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Covid-19: le point sur l’épidémie en Europe

PARIS, 10 décembre 2020 (APMnews) - Alors que l’ensemble du continent européen est confronté à une deuxième vague épidémique, APMnews vous propose un tour d’horizon hebdomadaire (cf dépêche du 03/12/2020 à 15:52) des mesures prises chez nos principaux voisins pour lutter contre le Covid-19.

Allemagne

L’Allemagne (83 millions d’habitants) continue d’enregistrer des niveaux élevés de contaminations. Elle affichait jeudi un total de 1,24 million de cas et 20.372 décès, soit respectivement 23.679 et 440 de plus que la veille.
Mercredi, 4.278 patients étaient hospitalisés en soins intensifs (82% des lits occupés, patients Covid et non Covid confondus). La fédération hospitalière allemande a indiqué dimanche que par rapport à la première vague, il y a 40% de patients en plus en soins intensifs. Selon cette fédération, de nombreux établissements sont en passe d’atteindre leurs limites et sont contraints de refuser des patients non-Covid.
Un confinement "partiel" a été mis en place dans le pays depuis début novembre. La mesure, prolongée et renforcée depuis son entrée en vigueur, ne sera pas levée avant le 10 janvier 2021, a annoncé le gouvernement la semaine dernière. Des règles spécifiques ont été décidées pour les fêtes de fin d’année.
Pour la chancelière, Angela Merkel, l’Allemagne est dans une situation "très difficile" et les mesures actuelles ne permettront pas de "passer l’hiver" sans risque. "Se reposer sur l’espoir ne nous aidera pas", a-t-elle déclaré lundi. Elle plaide régulièrement auprès des Länder en faveur d’un renforcement des mesures sanitaires, mais ne parvient pas toujours à faire l’unanimité autour d’elle.
Face à l’augmentation des contaminations, la Saxe, région la plus touchée du pays, a placé depuis la semaine dernière sa population en quasi-confinement (seuls les déplacements jugés essentiels sont autorisés). L’exécutif local est allé plus loin mardi en annonçant la fermeture des écoles et des commerces non essentiels du 14 décembre au 10 janvier 2021. En Bavière, des couvre-feux locaux ont été mis en place de 21 heures à 5 heures, et les écoles ont été partiellement fermées depuis mercredi, jusqu’au 5 janvier 2021.
La limite imposée pour les rassemblements privés (cinq personnes hors enfants jusqu’à 14 ans issus de deux foyers maximum) sera portée à 10 uniquement du 24 au 27 décembre mais pas pour le Nouvel an. Il est par ailleurs demandé à la population d’éviter les déplacements non nécessaires. Mardi, le ministre fédéral de la santé, Jens Spahn, a estimé que si les chiffres ne baissaient pas au niveau national d’ici Noël, il faudra discuter de mesures plus drastiques, à l’image de celles prises en Saxe ou en Bavière.

Royaume-Uni

Le Royaume-Uni (62 millions d'habitants) totalisait 1,77 million de cas mercredi (+16.578 en 24 heures) et 62.564 décès (+533). Au 7 décembre, 15.254 patients étaient hospitalisés et, au 8 décembre, 1.272 étaient sous assistance respiratoire.
Après un confinement d’un mois, l’Angleterre a mis en place la semaine dernière un système de restrictions locales à trois niveaux variant en fonction du risque épidémique, rappelle-t-on. Les deux niveaux les plus élevés concernent 99% de la population.
A la suite de l’approbation du vaccin anti-Covid-19 de Pfizer/BioNTech par l’agence du médicament britannique, le Royaume-Uni a lancé mardi sa campagne vaccinale auprès des résidents et personnels de maisons de retraite, des personnes de plus de 80 ans et des professionnels de santé de "première ligne". Dès le lendemain, la Medicines and Healthcare Products Regulatory Agency (MHRA) a recommandé aux personnes ayant au moins un antécédent de réaction allergique sévère de ne pas se faire vacciner, après que deux patients ont rapporté une réaction anaphylactique grave post-administration.
Quelque 800.000 doses sont actuellement disponibles, permettant de vacciner complètement 400.000 personnes. Au total, le Royaume-Uni a précommandé 357 millions de doses de différents vaccins, dont 40 millions auprès de Pfizer/BioNTech.
Selon un sondage publié dimanche dans la presse, plus d’un tiers des Britanniques estiment peu probable qu’ils se fassent vacciner. Le premier ministre, Boris Johnson, a estimé dans la foulée que la population ne devrait pas en avoir peur et que ceux qui s'y opposent ont "totalement tort". L'équivalent du directeur général de la santé pour l’Angleterre, Chris Witty, a appelé mercredi les Britanniques à continuer de respecter les mesures barrières pendant la campagne de vaccination.

Italie

En Italie (60 millions d’habitants), les indicateurs épidémiques continuent de reculer. Le nombre de nouveaux cas s’établissait à 12.756 mercredi, portant le total à 1,77 million. S’agissant des décès, 61.739 étaient répertoriés, dont 499 pour la journée de mercredi. Sur les 6.500 lits de réanimation disponibles, 51% sont occupés par des patients Covid (versus 55,6% la semaine dernière).
Face à la deuxième vague, le pays a eu recours à un classement des régions en fonction du risque épidémique (zones rouge, orange ou jaune) avec des mesures adaptées à ce risque. En raison de la baisse des contaminations, quatre régions (Campanie, Toscane, Val d’Aoste, province autonome de Bolzano) sont passées du rouge à l’orange depuis dimanche. Actuellement, 12 régions sont en jaune, huit en orange et une en rouge (celle des Abruzzes, qui a toutefois choisi de se classer elle-même en orange depuis lundi).
Malgré la tendance favorable, les autorités appellent les Italiens à rester prudents. Si le taux de transmission de l’épidémie (R0) est désormais inférieur à 1, le danger n’est pas écarté, a souligné vendredi le ministre de la santé, Roberto Speranza. "Si nous baissons la garde, nous risquons de nous retrouver en janvier-février avec une nouvelle recrudescence" des contagions "et cela, nous ne pouvons pas nous le permettre", a-t-il déclaré.
Pour éviter une troisième vague après les fêtes de fin d’année, le gouvernement a prévu d’interdire les déplacements entre les régions entre le 21 décembre et le 6 janvier 2021 et entre les villes le jour de Noël, la veille, le lendemain et le jour de la Saint-Sylvestre.
En matière de vaccins, les autorités sanitaires ont indiqué qu’elles comptaient avoir bouclé la campagne de vaccination d’ici l’automne 2021. Elle débutera en janvier (3,4 millions de doses du vaccin de Pfizer/BioNTech doivent être livrées dans les prochaines semaines) mais le gros des vaccinations n’interviendra qu’au printemps.

Espagne

L’épidémie continue de refluer en Espagne (47 millions d’habitants), où 9.836 contaminations et 373 décès supplémentaires ont été enregistrés mercredi (données intégrant également la journée de mardi, fériée dans plusieurs régions espagnoles), portant le bilan à respectivement 1,71 million et 47.019.
Le nombre de patients hospitalisés atteint 12.158, dont 2.179 en soins intensifs. Au total, 9,9% des lits sont occupés, dont 22,9% en soins intensifs, contre respectivement 11% et 25,7% la semaine dernière.
Les indicateurs épidémiques ont retrouvé des niveaux qui n'étaient plus vus depuis août. L’Espagne est actuellement soumise à un confinement variant en fonction des décisions régionales.
La semaine dernière, le gouvernement et les régions sont parvenus à s’entendre sur les mesures temporaires valables pour les fêtes de fin d’année. Les déplacements interrégionaux seront autorisés entre le 23 décembre et le 6 janvier 2021, uniquement pour "les familles et les proches". Cette consigne fait l’objet de nombreux questionnements, les Espagnols se demandant qui, précisément, relèvent de la catégorie des "proches". En réponse, le ministre de la santé, Salvador Illia, a expliqué que les "proches" étaient des personnes avec lesquelles existent des "liens affectifs forts". Il a aussi appelé les Espagnols à être responsables s’agissant des rassemblements organisés pour les fêtes de fin d’année.
La Catalogne est l’une des premières régions à avoir levé, le 23 novembre, les mesures sanitaires qu’elle avait mises en place, autorisant notamment la réouverture partielle des bars et restaurants. Elle devait activer la phase 2 de son plan de déconfinement dans le courant de la semaine mais y a renoncé en raison d’une reprise des contaminations. Les hôpitaux y restent très sollicités.
Comme ses voisins européens, l’Espagne travaille sur sa stratégie vaccinale anti-Covid-19. Le premier ministre, Pedro Sanchez, a indiqué vendredi qu’il comptait avoir vacciné au moins un tiers de la population d’ici juin 2021. La vaccination sera gratuite et volontaire. Selon une enquête conduite par un institut public et diffusée vendredi, un tiers des Espagnols sont prêts à se faire immuniser mais 55% disent vouloir attendre de connaître les effets des vaccins. Il ressort aussi que 16,7% déclarent qu’ils ne se feront vacciner "en aucune circonstance", même si leur médecin le recommandait.

Belgique

En Belgique (11,5 millions d’habitants), la baisse des indicateurs épidémiques semble atteindre un plateau. Le nombre total de cas atteignait 597.643 jeudi (+3.071 en 24 heures) et le nombre de décès ressortait à 17.603 (+96). Les autorités ont constaté une légère hausse des admissions à l’hôpital au cours des derniers jours. Sur un total de 3.016 patients hospitalisés, 662 étaient en soins intensifs jeudi.
"La stabilisation des chiffres est arrivée bien plus tôt que prévu", a indiqué mercredi Steven van Gucht, porte-parole interfédéral Covid-19. "Tant les infections que les admissions à l’hôpital sont actuellement bloquées à un niveau qui est deux à trois fois plus élevé que les seuils de 800 infections et de 75 hospitalisations par jour que nous voudrions atteindre", a ajouté l’un de ses collègues, Yves Van Laethem.
Pour lutter contre l’épidémie, la Belgique a eu recours à un "confinement sans isolement" qui devrait être maintenu jusqu’à la mi-janvier 2021. Il a toutefois été allégé fin novembre avec la réouverture des commerces non essentiels.
Les autorités appellent à la vigilance lors des rassemblements organisés pour Noël et la Saint-Sylvestre. Pressé par les dirigeants francophones d’assouplir plusieurs mesures pour les fêtes, le premier ministre belge, Alexander de Croo, a répondu dimanche qu’il n’envisageait pas de desserrer l’étau avant la mi-janvier 2021, au vu des chiffres actuels. Une réunion est prévue vendredi 18 décembre afin d’évaluer la situation et de discuter de la campagne de vaccination, qui doit débuter en janvier 2021.
Afin d’éviter les déplacements et voyages à l’étranger à l’occasion de Noël et de la Saint-Sylvestre, la Belgique va réinstituer une obligation de tests et de quarantaine au retour des zones où la circulation épidémique reste très active (classées en rouge). Cette obligation avait été levée à la mi-octobre. A compter du 18 décembre, toute personne revenant d’une zone rouge devra passer 10 jours à l’isolement et être testée au bout de sept jours. La quasi-totalité des régions sont actuellement en zone rouge.

Suisse

La Suisse (8,5 millions d'habitants) est confrontée à une deuxième vague épidémique bien plus forte que la première. Si les indicateurs étaient à la baisse depuis début novembre, une hausse des contaminations a été relevée au cours des derniers jours. Le total des cas ressortait mercredi à 363.654 (+5.086 en 24 heures) et le bilan des décès à 5.203 (+87).
Pour Alain Berset, conseiller fédéral chargé de la santé, la situation est "préoccupante" et "très fragile". Pour la première fois depuis un mois, a-t-il indiqué vendredi, "nous avons plus de nouveaux cas annoncés que la semaine précédente, avec un nombre de tests comparables".
Dans les cantons francophones, qui ont été les plus touchés au début de la deuxième vague et ont donc pris des mesures plus fortes qu’ailleurs, les chiffres se sont stabilisés à un niveau élevé. En Suisse alémanique, en revanche, l’augmentation des cas est importante, ce qui a récemment conduit plusieurs cantons à imposer de nouvelles restrictions sanitaires.
Jusqu’ici, la Suisse a autorisé les cantons à prendre leurs propres mesures contre l’épidémie, tout en décrétant au niveau fédéral des mesures "minimales" valables pour tous. Toutefois, au vu de la dégradation de la situation, la latitude laissée aux cantons est en passe d’être remise en cause. Le gouvernement a en effet annoncé mardi son intention de renforcer et d’uniformiser le cadre sanitaire national.
De nouvelles mesures seront décidées lors d’une réunion prévue vendredi et s’appliqueront à partir de samedi, jusqu’au 20 janvier 2021. Le pouvoir fédéral propose aux cantons de fermer les restaurants, commerces, marchés et établissements de loisir et de sport à 19 heures en semaine, de les fermer complètement le dimanche, et de n’autoriser que les rassemblements de cinq personnes de deux foyers (autorisation d’aller jusqu’à 10 personnes du 24 au 26 décembre et le 31 décembre). Il souhaite aussi interdire les manifestations publiques (sauf fêtes religieuses), culturelles et professionnelles. Ces dernières sont actuellement autorisées, avec une jauge fixée à 50 personnes.
En matière de vaccination, la campagne sera lancée début janvier 2021, après homologation d’un premier vaccin par l’agence suisse du médicament. Elle devrait durer six mois jusqu’à l’été et viser 6 millions de personnes. Les populations à risque seront les premières ciblées: personnes âgées, diabétiques, personnes atteintes d’une pathologie respiratoire ou d’hypertension. La Suisse a précommandé 3 millions de doses de vaccins auprès de Pfizer/BioNTech, 7,5 millions auprès de Moderna et 5,3 millions auprès d’AstraZeneca.
gb/eh/APMnews

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