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Cancer oropharyngé: le repérage du ganglion sentinelle équivalent au curage ganglionnaire systématique

WASHINGTON, 19 octobre 2020 (APMnews) - Le repérage du ganglion sentinelle s'est avéré équivalent au curage ganglionnaire systématique en termes de contrôle de la maladie et de survie, chez des patients opérés pour cancer de la cavité buccale ou de l'oropharynx de stades T1-T2N0, dans un essai randomisé français, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of Clinical Oncology (JCO).
Les résultats de cet essai conduit par Renaud Garrel du CHU de Montpellier et ses collègues et financé par l'Institut national du cancer (Inca) avait été présenté lors du congrès de l'American Society of Clinical Oncology (Asco) en juin.
La dissection des ganglions lymphatiques est associée à morbidité significative. Elle peut être évitée dans certains cas en réalisant un repérage du ganglion sentinelle. Cette technique peut être pratiquée en routine, mais il n'existe pas de preuves solides qu'elle est équivalente au curage ganglionnaire systématique.
L'objectif de l'essai randomisé Senti-MERORL était de le déterminer si le repérage du ganglion sentinelle était équivalent au curage systématique chez des patients atteints de cancer de la cavité buccale et de l'oropharynx, de stade T1-T2N0.
Les investigateurs ont inclus 307 patients et les données de 279 d'entre eux ont pu être analysées (139 ont été affectés au groupe curage systématique, 140 au ganglion sentinelle).
Ils rapportent qu'en moyenne 29 ganglions par patient ont été disséqués dans le groupe curage systématique, versus 2,93 dans le groupe ganglion sentinelle.
Dans ce dernier, 29 patients ont finalement eu un curage des ganglions lymphatique au cours de la première chirurgie en raison d'un échec de la biopsie (5,7%) ou de la détection de ganglions positifs au cours de l'analyse histopathologique peropératoire (15,9%). Une dissection ganglionnaire a été réalisée lors d'une deuxième intervention chez 12 patients pour lesquels l'analyse histologique peropératoire était négative. La sensibilité et la valeur prédictive négative de l'analyse histologique peropératoire ont été évaluées à 63,6% et 89,2% respectivement.
Selon le critère d'évaluation principal, la survie sans récidive à 2 ans, les deux stratégies n'étaient pas significativement différentes. Le taux de survie sans récidive à deux ans était de 89,6% dans le groupe curage systématique, versus 90,7% avec le ganglion sentinelle.
De même, aucune différence significative n'a émergé en termes de survie sans récidive à 5 ans et de survie spécifique et globale à 2 ans et 5 ans. Les taux de survie globale à 5 ans étaient de 81,8% dans le groupe curage systématique et 82,2% dans le groupe ganglion sentinelle.
La durée médiane du séjour hospitalier était significativement moins élevée dans le groupe ganglion sentinelle: 7 jours versus 8 jours dans le groupe curage systématique. Le taux de prescription de kinésithérapie était significativement plus important dans le groupe curage systématique. Il concernait un tiers des patients, contre 10% dans le groupe ganglion sentinelle.
Les auteurs estiment que cet essai démontre "l'équivalence oncologique" des deux stratégies en matière de contrôle local de la maladie, de survie sans récidive et globale à 2 et 5 ans.
Ils soulignent avoir appliqué quelques critères d'inclusion restrictifs et estiment que le principal avantage du repérage du ganglion sentinelle est la réduction du recours à la chirurgie du cou réalisée chez moins de 30% des patients.
(JCO, publication en ligne du 14 octobre)
vib/nc/APMnews

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