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Chirurgie du prolapsus: moins de complications graves mais plus de récidives avec la voie vaginale autologue (registre VIGIMESH)

PARIS, 20 novembre 2020 (APMnews) - Les complications graves de la chirurgie du prolapsus des organes pelviens sont moins fréquentes avec la réparation par voie vaginale autologue que par voie vaginale prothétique ou par promontofixation coelioscopique, mais elle est associée à un plus grand risque de réintervention liée à une récidive de prolapsus, selon les dernières données du registre VIGIMESH, présentées jeudi au congrès français d'urologie virtuel.
L'observatoire VIGIMESH a été mis en place en 2017 afin de recueillir prospectivement les complications des implants utilisés dans la chirurgie de l'incontinence urinaire et du prolapsus. Des inquiétudes sur le risque de complications graves avec ces implants ont mené au retrait du marché d'un certain nombre d'entre eux, et à différentes mesures visant à renforcer l'encadrement de leur utilisation (cf dépêche du 27/10/2020 à 19:08 et dépêche du 22/11/2019 à 16:28).
VIGIMESH permet de collecter les informations sur les interventions chirurgicales et leurs complications via les rapports des chirurgiens, un questionnaire à 1 an adressé aux patientes incluses dans le registre, et le couplage des données hospitalières, a expliqué Laurent Wagner du CHU de Nîmes.
Concernant la chirurgie du prolapsus des organes pelviens (POP), il a présenté une étude menée à partir de ce registre, sur les taux de complication et de récidive après ce type de chirurgie.
De février 2017 à novembre 2019, 19 centres et 110 chirurgiens ont participé au registre VIGIMESH. Au total 2.310 chirurgies de POP y ont été enregistrées, dont 1.113 (48%) promontofixations coelioscopiques, 504 (22%) réparations vaginales autologues et 693 (30%) réparations vaginales avec prothèse.
Au total, 50 complications graves (complications de grade Clavien-Dindo III ou plus) ont été rapportées, soit 2,2%. Ces complications ont entraîné l'absence de pose d'implant dans 6 cas et une réintervention dans 43 cas, dont 16 retraits de prothèse.
Ces complications consistaient en 15 expositions prothétiques (0,8%), 9 hémorragies ou hématomes, 7 plaies viscérales peropératoires, 6 obstructions urétérales, 4 abcès pelviens, 3 cas de rétention d'urine, 3 cas de douleurs pelviennes chroniques, 2 hyperactivités vésicales, 2 péritonites et 1 infarctus.
Le risque de survenue d'une de ces complications graves, en prenant en compte l'âge de la patiente, son indice de masse corporelle, le tabagisme, le diabète, l'état physique, la ménopause, les antécédents de chirurgie d'incontinence et du prolapsus, et d'hystérectomie, était 3,9 fois plus élevé avec la chirurgie par voie vaginale prothétique, et 2,1 fois plus élevé avec la promontofixation coelioscopique, qu'avec la réparation par voie vaginale autologue.
Le risque de réintervention liée à la récidive de prolapsus étant en revanche réduit de 78% avec la chirurgie par voie vaginale prothétique et de 74% avec la promontofixation coelioscopique, par rapport à la voie vaginale autologue.
"Les complications et récidives du prolapsus dans le registre VIGIMESH sont relativement rares. Le risque de complications est plus faible en cas de réparation vaginale autologue, mais le risque de récidive est plus élevé" avec cette approche, a résumé le Dr Wagner.
"La promontofixation coelioscopique présente le meilleur profil bénéfice/risque à moyen terme", a-t-il résumé.
Les inclusions dans le registre se poursuivent. "Nous souhaitons préciser davantage les complications tardives, les symptômes, y compris la douleur, et le rétablissement après complication", a ajouté le praticien.
cd/nc/APMnews

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