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Jean Castex dévoile un déconfinement "aux règles plus strictes" à partir du 15 décembre

PARIS, 10 décembre 2020 (APMnews) - Le gouvernement a choisi de durcir les mesures qui accompagneront le déconfinement à compter du mardi 15 décembre compte-tenu d'une évolution de la situation sanitaire qui "marque le pas" à l'approche des fêtes de fin d'année, a annoncé jeudi soir le premier ministre, Jean Castex, lors d'une conférence de presse.
"La situation s’est considérablement améliorée au cours des dernières semaines, mais elle marque le pas depuis quelques jours", a souligné le chef du gouvernement en préambule d'une conférence de presse pour laquelle il était accompagné du ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, et du ministre de l'intérieur, Gérald Darmanin.
"Nous ne serons pas le 15 décembre à l’objectif que nous nous étions fixé de passer en dessous de l’objectif des 5.000 nouveaux cas par jour", a-t-il prévenu, en faisant référence à l'objectif fixé fin novembre par le président de la République, Emmanuel Macron (cf dépêche du 24/11/2020 à 22:23).
Le premier ministre a expliqué que ce seuil constituait "le niveau à partir duquel nous pouvons réduire durablement le niveau de pression sur nos services hospitaliers et reprendre durablement le contrôle de l’épidémie en traçant et cassant toutes les chaines de contaminations, sans recourir à des mesures de confinement ou de freinage".
"Les semaines à venir présentent un certain nombre de facteurs de risque que nous n’avions pas rencontrés en mai dernier au moment du déconfinement", a poursuivi le premier ministre, "il est de notre devoir d’en tirer les conséquences et d’adapter les mesures que nous avions prévues de prendre".
Si Jean Castex a confirmé que le 15 décembre constituerait "une nouvelle étape", il a indiqué que les règles qui accompagneront ce nouveau déconfinement "seront plus strictes" que ce qui avait été initialement envisagé.

Une fermeture prolongée de 3 semaines pour plusieurs établissements recevant du public

La levée du confinement s'accompagnera de la mise en place d'un couvre-feu de 20h à 6h sur l'ensemble du territoire, à la seule exception de la soirée du 24 décembre.
Les établissements recevant du public (cinémas, théâtres, salles de spectacles, musées...) dont la réouverture était prévue mardi prochain resteront fermés 3 semaines supplémentaires, tandis que "les règles posées récemment pour les lieux de culte ne seront pas revues à la hausse".
Concernant les enceintes sportives, le chef du gouvernement a précisé que "la possibilité de les rouvrir à partir du 7 janvier" sera réexaminée "en fonction de la situation sanitaire à cette échéance" et des analyses qui seraient faites "des effets des fêtes de fin d’année sur la situation épidémique".
"L’ensemble de ces mesures nous permettent de maintenir la possibilité de circuler sur tout le territoire à partir du 15 décembre", a ajouté Jean Castex, "elles ne nous permettent pas en revanche de diminuer le télétravail partout où il est possible".
De son côté, Gérald Darmanin a confirmé que les attestations de déplacement ne seraient plus nécessaires à compter du 15 décembre.
Le ministre de l'intérieur a par la suite listé les différents motifs dérogatoires au couvre-feu: les déplacements entre le domicile et le lieu de travail, les déplacements pour raison de santé, pour un motif familial impérieux (garde d’enfant ou assistance à une personne vulnérable), pour une mission d’intérêt général ou pour promener un animal domestique à proximité de son domicile.
Au début de son allocution, le premier ministre a défendu le bilan des mesures sanitaires engagées par le gouvernement depuis fin octobre, avec la mise en place d'un couvre-feu puis d'un second confinement: "Si la France était parmi les pays européens les plus touchés fin octobre, la situation s’est inversée depuis. C’est probablement aujourd’hui en France que la situation a le mieux évolué depuis 6 semaines et c’est probablement en France que l’épidémie est le mieux maîtrisée par rapport à nos voisins."
Après avoir souligné que le nombre de nouveaux cas quotidiens était ainsi passé de 50.000 cas "à environ 10.000" et que la prévalence de l'épidémie dans la population française se situait à "107 cas pour 100.000 habitants, quand elle est encore à 150 en Allemagne, 250 en Italie ou 300 en Suisse", le premier ministre a tenu à pondérer ses propos: "Nous sommes sur une sorte de plateau, le nombre de nouvelles contamination ne se réduit plus et il tend même à légèrement réaugmenter depuis quelque jours. La partie est donc loin d’être gagnée."
"Nous ne sommes pas encore complètement sortis de la 2e vague: 11.000 nouveaux malades par jour, c’est beaucoup trop, et pire encore, le nombre de malades, donc la dynamique de l’épidémie, a arrêté de baisser depuis une semaine", a alerté de son côté Olivier Véran. "Ce soir, près de 14.000 nouveaux diagnostics de Covid ont été réalisés sur 24h contre 12.000 jeudi dernier."
Pour le ministre des solidarités et de la santé, cette évolution s'explique tant par "un relâchement collectif" et "un brassage plus important dans la population" que par "le facteur climatique", avec l'arrivée de l'hiver.
"Il y a déjà plus de malades hospitalisés au cours de la 2e vague qu’au cours de la 1ere vague", a-t-il poursuivi, "nous avons même atteint un pic à 33.500 malades, peu de temps après la mise en place du confinement".

Un Français "hospitalisé toutes les minutes" en raison du Covid

Alors que la France comptait 25.231patients hospitalisés en raison du Covid-19 jeudi soir, le ministre des solidarités et de la santé a rapporté qu'un Français était "hospitalisé toutes les minutes" en raison du Covid.
"Nous savons que ça ne baissera probablement plus d’ici une à deux semaines compte-tenu de la dynamique épidémique", a prévenu Olivier Véran.
"Si nous ne sommes pas juste sous la barre de 3.000 malades hospitalisés en réanimation pour atteinte à coronavirus [2.959 patients en réanimation jeudi soir], là aussi le rythme de la baisse est assez lent", a-t-il insisté, "ces dernières 24h, un malade a été placé d’urgence en réanimation toutes les 7 minutes".
Le ministre de la santé a rapporté que l'évolution de la situation avait par ailleurs conduit à de nouvelles "évacuations sanitaires en provenance de la région Bourgogne-Franche-Comté, où la situation reste préoccupante".
Il a par la suite détaillé avec le premier ministre les nouvelles orientations de la stratégie "tester alerter protéger" pour freiner l'épidémie (cf dépêche du 10/12/2020 à 21:11).
gl/san/APMnews polsan-une

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