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Identification de médicaments ayant un intérêt potentiel contre la DMLA

WASHINGTON, 20 août 2020 (APMnews) - Des chercheurs américains ont conduit une vaste étude observationnelle de recherche de médicaments existants qui pourraient avoir un intérêt pour prévenir la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) et ont identifié une vingtaine de candidats potentiels, dans une étude publiée par Ophthalmology.
Les traitements actuels de la DMLA néovasculaire -la forme la moins fréquente de DMLA mais qui est responsable de 90% des évolutions vers la cécité- sont centrés sur la néo-angiogenèse mais ne traitent pas la cause. Il y a un "besoin urgent" de nouveaux traitements pour freiner la progression de la maladie, rappellent Shirley Wang et ses collègues de la Harvard Medical School à Boston et du Novartis Institutes for Biomedical Research à Cambridge.
Ils ont eu l'idée d'utiliser les données du système d'assurance maladie des personnes âgées américaines Medicare, dans deux Etats (New Jersey et Pennsylvanie), pour détecter des expositions à des médicaments utilisés dans d'autres indications et qui auraient eu une influence sur le développement de la DMLA.
L'efficacité des anti-VEGF qui ont révolutionné la prise en charge de cette forme néovasculaire, a été découverte fortuitement chez un patient qui était traité pour un cancer par le bévacizumab (Avastin*, Roche) et dont la DMLA s'améliorait, rappelle-t-on.
Les auteurs ont comparé 2.517 cas de DMLA et 41.887 contrôles en s'intéressant à 3.933 médicaments ou classes de médicaments (quand ceux-ci étaient pris durant au moins 6 mois).
Ils ont identifié 19 signaux d'un effet potentiellement significatif de médicaments sur la DMLA.
C'était très divers. On compte un traitement hormonal (l'acétate de mégestrol), des anticancéreux (l'erlotinib, la capécitabine), une érythropoïétine, les traitements de la maladie d'Alzheimer donépézil et mémantine, des antipsychotiques (rispéridone, halopéridol), les anticonvulsivants phénytoïne et divalproex, des diurétiques comme la métazolone, le chélateur du phosphate sévélamer, le corticoïde dexaméthasone (déjà utilisée contre les néovaisseaux), l'association de vitamines B et de vitamine C.
Pour certains comme l'acétate de mégestrol ou les inhibiteurs de la kinase de l'EGFR (comme l'erlotinib), on disposait déjà d'autres données épidémiologiques suggérant un effet protecteur contre la DMLA, hypothèse que cette nouvelle étude renforce, commentent les auteurs.
Ces médicaments sont donc prioritairement candidats à une évaluation plus poussée pour un intérêt contre la DMLA.
D'autres ont un mode d'action qui suggère un effet protecteur, comme le donépézil dont l'effet parasympathomimétique pourrait augmenter le flux artériel oculaire ou l'érythropoïétine qui pourrait protéger l'épithélium rétinien contre l'oxydation et l'apoptose. Il pourrait donc aussi être évalué de façon plus poussée dans la DMLA.
D'autres seraient moins adaptés à un développement en traitement de la DMLA, comme la phénytoïne qui a des effets neuroprotecteurs mais dont l'index thérapeutique est réduit, estiment les chercheurs.
D'autres également, comme la mémantine et les antipsychotiques, pourraient avoir été détectés uniquement parce qu'ils étaient pris par les mêmes patients Alzheimer que ceux prenant du donépézil. Ils ne sont donc pas la priorité pour une évaluation ultérieure.
(Ophthalmology, publication en ligne du 7 août)
fb/sl/APMnews

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