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La supplémentation en vitamine D associée à une réduction de l’incidence des cancers avancés

WASHINGTON, 23 novembre 2020 (APMnews) - La supplémentation en vitamine D est associée à une réduction de l’incidence des cancers à un stade avancé (métastatique ou fatal) dans la population générale, la plus forte réduction du risque étant observée chez les personnes de poids normal, selon une étude publiée mercredi dans JAMA Network Open.
Des données épidémiologiques et d’essais cliniques suggèrent que la supplémentation en vitamine D pourrait réduire les cancers métastatiques et la mortalité par cancer. Paulette Chandler du Trinity College à Dublin et ses collègues ont voulu le vérifier en conduisant une grande étude randomisée.
Dans l’essai VITAL, randomisé, en double aveugle et contre placebo, ils ont évalué l’intérêt des supplémentations en vitamine D et en acides gras oméga-3 marins en prévention primaire du cancer et des maladies cardiovasculaires.
Au total, 25.871 patients (67,1 ans en moyenne; indice de masse corporelle -MC- moyen de 28,1 kg/m2) qui n’avaient jamais eu cancer ni de maladie cardiovasculaire ont été inclus.
Les patients ont été randomisés en 4 groupes: le premier recevait de la vitamine D3 (cholécalciférol, 2.000 UI/j), le deuxième des acides gras oméga-3 marins (1 g/j), le troisième les deux agents actifs alors le dernier groupe (contrôle) recevait deux placebos.
Après une période d’intervention médiane de 5,3 ans, 1.617 patients ont reçu un diagnostic de cancer invasif.
Si l'on regarde l’incidence globale des cancers ou la mortalité par cancer, aucune différence significative dans n’a été observée entre les bras de traitement. Cependant, une réduction significative de 17% de l’incidence des cancers à un stade avancé (métastatique ou fatal) a été enregistrée dans le groupe ayant reçu la vitamine D (1,7%), en comparaison du placebo (2,1%).
Aucune différence significative n’était notée dans le bras sous acides gras oméga-3, en comparaison du placebo.
Quand les patients étaient stratifiés selon leur indice de masse corporelle (IMC), la réduction du risque de cancer avancé était plus marquée chez les patients de poids normal (moins de 25 kg/m2): chez ces patients, l’incidence des cancers avancés était réduite de 38%, alors qu’elle n’était diminuée "que" de 21% pour les patients en surpoids (IMC compris entre 25 et 30 kg/m2) et même augmenté de 5% pour les patients obèses (IMC de plus de 30 kg/m2).
Les auteurs soulignent qu’aucune différence significative n’a été observée selon l’origine ethnique ou le taux initial de vitamine D sérique et qu’aucun type de cancer particulier n’était davantage affecté, suggérant que la supplémentation en vitamine D opère son effet protecteur à travers un mécanisme général et non spécifique.
Dans un éditorial, Lina Zgaga du Trinity College à Dublin rappelle qu’il existe, en fonction des individus, une variation substantielle difficile à prévoir de l’augmentation du taux de vitamine D sérique suite à l’administration d’une même dose de vitamine D. L’augmentation serait moins importante chez les patients en surpoids.
Elle ajoute que, pour de nombreux nutriments, l’association entre la dose reçue et les effets sur la santé n'est pas linéaire et qu’il peut exister un bénéfice seulement après avoir dépassé un certain seuil. Elle suggère que les personnes en surpoids de cette étude pourraient ne pas avoir atteint ce palier, ce qui pourrait expliquer une absence d’effet protecteur de la supplémentation en vitamine D dans cette sous-population.
(JAMA Network Open, publication en ligne du 18 novembre)
vcd/fb/APMnews

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