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Les nanoparticules de dioxyde de titane présentes dans l'additif E171 peuvent traverser le placenta (étude française)

PARIS, 7 octobre 2020 (APMnews) - Des nanoparticules de dioxyde de titane présentes dans l'additif E171 peuvent traverser le placenta et atteindre le foetus, retrouvées dans les premières selles du nouveau-né, montrent des chercheurs français dans une étude publiée mercredi dans Particle and Fibre Toxicology.
Dans un communiqué commun mercredi, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), le Laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE), le CNRS, l'Insa Rouen, l'université de Rouen Normandie, le CHU de Toulouse, l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse et l'université de Picardie Jules-Verne soulignent que ces travaux chez l'homme "apportent maintenant la preuve que des nanoparticules de dioxyde de titane présentes dans l'additif E171 peuvent traverser le placenta et atteindre l'environnement foetal".
Ces résultats "alertent sur l'importance d'évaluer le risque quant à la présence de nanoparticules dans cet additif commun face à l'exposition avérée de la femme enceinte".
L'E171 est un additif alimentaire largement utilisé à l'échelle mondiale pour ses propriétés colorantes (pigment blanc) et opacifiantes. Son usage dans les denrées alimentaires a été suspendu en France le 1er janvier par principe de précaution pour un an (cf dépêche du 25/04/2019 à 11:10). Il reste par ailleurs utilisé dans le secteur des cosmétiques, pour les filtres UV en particulier, et des produits de santé notamment.
Dans cette étude, Adèle Guillard de l'UMR1331 (Toxalim) et ses collègues ont recherché la présence de titane dans le placenta de 22 mères. Les analyses réalisées ont mis en évidence une accumulation de dioxyde de titane dans l'ensemble des échantillons, la majorité sous forme de nanoparticules, avec un niveau variant de 0,01 à 0,48 mg/kg de tissu.
Ils ont ensuite perfusé les placentas avec du E171 du côté maternel puis mesuré le dioxyde de titane du côté foetal du placenta, retrouvant des nanoparticules de dioxyde de titane dans le compartiment foetal.
Enfin, les chercheurs ont analysé 18 échantillons de méconium, ces premières selles du nouveau-né étant "un excellent témoin de son exposition aux substances chimiques au cours de la grossesse". Des nanoparticules de dioxyde de titane étaient présentes dans la moitié des échantillons, avec un taux variant de 0,02 à 1,5 mg/kg de tissu, confirmant que le foetus est exposé au dioxyde de titane apporté par le sang maternel.
"Ces nouvelles données sur organes et tissus humains montrent pour la première fois une exposition prénatale chez l'homme aux nanoparticules de dioxyde de titane", commentent les organismes de recherche dans leur communiqué. Ces données pourront être utilisées par les agences de sécurité sanitaire des aliments afin d'évaluer le risque d'exposition au E171 chez les femmes enceintes. Elles devront être complétées par des études pour préciser d'éventuels effets sur le développement et "aider ainsi les pouvoirs publics à statuer" sur ce produit, ajoutent-ils.
(Part Fibre Toxicol, édition en ligne du 7 octobre)
ld/ab/APMnews

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