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Covid-19: "Notre stratégie s'adapte en temps réel et en continu à l'évolution de l'épidémie" (Jérôme Salomon)

PARIS, 7 décembre 2020 (APMnews) - La diminution du nombre de cas positifs de Covid-19 "marque le pas depuis une semaine", a constaté le directeur général de santé (DGS) Jérôme Salomon lundi, lors d'une conférence de presse, précisant que la stratégie du gouvernement sera adaptée "en temps réel et en continu à l'évolution de l'épidémie".
Malgré une forte baisse de l'incidence constatée à la suite du pic de mi-novembre, "le niveau de contaminations quotidiennes ne baisse plus" depuis quelques jours et "reste particulièrement élevé chez les personnes âgées de plus de 75 ans", a observé le DGS, qui estime que "nous sommes toujours face à un risque élevé de rebond épidémique".
Santé publique France a signalé dimanche soir sur son site que 11.022 cas positifs ont été confirmés dimanche, dont 1.843 par tests antigéniques. Lundi, 3.411 cas supplémentaires ont été rapportés, mais la fermeture dominicale des officines et des laboratoires de biologie médicale minimise le nombre de cas réels.
"Chaque jour, plus de 10.000 nouvelles personnes sont testées positives, contre 5.000 par semaine au coeur de l'été. Nous devons être vigilants devant cette évolution récente, mais nous sommes encore loin de l'objectif de passer sous la barre des 5.000 cas par jour", a averti Jérôme Salomon.
Cet objectif avait été fixé par le président de la République, Emmanuel Macron, comme la condition pour passer à l'étape suivante de déconfinement, rappelle-t-on (cf dépêche du 24/11/2020 à 22:23).
Jérôme Salomon, le 7 décembre - capture d'écran
Jérôme Salomon, le 7 décembre - capture d'écran
"Il est difficile de prévoir l'évolution, mais si les conditions actuelles se poursuivent, il sera effectivement très difficile d'atteindre cet objectif", a reconnu Jérôme Salomon. Le DGS a toutefois précisé être "dans une phase d'analyse". "Nous devons mieux observer l'évolution dans les prochains jours", a-t-il indiqué.
Pour cela, les indicateurs fournis par Santé publique France vont s'affiner pour "prendre mieux en compte la surveillance de terrain, le déploiement de nouvelles techniques diagnostiques et les dernières connaissances scientifiques", ce qui permettra de "mieux suivre et mieux anticiper" l'évolution de l'épidémie, a-t-il émis.
Les tests antigéniques seront ainsi intégrés à partir de mardi au calcul des taux d'incidence et de dépistage. Ils n'étaient jusqu'ici pris en compte que dans le nombre des nouveaux cas positifs.

Pas de nouvelles recommandations pour le moment

"Le virus va continuer à circuler activement au cours des prochains mois, la saison hivernale sera très difficile", a prévenu Jérôme Salomon. "Les fêtes de fin d'année font craindre que des contaminations importantes intrafamiliales aient lieu, comme cela a été observé lors des fêtes de Thanksgiving au Canada et aux Etats-Unis", a-t-il aussi alerté.
Pour le déroulement des fêtes de fin d'année en France, "nous verrons au moment voulu quels sont les messages à passer, mais les Français ont bien compris qu'on faisait appel à leur bon sens", a-t-il indiqué.
Le DGS n'a pas remis en cause le comportement des Français, qui se sont "très bien comportés", permettant une des baisses de contamination "les plus fortes d'Europe". Selon lui, les conditions météorologiques sont la principale cause de la circulation encore active du virus. Des difficultés liées à l'évolution de l'épidémie sont d'ailleurs constatées dans "l'ensemble des pays de l'hémisphère nord".
En Europe, 14 millions de cas ont été dénombrés, dont 1 million ces sept derniers jours, lors desquels 29.000 décès ont été constatés. Aux Etats-Unis, 200.000 cas positifs et 3.000 décès sont à déplorer par jour, et en Asie, des hausses de près de 40% sont observées en Indonésie, en Corée du Sud, mais aussi au Japon, en Malaisie et aux Philippines.
En France, la stabilisation des cas "touche de façon presque uniforme l'ensemble du territoire métropolitain".
Si les Hauts-de-France, l’Île-de-France, la Nouvelle Aquitaine, la Normandie et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) enregistrent encore une légère baisse, les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Pays de la Loire et Corse ont atteint un plateau. Les régions Grand Est et Occitanie connaissent pour leur part une tendance "légèrement ascendante".
Le taux d’incidence reste ainsi supérieur à 100, voire à 150, pour 100.000 habitants, dans "de nombreux départements, en particulier dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté, en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Sud-Ouest".
Ces données induisent une "pression élevée en réanimation", en particulier en Auvergne-Rhône-Alpes et en Bourgogne-Franche-Comté, a précisé Jérôme Salomon.
La baisse des admissions à l’hôpital a particulièrement ralenti en Bourgogne-Franche-Comté, dans le Grand Est, en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et en Paca.
Au total, 26.365 personnes atteintes du Covid-19 sont hospitalisées en France, dont 3.198 en réanimation.
mjl-bd/vl/APMnews polsan-une

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