dépêche

 - 

Réduction des infections par le VHC chez les HSH VIH+ depuis l'arrivée des AAD (étude néerlandaise)

LONDRES, 28 décembre 2020 (APMnews) - L'introduction des traitements antiviraux d'action directe (AAD) contre le virus de l'hépatite C (VHC) aux Pays-Bas a été suivie d'une baisse des infections par ce virus chez les HSH VIH+, suggérant que ce traitement a eu un effet préventif à l'échelle de cette population.
Cette étude a été publiée dans le Lancet HIV.
Colette Smit de Stichting HIV Monitoring à Amsterdam et ses collègues ont suivi dans la cohorte ATHENA 23.590 patients VIH+ qui étaient initialement VHC-. Parmi eux, 1.269 premières infections par le VHC ont été documentées durant le suivi de cette cohorte de 2000 à 2019.
Le risque d'infection par le VHC était significativement plus élevé dans la sous-population des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) que dans les autres sous-populations, y compris les usagers de drogues par voie intraveineuse.
Mais les chercheurs ont noté un impact significatif de l'arrivée des antiviraux d'action directe contre le VHC.
Alors que chez ces HSH VIH+, l'incidence du VHC était montée à 14,3 infections/1.000 patients-années en 2007 puis a fluctué entre 8 et 13 infections/1.000 patients-années entre 2008 et 2015, elle a commencé à diminuer à 6,1 infections/1.000 patients-années en 2016 au début de l'arrivée de ces nouveaux traitements puis est descendue entre 4,1 et 4,9 infections/1.000 patients-années depuis lors.
Cette baisse n'était pas liée à une évolution des âges des personnes suivies, ni à la charge virale du VIH ou au taux de CD4, ni à la fréquence des tests de dépistage du VHC, notent les auteurs.
Au regard de la rapidité à laquelle les traitements antiviraux d'action directe ont été utilisés aux Pays-Bas (ils ont été autorisés sans restriction) et du taux élevé de réponse virologique soutenue, ces résultats "suggèrent un effet du traitement comme prévention" (Treatment as prevention -Tasp), commentent-ils. "Nos résultats apportent des preuves qu'une utilisation large des antiviraux d'action directe diminue l'épidémie de VHC dans cette population clé."
Ils ont par ailleurs constaté que dans une cohorte de 1.866 patients qui avaient déjà été infectés par le VHC, le taux de réinfection était élevé (avec toutefois aussi une baisse après 2016.
Chez les patients HSH VIH+ avec antécédent de VHC, le taux de réinfection fluctuait entre 38 et 88,9/1.000 patients-années entre 2000 et 2015, puis a diminué progressivement jusqu'à 11,4 réinfections/1.000 patients-années en 2019. Une baisse significative, mais pour arriver à un taux de réinfection qui reste presque triplé par rapport aux premières infections.
Ainsi, si l'étude suggère que les traitement antiviraux directs ont un effet de Tasp à l'échelle de la population, des infections par le VHC continuent de survenir, particulièrement dans le sous-groupe de patients déjà infectés dans le passé, et il est donc nécessaire d’avoir d’autres moyens de prévention (dépistage, interventions comportementales), concluent les auteurs.
(The Lancet HIV, publication en ligne du 22 décembre)
fb/ab/APMnews

[FB1QM20LK]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi