dépêche

 - 

La dapagliflozine réduit le risque rénal et la mortalité dans la maladie rénale chronique

PARIS, 31 août 2020 (APMnews) - L'antidiabétique oral inhibiteur du SGLT2 dapagliflozine (Forxiga*, AstraZeneca) a diminué le risque d'événement rénal ainsi que la mortalité chez des patients présentant une maladie rénale chronique, qu'ils soient diabétiques ou non, dans l'essai DAPA-CKD dont les résultats ont été présentés au congrès virtuel de la European Society of Cardiology (ESC).
Ces nouveaux résultats confirment ce qui avait déjà été observé dans des sous-groupes de patients d'autres études. Ils élargissent l'intérêt de la dapagliflozine, après le diabète et l'insuffisance cardiaque (cf l'étude DAPA-HF présentée l'année dernière à l'ESC à Paris, dépêche du 02/09/2019 à 09:31).
"Jusqu'à une période récente, les seules classes de médicaments ayant fait la preuve d'une prévention de la progression de la maladie rénale chronique étaient les inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IEC) et les antagonistes des récepteurs de l'angiotensine-2 (ARA2)", a rappelé Hiddo Heerspink de l'université de Groningue (Pays-Bas) en présentant ces résultats.
Plus récemment, les inhibiteurs du SGLT2 ont montré un effet protecteur dans des études chez des patients diabétiques dont l'objectif principal était cardiovasculaire, l'effet rénal étant un critère secondaire, et dans DAPA-HF où il s'agissait aussi d'un critère secondaire. DAPA-CKD était quant à elle centrée sur la maladie rénale chronique.
Cet essai clinique international a inclus 4.304 patients présentant une maladie rénale chronique (le débit de filtration glomérulaire était en moyenne à 43 ml/min/1,73 m2). Les deux tiers des patients étaient diabétiques; 97% des patients étaient sous IEC ou ARA2. Ils ont été randomisés entre la dapagliflozine et un placebo.
L'essai a été arrêté prématurément en raison des résultats très positifs constatés lors d'une analyse intermédiaire, a indiqué le chercheur néerlandais. Les patients ont été suivis durant 2,4 ans en médiane.
La dapagliflozine a diminué de 39% le risque de survenue du critère primaire d'efficacité (qui incluait la baisse de plus de 50% du débit de filtration glomérulaire, l'insuffisance rénale terminale, le décès de cause rénale ou cardiovasculaire): il y a eu 312 événements dans le groupe placebo contre 197 événements dans le groupe dapagliflozine.
La baisse des décès cardiovasculaires n’était pas statistiquement significative. Si l'on enlève ce critère pour ne s'intéresser qu'aux critère rénaux, leur baisse est de 44%, a indiqué Hiddo Heerspink.
Le risque de mise sous dialyse, transplantation rénale ou décès de cause rénale était diminué de 34%.
Si les décès cardiovasculaires n'étaient pas statistiquement diminués (avec tout de même une tendance favorable), cela pourrait être dû à un nombre de cas faible lié à l'arrêt prématuré de l'essai, a noté le chercheur en rappelant que, dans l'étude CREDENCE, il y avait un effet sur la mortalité cardiovasculaire.
De plus, il a indiqué que si l'on s'intéresse à la mortalité globale, il y avait une baisse de 31%, qui était statistiquement significative.
Par ailleurs, le risque de décès cardiovasculaire ou hospitalisation pour insuffisance cardiaque était diminué de 29%. Une baisse qui s'avère similaire à ce qui avait été observé dans l'étude DAPA-HF dans l'insuffisance cardiaque.
Les résultats sont similaires chez les patients diabétiques et non diabétiques.
Le taux d'effets indésirables sévères n'était pas différent entre le médicament et le placebo. Il n'y a pas eu d'excès d'amputation ni de fracture. Il n'y a pas eu d'acidocétose diabétique.

De multiple mécanismes d'action ?

Lors d'une discussion qui a suivi la présentation de l'étude, les experts présents ont souligné le fait qu'on ne sait pas encore très bien comment agissent les inhibiteurs du SGLT2 au niveau rénal.
Ces médicaments ont un effet diurétique, mais surtout en début de traitement et à la longue il s'estompe, et il faut donc trouver d'autres mécanismes, a noté Diederick Grobbee de l'université d'Utrecht (Pays-Bas). Il pourrait y avoir en particulier une réduction de la pression intraglomérulaire, ou encore un effet sur la production de chimiokines ayant ensuite un effet positif sur le rein, selon Hiddo Heerspink.
Pour Frank Ruschitzka de l'université de Zurich (Suisse), les gliflozines ayant un bénéfice à la fois dans le diabète et hors diabète, sur le coeur, sur les reins, il est nécessaire d'arrêter de "compartimenter" et de mettre les maladies et leurs traitements "dans des boîtes séparées". Il faut avoir une vision plus globale et "penser en termes de protection d'organes". Il y a une nécessité de revenir à la recherche translationnelle pour mieux comprendre le bénéfice apporté par des médicaments comme les inhibiteurs du SGLT2.
fb/eh/APMnews

[FB6QFVVDW]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi