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La metformine associée à une réduction de la mortalité chez les femmes obèses ou diabétiques hospitalisées pour Covid-19

LONDRES, 8 décembre 2020 (APMnews) - La metformine a été significativement associée à une diminution de la mortalité chez les femmes obèses ou diabétiques de type 2 hospitalisées pour Covid-19, aucun bénéfice n’ayant été observé chez les hommes de même profil, selon une étude américaine publiée jeudi dans The Lancet Healthy Longevity.
Durant la pandémie de Covid-19, un âge avancé, le sexe masculin, le diabète et l’obésité ont très rapidement été identifiés comme des facteurs de risque majeurs de mortalité et de forme sévère de Covid-19.
Selon Carolyn Bramante de l’université du Minnesota à Minneapolis et ses collègues, cette différence entre les deux sexes pourrait s’expliquer par le fait que l’adiposité viscérale s’accumule à partir d'un indice de masse corporelle (IMC) plus faible chez les hommes.
Des études ont montré la metformine améliorait l’état inflammatoire des obèses ou diabétiques de type 2 en réduisant le TNF-α et des adipokines inflammatoires qui sont élevés chez ces patients. Or, ces cytokines et adipokines contribuent à la sévérité du Covid-19.
Dans une analyse de cohorte rétrospective utilisant les informations issues de la base de données Clinical Discovery Claims de l’United Health Group (UHG), ils ont étudié l’effet du traitement par metformine sur la mortalité liée au Covid-19 et regardé s’il existait des différences entre sexes.
Au total, 6.256 adultes obèses ou diabétiques de type 2 admis à l’hôpital pour un Covid-19 (confirmé par PCR) ont été inclus dans l’étude. Parmi eux, 52,8% étaient des femmes âgées en médiane de 73 ans.
Plus d’un tiers (37,3%) avaient reçu de la metformine pendant au moins 90 jours dans l’année précédant leur admission à l’hôpital.
Dans le groupe traité par metformine, 16,9% des patients sont décédés, contre 20,2% de ceux qui n’en avaient pas pris. Cette différence n’était pas jugée significative en analyse multivariée.

Un bénéfice chez les femmes, et non chez les hommes

Mais dans une analyse multivariée en sous-groupe réalisée selon le sexe, l'utilisation de la metformine était associée à une réduction significative de 21,5% de la mortalité chez les femmes alors qu’aucune association n’était observée chez les hommes.
Les auteurs suggèrent que cette différence entre sexes pourrait s’expliquer par le fait que la metformine réduit davantage le TNF-α chez les femmes que chez les hommes. Ils pointent également la modulation d’autres cytokines inflammatoires, notamment l’interleukine-10.
Ils soulignent que la metformine est sûre et accessible et pourrait donc être facilement employée en prévention.
Des études prospectives seront toutefois nécessaires pour confirmer ces résultats et, le cas échéant, comprendre les mécanismes sous-jacents, la durée et le moment adéquats pour un bénéfice optimal ainsi que les effets selon la sévérité de l’obésité.
(The Lancet Healthy Longevity, publication en ligne du 3 décembre)
vcd/fb/APMnews

[VCD1QL0HHT]

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