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Vaccination anti-Covid: après le coup d'envoi, début d'une semaine "pilote"

SEVRAN (Seine-Saint-Denis), DIJON, 28 décembre 2020 (APMnews) - Après le coup d'envoi de la campagne de vaccination en France donné dimanche dans deux établissements, en Seine-Saint-Denis et en Côte-d'Or, ce lundi débute une semaine "pilote", avec notamment 10 nouvelles opérations en Ile-de-France, a précisé le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS), Aurélien Rousseau, dimanche à APMnews.
La campagne de vaccination contre le Covid-19 a été officiellement lancée dimanche matin au sein de l'unité de soins de longue durée (USLD) de l'hôpital René-Muret, à Sevran (Seine-Saint-Denis, AP-HP), en présence notamment du directeur général de l'ARS Ile-de-France, du directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, et du Pr Catherine Paugam, sa directrice générale adjointe.
Au cours de cet événement symbolique, le vaccin de Pfizer/BioNTech (Comirnaty*) a été pour la première fois administré en France, à une patiente de 78 ans puis à un professionnel de santé entrant également par son âge dans la catégorie des publics prioritaires, le Dr Jean-Jacques Monsuez, cardiologue à l'hôpital René-Muret. Dimanche, 9 personnes ont été vaccinées dans cette USLD, qui compte 90 patients.
Le coup d'envoi a également été donné quelques heures plus tard, en début d'après-midi, en Bourgogne-Franche-Comté, où le virus circule encore très activement, au centre gériatrique Champmaillot du CHU Dijon-Bourgogne.
Un résident de 92 ans de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), un patient de 80 ans hébergé en USLD et un autre professionnel de santé, Pierre Jouanny, professeur en gériatrie, ont été les premiers à y être vaccinés.
Le ministère des solidarités et de la santé et Matignon ont précisé samedi que ce lancement serait suivi d'une montée en charge très progressive de la campagne, qui devrait concerner 23 établissements volontaires cette semaine, sachant que 4 "établissements pivots" ont déjà été livrés en doses vaccinales -l'AP-HP, les CHU de Tours et Lille et les Hospices civils de Lyon (HCL), rappelle-t-on (cf dépêche du 24/12/2020 à 18:07).
Quelques centaines d'établissements devraient être concernés avant le déploiement plus massif de la campagne, à partir de mi-janvier, pour atteindre une cible de 15 millions de personnes vulnérables avant l'été (cf dépêche du 26/12/2020 à 20:39).
Au sein de l'USLD de l'hôpital René-Muret, le recensement des patients ayant donné leur consentement est encore en cours pour établir des listes et procéder à la planification de la vaccination, a expliqué à APMnews le Dr Anne Jacolot, responsable de la pharmacie à usage intérieur (PUI), en marge de l'événement.
Le processus pourra prendre plus d'ampleur après la période de congés, a-t-elle relevé. Dès que ces informations seront "transmises aux pharmaciens, ce sera le point de départ de la commande, et on se fera livrer des vaccins depuis l'Ageps [Agence générale des équipements et produits de santé de l'AP-HP]".
L'AP-HP a reçu un "super-congélateur" de Santé publique France pour stocker les doses de vaccins à -80°C, a rappelé à APMnews le Pr Catherine Paugam (cf dépêche du 21/12/2020 à 18:58). L'institution est "établissement porteur" pour ses hôpitaux et 12 Ehpad publics de Paris et des Hauts-de-Seine, a-t-elle précisé.
L'Ageps a été livrée samedi de 19.500 doses (pour la première et deuxième injection, à 21 jours), dont certaines ont été envoyées à Dijon pour les premières vaccinations, et attend des flacons supplémentaires à partir de lundi pour vacciner progressivement dans ses USLD et les établissements qu'elle doit approvisionner.
Il est encore tôt pour avoir une visibilité globale sur le taux de consentements recueillis, puisque le feu vert de la Haute autorité de santé (HAS) au vaccin de Pfizer/BioNTech a été donné le 24 décembre, a relevé le Pr Catherine Paugam.
Pour autant, la disponibilité "d'informations transparentes participe à rassurer et à informer les gens pour qu'ils puissent être en mesure d'exprimer leur consentement avec des informations claires, loyales et compréhensibles, c'est un point majeur, tant pour les patients que pour les professionnels", a-t-elle souligné.
En Ile-de-France auront lieu cette semaine "10 opérations" de vaccination dans les établissements (4 seront approvisionnés par le circuit des officines) et il y en aura "une quarantaine la semaine suivante", a précisé Aurélien Rousseau à APMnews.
Après René-Muret, à l'AP-HP, les USLD des hôpitaux Broca-La Collégiale (Paris) et Louis-Mourier (Colombes, Hauts-de-Seine), seront les premiers concernés dès cette semaine, a-t-on appris auprès de l'institution.

De premiers éléments "intéressants" sur le recueil du consentement

"A partir du milieu du mois de janvier, on aura eu le temps de recueillir beaucoup plus massivement des consentements, donc à ce moment se déploiera la vaccination à très grande échelle."
"Dès la semaine du 4 janvier, on aura au minimum 4 ou 5 établissements -USLD ou Ehpad- dans chaque département de la région, où il y aura des opérations de vaccination", a-t-il pointé.
Dans plusieurs Ehpad, "on a de premiers éléments sur le recueil du consentement assez intéressants pour la semaine prochaine", a esquissé Aurélien Rousseau. "C'est très hétérogène, mais on a un établissement dans lequel on peut faire 60" vaccinations cette semaine, "sur 120 résidents", a-t-il illustré. "Plus on va avancer", plus l'expression de la volonté de se faire vacciner pourrait progresser, a-t-il estimé.
Le choix a été fait de "prendre le temps de ce recueil, qui est un des piliers essentiels pour la confiance", a-t-il commenté.
L'Ile-de-France est dotée d'un "super-congélateur" par département, a précisé Aurélien Rousseau, citant l'Ageps pour l'AP-HP, le CH de Versailles (Yvelines), de Pontoise (Val-d'Oise), l'hôpital de Melun et "Sainte-Anne [GHU Paris psychiatrie & neurosciences] qui va desservir le Val-de-Marne".
La première phase de la campagne vaccinale, qui concerne les personnes âgées accueillies dans des structures collectives et les professionnels qui exercent auprès d'eux lorsqu'ils sont à risque de forme grave de Covid-19, vise environ 100.000 personnes âgées en Ile-de-France, précise l'ARS dans un communiqué de dimanche.
La campagne "se poursuivra au cours de la semaine 'pilote' du 28 décembre auprès de résidents volontaires d’USLD et d’Ehpad dans les départements des Hauts-de-Seine, de Paris et des Yvelines".
Elle s’amplifiera "sur la base d’un plan de transport donnant aux Ehpad et aux USLD de la région les dates de livraisons des vaccins pour qu’ils puissent recueillir le consentement des personnes et organiser leur campagne de vaccination, sur la base du guide" reçu le 23 décembre, explique l'agence (cf dépêche du 23/12/2020 à 19:00 et dépêche du 23/12/2020 à 18:44).
A partir du 4 janvier, 80% des flux d'approvisionnement passeront par les officines, 20% par les établissements "congélo-porteurs", selon un document qu'elle a diffusé sur Twitter.
En Bourgogne-Franche-Comté, l'ARS a indiqué à APMnews que les informations sur la suite de la campagne seraient communiquées après le lancement de dimanche.
"La PUI du CHU Dijon-Bourgogne s’est vue dotée d’un congélateur pour le stockage et la dispensation des vaccins Covid-19 pour les Ehpad et établissements publics du département", souligne le CHU dans un dossier de presse.
"La campagne de vaccination auprès des personnes âgées se poursuivra dans les jours et semaines à venir. Celle à l’attention des professionnels de l’établissement prendra toute son ampleur à partir de début janvier", fait-il savoir. Il précise estimer à entre 50 et 100 le nombre de professionnels à risque de forme à grave (phase 1) au sein de son pôle personnes âgées.
Il note en attendant "une augmentation de 13% du nombre de professionnels vaccinés contre la grippe par rapport à 2019, ce qui porte le taux du CHU à 40% sur l’hiver 2020-2021".
mlb/ab/APMnews

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