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Vaccination anti-Covid: les étapes de la montée en charge jusque fin février

PARIS, 26 décembre 2020 (APMnews) - La campagne de vaccination contre le Covid-19 des personnes vulnérables résidant en établissement de longue durée va se déployer progressivement selon plusieurs étapes jusque fin février 2021, qui ont été précisées samedi auprès de la presse par les cabinets du premier ministre, Jean Castex, et du ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran.
La campagne de vaccination contre le Sars-CoV-2 est lancée dimanche au sein de l'unité de soins de longue durée (USLD) de l'hôpital René-Muret (AP-HP) à Sevran (Seine-Saint-Denis) et dans l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Champmaillot du CHU Dijon-Bourgogne, rappelle-t-on (cf dépêche du 24/12/2020 à 18:07).
Cette première étape "symbolique" va précéder un déploiement très progressif de la première phase de la campagne, ont confirmé samedi les entourages du premier ministre et du ministre des solidarités et de la santé (cf dépêche du 23/12/2020 à 11:31).
"Aujourd'hui, les premières doses sont arrivées à Paris, Tours, Lyon et Lille", a précisé le cabinet d'Olivier Véran, en référence aux "établissements pivots" chargés de stocker les doses, en l'occurrence des CHU. Elles sont "en acheminement vers les établissements dans lesquels les premières vaccinations vont avoir lieu".
A ce jour, un seul vaccin a été approuvé dans l'Union européenne, celui de Pfizer et BioNTech, Camirnaty* (ex-BNT162b2), rappelle-t-on.
Le décret permettant le lancement de la campagne de vaccination est paru samedi au Journal officiel. Il précise notamment les modalités de distribution du produit, l'organisation de la vaccination et les compétences des professionnels de santé vaccinateurs (médecins traitants et médecins coordonnateurs, ainsi que les infirmiers qui pourront vacciner sous leur contrôle).

Une cible de 15 millions de personnes d'ici l'été

Dimanche sera le premier jour de vaccination "pour l'ensemble de l'Union européenne", a souligné une source proche d'Olivier Véran. Ce lancement de la campagne concernera demain matin "une dizaine de résidents et un médecin de plus de 65 ans, donc dans la priorisation définie par la Haute autorité de santé [HAS]" à l'USLD de l'hôpital René-Muret et, en début d'après midi, "quelques résidents" à l'Ehpad de Dijon, de même qu'un professionnel de santé.
"A partir de la semaine prochaine, on va avoir progressivement quelques établissements supplémentaires dans lesquels la vaccination va avoir lieu". Il s'agira de 23 établissements "liés aux 4 établissements qui ont reçu les doses". La liste devrait être précisée en début de semaine.
Dans les deux premières semaines de janvier 2021, la campagne sera progressivement intensifiée, "avec quelques centaines d'établissements" supplémentaires. La "campagne active" de vaccination débutera à la mi-janvier 2021 dans l'ensemble des établissements accueillant des personnes âgées.
Le cabinet d'Olivier Véran a précisé que quelques Ehpad privés commenceront à vacciner "dès la semaine prochaine", notamment en Ile-de-France, et que les "quelques centaines d'établissements" qui se lanceront dès le 4 janvier 2021 "sont issus tant du secteur privé que du public".
La première étape de la campagne vaccinale, qui concerne "environ 1 million de personnes qui sont les personnes très âgées en établissement" ainsi que les professionnels à risque qui y travaillent, est découpée "en quatre sous-blocs", a indiqué le cabinet de Jean Castex.
Elle comprend "la phase préparatoire" qui a débuté après le feu vert de la Haute autorité de santé (HAS) au vaccin de Pfizer/BioNTech mercredi (cf dépêche du 24/12/2020 à 13:18), permettant notamment d'organiser le recueil du consentement des résidents. Ensuite viendra le démarrage "en rythme de croisière" de la vaccination dans les Ehpad et USLD, à partir de mi-janvier, l'objectif étant de proposer jusque début février la vaccination à "100% des résidents des 8.000 Ehpad et USLD" de France, soit 700.000 personnes. Cette étape, compte-tenu de la deuxième injection, doit être achevée fin février.
Les résidences autonomie et les résidences services seniors, "qui représentent environ 200.000 personnes", seront concernées à partir de "début février". La vaccination en foyer pour travailleurs migrants et établissement pour personnes handicapées "interviendra plutôt fin février".
La deuxième étape sera organisée de février jusqu'au printemps, visant les personnes de plus de 65 ans et les professionnels de santé présentant des vulnérabilités. La cible sera encore élargie lors d'une troisième étape.
"On a au moins six mois devant nous avant d'achever la campagne de vaccination", qui va "monter progressivement en charge à mesure que les différents vaccins vont arriver sur le marché", a souligné une source proche du premier ministre.
La France dispose d'un "portefeuille constitué de cinq vaccins", dont le premier disponible est donc celui développé par Pfizer et BioNTech. Il doit être suivi par celui de Moderna, qui doit être évalué par le comité des médicaments à usage humain (CMUH) de l'Agence européenne du médicament (EMA) le 6 janvier 2021 (cf dépêche du 21/12/2020 à 19:35).
Devraient ensuite arriver trois autres vaccins "dans les prochains mois", celui d'AstraZeneca "au premier trimestre", et ceux de CureVac et de Janssen (groupe Johnson & Johnson, J&J), a-t-on indiqué à Matignon. L'ensemble de ces cinq vaccins doit permettre de vacciner "environ 15 millions de personnes", ce qui représente "une cible minimale à horizon de cet été".
D'un point de vue logistique, le flux qui passe par les plateformes régionales va desservir plus de 6.000 établissements via 4.000 pharmacies à usage intérieur (PUI) référentes. Cela signifie, pour chaque livraison de doses, "la première puis la deuxième, plus de 600 rotations de camions", compte tenu du temps de transport, qui doit être court. En moyenne, "le nombre de rotation par jour est de 50".
Le deuxième flux est organisé via "100 points de livraison", c'est-à-dire les établissements pivots dotés de super congélateurs pour stocker les doses à environ -80°C, qui vont acheminer les doses vers les structures hospitalières.

Près de 68 millions de doses d'ici au 1er juillet 2021

D'ici au 1er juillet, l'Etat a contractualisé pour 67,9 millions de doses au total, selon le cabinet d'Olivier Véran, qui a précisé la répartition suivante:
  • Pfizer/BioNTech: 16,4 millions
  • AstraZeneca: 27,9 millions
  • Moderna: 6,9 milllions
  • CureVac: 8,3 millions
  • Janssen: 8,4 millions
"Les livraisons se font au fil de l'eau et compte tenu d'ajustements tenant aux discussions avec la Commission européenne et les industriels".
"En tenant compte de la double injection, et de pertes de doses du fait notamment du conditionnement en multidoses, ces 67,9 millions de doses permettent théoriquement de sécuriser 27 millions de vaccinations", a précisé le ministère.
"Cela signifie qu'il existe une marge importante par rapport à la cible vaccinale de 15 millions. Par ailleurs, les livraisons de janvier et février [2021] garantissent la capacité à vacciner la cible de l'étape 1", soit les personnes âgées vivant en établissement ou accueillies en USLD.
S'agissant de l'organisation de la vaccination, la concertation avec les fédérations du secteur des personnes âgées a débouché sur la diffusion d'un guide, a rappelé le cabinet de Brigitte Bourguignon.

Supports d'information pour les établissements

Des supports d'information, sous forme d'affiches, élaborés avec l'équipe du Pr Alain Fischer, le "monsieur vaccin" du gouvernement, "vont être diffusés le plus largement possible dans les établissements", a indiqué une source gouvernementale.
Une partie concerne les professionnels de santé concernés par la vaccination (pourquoi vacciner, professionnels prioritaires, recueil du consentement), une autre les résidents et leurs familles (enjeux de la vaccination, bénéfices-risques, modalités du recueil du consentement) et une troisième, à destination des soignants, répond en quelques points aux questions sur le fonctionnement du vaccin, son efficacité, les éventuels effets secondaires et les règles du libre choix.
Les infirmiers qui pourront vacciner à condition qu'un médecin puisse intervenir à tout moment peuvent être salariés de l'établissement ou libéraux, avec "un dispositif de tarification spécifique", a précisé le cabinet de Brigitte Bourguignon.

Efficacité sur les variants du Sars-Cov-2: des éléments "concrets" attendus du Royaume-Uni

S'agissant l'efficacité du vaccin sur les variants du Sars-Cov-2 (cf dépêche du 26/12/2020 à 09:43), "les experts vaccinaux considèrent que les vaccins actuels semblent efficaces même sur ces mutants", a répété la direction générale de la santé samedi. "La souche qui a muté en Grande-Bretagne est la souche qui domine désormais en Angleterre", où la vaccination a commencé. Donc, nous disposerons "des éléments très concrets sur l'efficacité de la vaccination dans cette population".
"De même, les laboratoires [pharmaceutiques] ont annoncé regarder de près quel serait l'impact de ces souches sur leur vaccin et ont affirmé leur capacité de s'adapter si besoin dans les prochains mois, les prochaines années, si ce virus devait évoluer", a ajouté une source proche de la DGS.
mlb/eh/APMnews polsan-une

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