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Cancer du foie : les IPP associés à une surmortalité chez les patients traités avec un inhibiteur de tyrosine kinase

LONDRES, 4 janvier 2021 (APMnews) - Chez les patients atteints de carcinome hépatocellulaire et traités par inhibiteur de tyrosine kinase, la prise concomitante d'inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) est associée à une surmortalité, selon des données rétrospectives taïwanaises publiées dans Gut.
Les inhibiteurs de tyrosine kinase constituent des traitements standards dans le carcinome hépatocellulaire avancé, mais leur efficacité est "loin d'être idéale", pointent Chun-Ying Wu de l'université nationale Yang-Ming à Taipei et ses collègues. Les inhibiteurs de la pompe à protons pourraient altérer leur efficacité en supprimant l'acidité intragastrique. Il a déjà été constaté que leur utilisation concomitante était associée à une surmortalité chez les patients atteints de cancer du poumon.
L'équipe taïwanaise a voulu savoir s'ils pouvaient avoir impact chez les patients traités pour carcinome hépatocellulaire.
Les chercheurs ont conduit une étude sur une cohorte nationale comprenant les patients hospitalisés pour un cancer primitif du foie entre 2000 et 2017 et traités pendant plus de 28 jours par mois et durant au moins deux mois avec un inhibiteur de tyrosine kinase : sorafénib (Nexavar*, Bayer), régorafénib (Stivarga*, Bayer), lenvatinib (Lenvima*, Eisai/Merck & Co) et cabozantinib (Cabometyx*, Exelixis/Ipsen). Les patients ayant pris concomitamment un inhibiteur de la pompe à protons pendant au moins 28 jours par mois et pendant au moins deux mois ont été considérés comme exposés.
Le principal critère d'évaluation choisi par l'équipe était la mortalité à un an.
L'analyse a été conduite auprès de plus de 10.200 patients traités par inhibiteur de tyrosine kinase pour le traitement de leur carcinome hépatocellulaire, parmi lesquels près de 2.200 exposés aux IPP.
Les chercheurs rapportent une surmortalité significative de 30% dans le groupe de patients exposés aux IPP. Cette surmortalité était corrélée à la fréquence d'exposition aux IPP.
Par ailleurs, le taux d'arrêt de l'inhibiteur de tyrosine kinase était légèrement plus important dans le groupe de patients exposés aux IPP.
(Gut, publication en ligne du 21 décembre)
vib/ab/APMnews

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