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Covid-19: 90 millions de doses de vaccins "sécurisées" pour la France début 2021 (presse)

PARIS, 16 novembre 2020 (APMnews) - Le gouvernement a "sécurisé" l'achat de 90 millions de doses de vaccins contre le Sars-CoV-2 dans le courant du premier semestre 2020 auprès de sept fournisseurs à travers les contrats de précommandes européennes, a révélé lundi le journal Les Echos.
Selon le quotidien, "les premières livraisons interviendraient mi-janvier" 2021 avec 4,4 millions de doses du candidat développé par AstraZeneca et l'université britannique d'Oxford et 3,5 millions de doses de celui de Pfizer et BioNTech.
"Les vaccins des biotechs américaines Moderna et Novavax suivraient dès février", a précisé le journal.
L'Union européenne (UE) a entamé en juillet des discussions avec plusieurs laboratoires pharmaceutiques développant des candidats vaccins pour passer des précommandes à déclencher en cas d'obtention d'une autorisation de mise sur le marché (AMM), rappelle-t-on.
Dans une interview au journal italien Il Sole 24 Ore publiée samedi, le directeur général sortant de l'Agence européenne du médicament (EMA), Guido Rasi, a espéré qu'un premier candidat vaccin soit approuvé "d'ici la fin de l'année" et tablé sur "six ou sept" vaccins différents pouvant être commercialisés en 2021.
Des accords ont été jusqu'ici été passés à l'échelle européenne avec:
  • AstraZeneca et l'université d'Oxford, pour 300 millions de doses de leur candidat à vecteur viral AZD1222 et une option sur 100 millions supplémentaires (cf dépêche du 27/08/2020 à 15:15)
  • Sanofi et GlaxoSmithKline, pour 300 millions de doses de leur candidat à base de protéine recombinante (cf dépêche du 18/09/2020 à 13:44)
  • Janssen (groupe Johnson & Johnson, J&J) pour 200 millions de doses du candidat vaccin recombinant à base d'adénovirus AD26.COV2-S et une option sur 200 millions de doses supplémentaires (cf dépêche du 08/10/2020 à 15:27)
  • Pfizer et BioNTech, pour 200 millions de doses du candidat BNT162b2 à base d'ARN messager et une option sur 100 millions de doses supplémentaires (cf dépêche du 12/11/2020 à 10:12)
Interrogée lundi matin sur France Info, la ministre déléguée chargée de l'industrie, Agnès Pannier-Runacher, a déclaré que "deux autres" précommandes étaient "quasiment finalisées".
Elle a rappelé que la répartition des vaccins commandés par l'UE se fera proportionnellement à la taille de la population des différents Etats membres. Certaines "zones" pourraient recevoir davantage de produits en cas de circulation plus active du virus, a-t-elle ajouté.
Concernant le candidat de Pfizer et BioNTech, qui a affiché des résultats intermédiaires positifs la semaine dernière (cf dépêche du 09/11/2020 à 14:13), "un peu plus d'une trentaine de millions" de doses de vaccins sont destinées à la France, a affirmé la ministre.

Vaccination de 35 millions de Français en 2021

A ce stade, l'exécutif vise la vaccination de 35 millions de personnes en 2021 selon Les Echos, ce qui correspond à 70 millions de doses de vaccins à distribuer sur le territoire.
Un budget de 1,5 milliard d'euros a été prévu dans le cadre de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) 2021, selon le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour l'an prochain, rappelle-t-on (cf dépêche du 27/10/2020 à 19:02).
"L'objectif est de commencer par les publics prioritaires", a indiqué Agnès Pannier-Runacher, expliquant que "pour chacun des vaccins" la Haute autorité de santé (HAS) sera amenée à donner des recommandations sur les différents publics ciblés.
Le prix d'achat des vaccins est "encore confidentiel" et les autorités européennes et nationales souhaitent conserver cette confidentialité "jusqu'à la fin des négociations", a poursuivi la ministre. La position de la France en la matière est de "communiquer a minima sur les points saillants" comme le prix, les quantités, "les positions de responsabilité", a-t-elle énuméré.
Sur ce dernier point, Agnès Pannier-Runacher a précisé que la loi prévoyait que le fabricant du vaccin était responsable du dommage causé par un défaut de son produit. Elle a toutefois relevé un "cas d'exonération quand l'état des connaissances scientifiques et technologiques n'a pas permis de déceler la difficulté".
Les seuls cas pour lesquels l'UE pourrait être amenée à "partager" la charge de la responsabilité seraient "la survenance d'épisodes nuisibles qui ne seraient pas connus en l'état ni par nous, ni par le laboratoire pharmaceutique, et sur lequel le laboratoire pourrait démontrer qu'à chaque instant il a fait preuve de transparence", a déclaré la ministre.
En revanche, "toute négligence d'un laboratoire pharmaceutique serait évidemment devant les tribunaux avec une indemnisation à la charge du laboratoire", a-t-elle prévenu.
L'UE et ses Etats membres doivent aussi anticiper les modalités de distribution et de stockage des différents vaccins, dont certains nécessitent une conservation à près de -80°C, comme celui de Pfizer et BioNTech. Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a notamment annoncé la semaine dernière l'achat de 50 "supercongélateurs", qualifiant de "monumental" le chantier de la vaccination (cf dépêche du 12/11/2020 à 20:42).
rm/eh/APMnews

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