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Covid-19: le gouvernement conteste les accusations de lenteur dans le déploiement de la campagne vaccinale (actualisation)

(Ajout de l'audition d'Olivier Véran à l'Assemblée nationale mardi)
PARIS, 7 janvier 2021 (APMnews) - Le premier ministre Jean Castex et le ministre des solidarités et de la santé Olivier Véran ont contesté, jeudi soir lors d'un point presse, les accusations de lenteur dans le déploiement de la campagne vaccinale contre le Covid-19 en France, tout en annonçant que le début de la vaccination des personnes de 75 ans et plus vivant à domicile serait avancé au lundi 18 janvier.
Le Sars-CoV-2 circulant toujours activement en France, le premier ministre a annoncé que le couvre-feu serait prolongé au moins jusqu'au 20 janvier et qu'il pourrait être avancé à 18 heures dans dix nouveaux départements de l'Est de la France à compter de dimanche (cf dépêche du 07/01/2021 à 21:21).
Mais alors que la crise sanitaire liée au Covid-19 dure "depuis maintenant 10 mois", il a estimé que 2021 serait "l'année de l'espérance", et ce, notamment grâce à la campagne de vaccination.
Cette campagne "suscite des attentes, qui sont légitimes, mais aussi des interrogations, qui le sont tout autant", a admis Jean Castex.
"En revanche elle a donné lieu ces derniers jours de la part de certains à des propos et des critiques parfois outranciers", a-t-il regretté. Si le programme de vaccination a en effet "démarré plus lentement que dans d'autres pays", c'est en raison du choix de la France de "respecter les principes et les priorités" fixés par la HAS, selon lesquels la priorité est de vacciner les personnes âgées et souffrant de maladies chroniques, qui sont les plus vulnérables face au virus, a-t-il expliqué.
Le calendrier avait en outre été "annoncé, partagé, concerté avec les professionnels de santé, avec les associations d'élus, au cours de nombreuses réunions", puis présenté lors d'un point presse début décembre (cf dépêche du 03/12/2020 à 22:36) et détaillé devant le Parlement mi-décembre (cf dépêche du 16/12/2020 à 18:47 et dépêche du 17/12/2020 à 15:49), a fait valoir le premier ministre.
Il est selon lui "indispensable" de vacciner en priorité les résidents d'Ehpad et d'unités de soins de longue durée (USLD), avec recueil du consentement dans le respect des personnes et de leur famille, et même si cela "ne permet pas de faire du chiffre".
Alors que les premières vaccinations au sein d'Ehpad ont débuté le 27 décembre en France (cf dépêche du 26/12/2020 à 20:39 et dépêche du 28/12/2020 à 09:21), Romy Lasserre, directrice d'un Ehpad de 94 résidents à Paris (Ehpad Pean, groupe associatif ACPPA), est intervenue au cours de ce point presse pour témoigner de la façon dont était déployée la vaccination au sein de son établissement.
Elle a notamment souligné que la "phase d'échange et d'information" était "essentielle" pour aboutir à un "climat de confiance et de sérénité", et ainsi "évacuer les inquiétudes" et "lever les doutes".

45.000 personnes vaccinées "au cours des cinq derniers jours"

Jean Castex a rappelé que cette première phase de vaccination en Ehpad se poursuivrait jusqu'à fin janvier-début février, et que la France serait "en capacité de vacciner" d'ici-là "au moins un million de personnes" -soit un nombre équivalent, au prorata, à celui des autres pays européens.
Pour répondre à la demande du président de la République, formulée à l'occasion de ses voeux à la Nation le 31 décembre (cf dépêche du 31/12/2020 à 21:20), d'aller "encore plus vite", le premier ministre a annoncé que les personnes de 75 ans et plus vivant à domicile, ciblées dans la deuxième phase de la campagne vaccinale, pourraient se faire vacciner non pas à partir de février tel qu'initialement prévu, mais dès le 18 janvier.
Il a par ailleurs pointé que plus de 45.000 personnes avaient été vaccinées "au cours des cinq derniers jours" et a notamment rappelé que les professionnels de santé et les aides à domicile de plus de 50 ans pouvaient également, depuis lundi, se faire vacciner (cf dépêche du 05/01/2021 à 10:34).
Il a en outre rappelé qu'un centre de vaccination par département était d'ores et déjà ouvert, soit 100 sur le territoire, et que ce nombre devait passer à 300 dès lundi et à 600 d'ici la fin janvier.
Les directeurs généraux des agences régionales de santé (ARS) et les préfets de région sont "garants du déploiement de la stratégie vaccinale", a exposé Jean Castex, ajoutant que les préfets départementaux seraient les "patrons", les pilotes des opérations logistiques de vaccination, avec l'appui des délégués territoriaux des ARS. Ce travail sera fait avec les élus locaux, maires et présidents d'agglomérations, et "les organisations retenues pourront varier selon les départements et territoires".
Estimant que les démarches "pour les populations moins fragiles" avaient été simplifiées par rapport à celles édictées en décembre -alors qu'on avait encore "peu de recul"- pour "les personnes très vulnérables en Ehpad", Jean Castex a laissé son ministre de la santé les détailler.

L'injection de la deuxième dose possible jusqu'à 6 semaines

Olivier Véran a expliqué que les personnes de 75 ans et plus pourraient, "dès la semaine prochaine", prendre rendez-vous pour se faire vacciner, soit par téléphone (le numéro sera "communiqué prochainement"), soit sur le site internet santé.fr. Ces plateformes seront ouvertes le jeudi 14 janvier.
Concrètement, les personnes concernées seront libres de consulter un médecin au préalable mais sans que ce soit obligatoire, elles s'inscriront par téléphone ou sur internet et réserveront un créneau de rendez-vous. Lors de la vaccination, elles devront d'abord répondre à des questions concernant notamment leurs antécédents éventuels de Covid-19, de vaccination antigrippale, d'allergies ou de traitements particuliers. A l'issue de l'injection, elles seront surveillées pendant 15 minutes. Elles devront enfin répéter cette procédure dans les semaines qui suivent pour recevoir une deuxième dose.
Olivier Véran a à ce titre annoncé que "les autorités sanitaires françaises" venaient de valider la possibilité de différer l'injection de la deuxième dose jusqu'à 6 semaines, au lieu des 3 semaines initialement prévues. "Cela nous permet de disposer de davantage de doses disponibles tout de suite."
L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a en effet publié, de façon concomitante au point presse, un avis concernant la seconde dose du vaccin Comirnaty* de Pfizer/BioNTech. Le délai d'administration de cette deuxième dose peut ainsi "être envisagé entre 21 et 42 jours au vu des circonstances actuelles spécifiques, afin d'élargir la couverture vaccinale des personnes prioritaires".
L'agence pointe néanmoins qu'il est "nécessaire de maintenir l'administration de deux doses de vaccins aux personnes vaccinées".
Olivier Véran a par ailleurs tenu à démentir certaines rumeurs laissant entendre qu'un consentement écrit serait exigé pour procéder à la vaccination et qu'un délai de cinq jours serait requis entre le consentement et la vaccination.

Les premières doses du vaccin de Moderna livrées dès lundi

Le ministre a insisté sur le fait que le vaccin de Pfizer/BioNtech était "sûr" et que ses effets indésirables étaient "extrêmement rares", concernant un cas pour 100.000 personnes vaccinées. Il a rappelé qu'environ 1 million de doses de ce vaccin avaient déjà été reçues, que 500.000 doses supplémentaires par semaine seraient reçues jusqu'à la fin février, et qu'en mars, un million de doses seraient reçues chaque semaine "grâce à l'ouverture de nouvelles lignes de production". La ministre déléguée chargée de l'industrie, Agnès Pannier-Runacher, a rappelé à ce titre que trois sites en France allaient fabriquer des vaccins dans les prochaines semaines.
Olivier Véran a également indiqué que les premières doses du vaccin de Moderna, qui a obtenu mercredi une autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle au niveau européen (cf dépêche du 06/01/2021 à 18:02), seraient "livrées dès lundi". Il s'agira dans un premier temps de 50.000 doses, pour un total de plus de 100.000 doses au cours du mois de janvier, suivies de 500.000 doses en février, d'1 million de doses en mars et en avril puis de 2 millions en mai et en juin.
La Haute autorité de santé (HAS) a annoncé dans la soirée qu'elle rendrait vendredi après-midi son avis sur la place de ce vaccin dans la stratégie vaccinale contre le Covid-19, note-t-on.
Par ailleurs, conformément au souhait formulé lundi par sa présidente, Catherine Deroche (LR, Maine-et-Loire) (cf dépêche du 04/01/2021 à 18:36), la commission des affaires sociales du Sénat auditionnera Olivier Véran mardi 12 janvier en fin d'après-midi sur la mise en oeuvre de la stratégie vaccinale. Elle entendra le lendemain matin l’épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève.
Olivier Véran sera préalablement auditionné par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, mardi midi, sur le même sujet.
sb/fb/APMnews polsan-une

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