maladies cardiovasculaires incidentes était réduit de 21% chez les patients VIH+ prenant un traitement antirétroviral à base d'inhibiteurs d'intégrase, par rapport à ceux ne prenant pas cette classe de molécules, selon une étude de cohorte américaine publiée dans JAIDS.
Si plusieurs classes d'antirétroviraux ont été associées à un risque accru d'infarctus du myocarde, peu de choses sont connues quant aux effets des inhibiteurs d'intégrase sur le risque cardiovasculaire, rappellent Jane O'Halloran de la Washington University School of Medicine à Saint Louis (Missouri) et ses collègues.
Pour répondre à cette question, ils ont conduit une étude rétrospective, financée par Merck &Co, sur une cohorte de patients VIH+ américains ayant initié une thérapie antirétrovirale entre 2008 et 2015. Les données ont été collectées à partir de l'IBM MarketScan Commercial Database et de la Medicaid Multi-state Database.
Les chercheurs ont identifié 20.242 patients ayant initié une thérapie antirétrovirale sur cette période. Parmi eux, 5.069 (soit un quart) prenaient un traitement comprenant un inhibiteur d'intégrase, dont l'elvitégravir (Gilead, 2.475 patients soit 49%), le raltégravir (Merck & Co, 1.658 patients soit 33%) et le dolutégravir (ViiV Healthcare, 936 patients soit 19%).
Les patients étaient âgés en médiane de 40-41 ans. Ceux sous inhibiteurs d'intégrase présentaient dans l'ensemble davantage de comorbidités (hypertension, diabète, dépression...) que les autres.
La proportion de patients ayant initié une thérapie à base d'anti-intégrases est passée de 4% en 2008 à 61% en 2015, en phase avec les changements de recommandations, pointent les auteurs.
Sur un suivi médian d'environ 520 jours, 203 personnes (1%) ont souffert d'évènements cardiovasculaires indésirables majeurs (MACE), ce qui regroupait les infarctus du myocarde, les accidents vasculaires cérébraux -AVC- ischémiques, les pontages coronariens et les angioplasties. Ce nombre était de 49 (1%) dans le groupe de patients sous inhibiteurs d'intégrase et de 154 (1%) chez les autres.
Il n'y avait pas de différence significative entre les deux groupes en l'absence d'ajustement sur les covariables. Mais après ajustement sur les caractéristiques démographiques et cliniques, une baisse statistiquement significative de 21% du risque de MACE a été observée chez les patients prenant des inhibiteurs d'intégrase par rapport à ceux n'en prenant pas.
Les chercheurs concluent que les anti-intégrases sont associés à un risque réduit de maladies cardiovasculaires incidentes, tout en pointant le fait que ces données nécessitent d'être validées dans d'autres cohortes et au cours d'un suivi plus long.
(JAIDS, édition du 1er août 2020, vol. 84, n°4, p396-399)
sb/ab/APMnews

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