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Le risque de diabète de type 1 chez les moins de 15 ans variable selon les régions

PARIS, 14 septembre 2020 (APMnews) - Le risque de diabète de type 1 chez les enfants et adolescents de moins de 15 ans est variable selon les régions de France, avec un excès dans le Nord, le Nord-Est et le Sud-Est de l'Hexagone, montre une étude présentée la semaine dernière au congrès virtuel de la Société francophone du diabète.
Clara Piffaretti de Santé publique France a rappelé qu'il existait au niveau mondial, et plus particulièrement au niveau européen, une augmentation de l'incidence du diabète de type 1 chez les moins de 15 ans. Mais ces augmentations ne partent pas du même niveau partout: les taux d'incidence sont très variables, allant en Europe de 5,8 cas pour 100.000 en Macédoine à 36,6/100.000 en Suède.
Les raisons de ces différences entre pays restent mal connues. Il pourrait y avoir des facteurs génétiques, infectieux, nutritionnels, ou encore l'évolution de l'âge maternel à la naissance. Il existe une hypothèse hygiéniste, mais des facteurs chimiques environnementaux sont aussi "fortement suspectés" (perturbateurs endocriniens, polluants de l'air, nitrates…).
En France, l'incidence du diabète de type 1 des moins de 15 ans était estimé en 2015 à 19/100.000, soit 2.286 cas par an, en augmentation de 4,1% par an sur la période 2010-2015.
Cette augmentation annuelle ne concernait toutefois que les garçons. Et l'augmentation était plus importante chez les 10-14 ans que chez les 6 mois-4 ans, a indiqué Clara Piffaretti.
Des variations régionales ont été observées, ce que les chercheurs de Santé publique France ont voulu préciser.
L'étude a été conduite sur le Système national des données de santé (SNDS), qui a permis d'identifier les 12.034 enfants de 6 mois à 14 ans ayant développé un diabète de type 1 durant la période 2010-2015.
Parmi ces nouveaux cas, 22,5% avaient entre 6 mois et 4 ans, 35,9% entre 5 et 9 ans et 41,6% entre 10 et 14 ans.
Le nombre de cas était très variable selon les départements, allant de 10 à 604 cas (la médiane étant à 85 cas, 75% des départements ayant plus de 24 cas).
Au niveau géographique, le risque était significativement plus élevé dans les Hauts-de-France, avec les taux les plus élevés dans le Nord et le Pas-de-Calais, dans le Grand Est (la Moselle étant la plus touchée) et au Sud-Est dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, particulièrement dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, ainsi que le Gard dans la région voisine.
Le risque était plus faible dans l'Ouest de la France: partie sud de la Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, ex-Poitou-Charentes. Il était également faible dans les départements d'outre-mer.
"A ce stade du travail, il existe une difficulté d'interprétation" de ces variations d'incidence entre départements, constate la chercheuse. "L'échelle du département se prête difficilement aux analyses de facteurs de risque environnementaux géographiquement déterminés".
Il faut donc réaliser des études à des échelles plus fines. Des analyses sont "à venir" à l'échelle des cantons ou communes pour étudier l'impact potentiel de facteurs environnementaux dont le rôle a été suggéré dans la littérature.
fb/nc/APMnews

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