dépêche

 - 

Vaccination anti-Sars-CoV-2: la HAS revoit à la marge sa recommandation sur les publics prioritaires

SAINT-DENIS (Seine-Saint-Denis), 21 décembre 2020 (APMnews) - La Haute autorité de santé (HAS) a estimé, dans une décision diffusée vendredi soir, que certains patients à risque non résidents en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) pouvaient aussi être considérées comme faisant partie des publics prioritaires pour la vaccination contre le Sars-CoV-2.
La HAS a diffusé le 30 novembre de premières recommandations sur la stratégie de priorisation des vaccinations anti-Sars-CoV-2 comprenant cinq phases, rappelle-t-on (cf dépêche du 30/11/2020 à 10:48 et dépêche du 30/11/2020 à 14:17).
Le gouvernement a annoncé le 3 décembre une campagne vaccinale en trois étapes en retenant pour la première les publics désignés comme prioritaires par la HAS, à savoir:
  • les résidents d’établissements accueillant des personnes âgées et les résidents en service de long séjour (soit environ 750.000 résidents)
  • les professionnels exerçant dans les établissements accueillant des personnes âgées présentant eux-mêmes un risque accru de forme grave ou de décès (plus de 65 ans et/ou présence de comorbidités) (soit 90.000 personnes).
Dans sa décision rendue publique vendredi soir, qui fait suite à une saisine de la direction générale de la santé (DGS), la HAS précise que les "les établissements considérés sont [...] ceux accueillants des résidents âgés de façon prolongée et ne se limitent pas aux seuls Ehpad [établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes] ou USLD [unités de soins de longue durée] mais aussi aux EHPA non médicalisés, aux résidences autonomie ou foyers-logements, etc."
Les établissement de soins de suite et de réadaptation (SSR) n'ont en revanche pas été retenus en phase 1 compte tenu d'un risque moindre d'exposition au Covid-19 (durée moindre de séjour d'en moyenne cinq-six semaines avec moins de vie en collectivité).
La HAS explique aussi que "les personnes en situation de handicap hébergées dans les établissements sociaux et médico-sociaux ne présentant pas de comorbidités et/ou d’âge élevé augmentant le risque de forme grave ne sont pas -à ce stade- identifiées comme population prioritaire".
"Toutefois, si des données épidémiologiques complémentaires le justifient et si les vaccins démontraient une efficacité sur la transmission, cette stratégie de vaccination serait bien évidemment actualisée", poursuit-elle.
La HAS rappelle qu'elle a identifié dans ses première recommandations les personnes atteintes de trisomie 21 comme à risque de forme grave ou de décès. Elle "confirme que ces patients sont considérés comme prioritaires pour la vaccination de la même manière que pour les autres patients ayant des comorbidités à risque".
Dans son communiqué, la HAS explique qu'"outre ces populations complémentaires, [elle] n’exclut pas que soit envisagée, dès le début de la campagne vaccinale et sur la base d’une appréciation du rapport bénéfice/risque individuel, la vaccination de sous-populations non priorisées du fait de leur âge mais particulièrement vulnérables et exposées au Covid-19. Il reviendra au médecin d’évaluer au cas par cas la pertinence de la vaccination -et de la proposer aux personnes pour lesquelles les risques liés à la Covid-19 apparaissent majeurs (par exemple aux sous-populations non âgées mais présentant des déficits immunitaires sévères, hémopathies malignes, insuffisants rénaux dialysés...)".
"D’une façon générale, la consultation médicale préalable à la vaccination au cours de laquelle sera prescrit le vaccin anti-Covid devra permettre d’évaluer au cas par cas la pertinence de la vaccination", indique-t-elle dans sa décision.

Pas de changement pour les femmes enceintes

Concernant par ailleurs les femmes enceintes, la HAS rappelle qu'elles ne font pas partie des populations à vacciner en priorité "en raison de l’absence de données sur cette population exclue des essais cliniques".
"De plus, les recommandations nationales étrangères (notamment anglaises) identifiées à ce stade ne recommandent pas la vaccination pendant la grossesse", ajoute-t-elle
La Haute autorité indique qu'elle "réétudiera l’opportunité de vacciner les femmes enceintes si de nouvelles données scientifiques permettent de l’envisager".
Un premier vaccin contre le Sars-CoV-2, BNT162b2 (Pfizer/BioNTech) pourrait être homologué en Europe avant Noël, rappelle-t-on (cf dépêche du 15/12/2020 à 15:52). La HAS prévoit alors de rendre un avis sur ce produit avant la fin de l'année.
eh/san/APMnews

[EH9QLLA0W]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi