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Covid-19: le circuit de distribution du vaccin de Pfizer/BioNTech précisé

(Par Marion-Jeanne LEFEBVRE)
CHANTELOUP-EN-BRIE (Seine-et-Marne), 22 décembre 2020 (APMnews) - Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a détaillé mardi le circuit que suivront en France les doses du vaccin contre le Sars-CoV-2 de Pfizer et BioNTech en vue de leur administration aux résidents et personnels d'Ehpad à partir de dimanche, à l'occasion d'un déplacement sur l'une des six plateformes logistiques qui les réceptionneront.
Au lendemain de l'autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne de Comirnaty*, le vaccin de Pfizer et BioNtech (cf dépêche du 21/12/2020 à 19:35), le ministre a assisté à un transfert "à blanc" de flacons vides transportés en conditions réelles depuis le centre de production du vaccin de Pfizer à Puurs (Belgique) jusqu'au centre du dépositaire Arvato Services Healthcare à Chanteloup-en-Brie.
Le transport depuis le site de production, assuré par Pfizer, puis le stockage doivent être réalisés à une température comprise entre -70°C et -80°C, rappelle-t-on.
Deux circuits logistiques sont prévus: l'un va passer par six plateformes de dépositaires, comme celle de Chanteloup-en-Brie, équipées de "super congélateurs" et qui vont pouvoir "irradier tout le territoire", a expliqué Olivier Véran. L'autre rassemble une centaine de sites, "la plupart du temps hospitaliers", soit environ un par département, qui fourniront des vaccins à l'ensemble des Ehpad en lien avec les hôpitaux.
Laure Brenas, présidente du dépositaire CSP et du conseil central C de l’ordre des pharmaciens, a indiqué à APMnews la semaine dernière qu'"entre 40 et 50 supercongélateurs de volumétrie différentes" sont répartis sur les sites des dépositaires, en fonction de la population qu'ils desserviront.
Ces supercongélateurs sont "capables de stocker des produits jusqu'à -80°", ils sont "sécurisés, normés, vérifiés, branchés sur des alarmes et équipés de systèmes d'information pour avoir une logistique la plus fine possible", a expliqué Olivier Véran mardi. Les produits seront conservés dans des "grands bacs de 50 kilos", capables de contenir 1.000 doses, selon des explications données lors de la visite du site mardi.
Les flacons, qui contiennent chacun cinq doses, seront ensuite "décongelés en chambre froide spécialisée, avant de pouvoir être distribués et dispatchés dans les centres, dans lesquels ils vont pouvoir être prétraités avant d'être envoyés dans les établissements pour personnes âgées", a expliqué le ministre. Ils seront alors transportés par cartons de 50 doses.

12 heures maximum de transport

Selon Laure Brenas, ce sont les dépositaires eux-mêmes qui assureront le transport de ces boîtes de vaccins, à l'aide de Carboglace* (glace carbonique), afin de livrer les doses aux officines référentes des Ehpad. Elles gèreront la distribution aux établissements.
Les dépositaires sont équipés pour réaliser cette tâche, a affirmé Laure Brenas à APMnews mardi. "Il y a une activité qualifiée de vente directe qui existe depuis de nombreuses années et un très bon exemple est celui du vaccin contre la grippe, qui est lui aussi à livrer en 2° et 8° aux officines", a-t-elle détaillé.
Le transport ne doit pas dépasser 12 heures au total et le stockage, une fois le vaccin décongelé, cinq jours. "Chacun de ces vaccins a déjà sa destination finale. Chaque vaccin est déjà alloué à un résident", a expliqué Olivier Véran. 14.000 établissements seront ainsi couverts, en métropole et en outre-mer.
Pour chaque patient, le consentement sera recueilli, ainsi que l'avis du médecin généraliste. "Cela va prendre un petit peu de temps avant de se mettre en place. Ce délai nous permet d'aller au plus juste pour éviter d'envoyer trop de vaccins dans un Ehpad", a indiqué Olivier Véran.
Selon le ministre, quelques dizaines de milliers de doses de Comirnaty* seront livrées "dans les prochains jours". "A la fin du mois, un peu plus d'un million de doses seront livrées. En janvier, encore quelques de centaines de milliers de doses et en février un peu plus d'un million" a-t-il détaillé.
Il a assuré qu'il n'y aura pas de problème de stockage. "Dans ces congélateurs [du site de Chanteloup-en-Brie, ndlr], on pourrait stocker plusieurs centaines de milliers de doses", a illustré le ministre.
Il a par ailleurs affirmé que le vaccin était acheté à "une dizaine d'euros l'unité".
Les vaccinations pourront débuter dès lors que la Haute autorité de santé [HAS] aura rendu son avis. Selon Olivier Véran, l'autorité indépendante "nous dit qu'elle pourrait donner son avis dans les prochaines heures à prochains jours, vraisemblablement d'ici au 26 [décembre], peut-être un peu avant".
mjl/eh/APMnews

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