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La barre des 2 millions de cas de Covid-19 dépassée en France (DGS)

PARIS, 17 novembre 2020 (APMnews) - Le directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, a chiffré à 2.036.755 le nombre de cas de Covid-19 confirmés depuis le début de l'épidémie, mais noté une tendance à la diminution du nombre de nouveaux cas, lors d'un point presse organisé mardi au ministère des solidarités et de la santé.
"Nos efforts collectifs commencent à porter leurs fruits. Depuis quelques jours le nombre de nouveaux cas baisse", a constaté Jérôme Salomon, invitant à redoubler d'efforts "pour reprendre le contrôle de l'épidémie".
Cette tendance "positive" s'explique par "tous les efforts individuels, avec le respect des [...] mesures barrières" et "tous les efforts collectifs", en particulier "le respect des couvre-feu" et du confinement, a-t-il assuré.
Le DGS a indiqué que le nombre de personnes contaminées par chaque malade du Covid-19, le R0, "est désormais inférieur à 1", une "bonne nouvelle" montrant que "l'épidémie ralentit, au moins sur les indicateurs précoces".
Il a souligné néanmoins que "la pression épidémique reste très élevée ; [...] toutes les régions, tous les départements métropolitains sont touchés par l'épidémie, mais de façon hétérogène".
Le pic des tests positifs a été atteint le 2 novembre avec 69.500 contaminations en 24 heures. "Depuis, l'incidence est en baisse, mais le nombre de cas quotidien, encore très élevé, doit revenir durablement à un niveau raisonnable, que le président de la République a situé à 5.000", a rappelé Jérôme Salomon.
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé en déplacement à Lyon lundi, avait estimé que le "pic" de patients Covid hospitalisés, notamment en réanimation, dans le cadre de la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19, était atteint (cf dépêche du 16/11/2020 à 15:13).
L'Hexagone comptait "hier un nombre inégalé de 33.500 patients" Covid pris en charge à l'hôpital, a chiffré le DGS. "A ce jour, la France compte plus de 8.000 patients" en réanimation, avec 4.854 patients Covid et 3.300 patients non Covid.
"L'amélioration de la prise en charge basée sur l'expérience acquise par nos équipes explique la différence observée avec la première vague" a commenté le DGS, soulignant qu'il y a "plus de malades en médecine" et "moins [...] en réanimation", mais jugeant toutefois que "la pression hospitalière reste très élevée".
"La situation est très tendue dans de nombreux établissements et dans de nombreux départements", a-t-il affirmé, rapportant que depuis le 23 octobre, "150 patients hospitalisés en réanimation ont été transférés vers une région de soutien".
Parmi ceux-là, 114 patients ont été évacués sanitairement depuis la seule région Auvergne-Rhône-Alpes, "qui subit une très forte tension et bénéficie ainsi de la solidarité nationale et de la part des autres régions", a souligné le DGS. "Nous soutenons aussi la région Bourgogne-Franche-Comté et de nouvelles évacuations sont prévues dans les prochains jours", a-t-il ajouté.

Près de 33.000 tests antigéniques positifs depuis début novembre

Le DGS a par ailleurs exposé un premier bilan des tests antigéniques déployés début novembre (cf dépêche du 06/11/2020 à 11:31): "32.935 tests positifs" ont été réalisés. "Les tests antigéniques sont un atout précieux supplémentaire dans [...] la politique de tests", a-t-il insisté
En parallèle, près de 26 millions de tests PCR ont été réalisés depuis le début de l'épidémie.
Jérôme Salomon a indiqué que dès que des vaccins contre le Covid "auront passé l'étape de l'autorisation de mise sur le marché" (AMM) la France sera prête à mettre en oeuvre "une vaccination en population dont les indications dépendront à la fois [....] de l'objectif principal du vaccin et des recommandations des autorités sanitaires".
Après l'homologation, des recommandations seront émises par la Haute autorité de santé (HAS) "quant aux populations cibles en fonction de chaque vaccin disponible", a-t-il ajouté.

Impact du Covid-19 sur la santé mentale

Le bilan de l'épidémie s'élève désormais à 46.273 décès en France, dont 437 "survenus en 24h à l’hôpital".
"Nous sommes très attentifs à la situation dans les Ehpad [Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes]. Il est nécessaire de maintenir la plus grande vigilance et toute notre attention envers les personnes les plus précaires, les plus vulnérables, nos aînés", a également fait savoir Jérôme Salomon, sans détailler le nombre de décès survenus dans les établissements sociaux et médico-sociaux.
"Derrière ces chiffres, il y a des femmes, des hommes, des deuils, des drames, des angoisses mais aussi des guérisons très nombreuses, 143.152 malades sont sortis de l'hôpital", a relevé le DGS. "La maladie touche les corps mais elle touche aussi les âmes des malades et celles de leurs proches", a-t-il poursuivi, appelant chacun à être sensibilisé aux conséquences du Covid-19 sur la santé mentale de la population.
"Cette épidémie est stressante, anxiogène et peut générer une souffrance psychologique pour bon nombre d'entre nous. Santé publique France révèle aujourd'hui que la santé mentale des Français s'est de nouveau dégradée entre fin septembre et début novembre", a-t-il noté (cf dépêche du 13/11/2020 à 13:41).
Il a rapporté "une augmentation des états dépressifs", particulièrement accrue chez les populations précaires, les inactifs, les jeunes et les personnes ayant des antécédents de troubles psychologiques. Il a insisté sur l'importance de maintenir un lien social, de "parler avec son entourage", d'aider ceux qui en ont besoin, d'éviter "d'être connectés à l'actualité toute la journée" ou encore de limiter sa consommation d'alcool et de tabac.
Appelant chacun à être vigilant aux signes de souffrance psychologique, le DGS a listé les dispositifs nationaux existants pour écouter et accompagner la population. Ainsi, le numéro vert d'information nationale sur le Covid-19 (0.800.130.000) permet notamment de transférer directement les appels nécessitant un soutien psychologique vers les plateformes spécialisées d'écoute (Croix-Rouge Ecoute, Ecoute-Santé, SOS Amitié, SOS Crise).

Un déconfinement différent du premier

Interrogé sur le protocole de sortie du confinement, le DGS a rappelé que le premier ministre, Jean Castex, s'était "déjà attelé, en tant que responsable du déconfinement, à sa mise en place après la première vague" (cf dépêche du 03/04/2020 à 10:14), mais il a insisté sur "les différences entre la première et la deuxième vague", notamment en termes de saisonnalité.
"Nous sommes extrêmement attentifs à cette levée du freinage de l'épidémie qui va avoir lieu au cours d'une saison qui est favorable à la diffusion des virus et nous devrons donc être très vigilants", a-t-il déclaré.
Par la voix de son président, Frédéric Valletoux, la Fédération hospitalière de France (FHF) a demandé mardi au gouvernement de définir une stratégie de déconfinement "claire et précise" afin d'éviter une "3e vague" épidémique de Covid-19, rappelle-t-on (cf dépêche du 17/11/2020 à 16:19).
Le président de la République, Emmanuel Macron devrait s'exprimer en "milieu de semaine prochaine" pour préciser les modalités du prochain déconfinement, selon une information de RTL, diffusée mardi en fin de journée.
wz-jyp/rm/APMnews polsan-une

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