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Risque accru de cancer hématologique après scanner abdominopelvien

WASHINGTON, 1er février 2021 (APMnews) - L’exposition de la région abdominopelvienne aux rayons X lors d'un scanner serait associée à une incidence plus élevée de cancer hématologique, le risque étant plus prononcé chez les moins de 15 ans, selon une étude sud-coréenne publiée dans JAMA Surgery.
Un association entre l’exposition aux rayons X du scanner et la carcinogenèse a été suggérée par de larges études épidémiologiques, mais ces preuves restent toutefois limitées car les raisons de l’examen étaient souvent inconnues. Or, il peut y avoir des biais d’indication (l’examen peut être prescrit parce que le patient est à risque de cancer par exemple) et un effet de causalité inverse (une tumeur encore indétectable peut être la cause de l’examen), expliquent Kyung Hee Lee du Seoul National University Bundang Hospital et ses collègues.
Pour éviter ces biais, ils ont utilisé les informations issues de la base de données de l’assurance maladie sud-coréenne, pour mesurer le risque de cancer hématologique associé à l’exposition de la région adbominopelvienne aux rayons du scanner chez des patients subissant une appendicectomie pour une appendicite aiguë.
Au total, 825.820 patients âgés en médiane de 28 ans et qui ne présentaient pas de facteur de risque sous-jacent de cancer ont été inclus: 306.727 ont eu un scanner entre 7 jours avant et 7 jours après l’appendicectomie et 519.093 n’ont pas été exposés.
Le critère principal était l’incidence d’un cancer hématologique au moins 2 ans après l’opération dans les groupes exposés et non-exposés. Les critères secondaires concernaient les cancers des organes abdominopelviens (digestifs, génitaux ou urinaires) et de tous types de cancers, au moins 5 ans après.
Les auteurs notent une augmentation de l’usage du scanner abdominopelvien en péri-appendicectomie au cours du temps: 10,7% des patients opérés en ont eu un en 2005 et c'est monté à 45,1% en 2015.
Sur l’ensemble des patients suivis pendant 8,2 ans en médiane, 323 ont développé un cancer hématologique dans le groupe exposé durant 1.486.518 personnes-années et 500 dans le groupe non-exposé durant 3.422.059 personnes-années.
L’incidence des tumeurs hématologiques malignes était 26% plus élevée chez les personnes exposées (+4,4 pour 100.000 personnes-années).
En particulier, le risque de leucémie était accru de 40% chez les patients exposés (+2,4 pour 100.000 personnes-années).
En revanche, il n’y avait pas de surrisque significatif de lymphome, de myélome multiple ou de syndrome myélodysplasique.
Il n’y avait pas non plus de différence entre les groupes sur le taux d’incidence des cancers des organes abdominopelviens ni pour tous les types de cancers.
Dans une étude de sous-groupes, les auteurs notent que l’augmentation du risque de cancer hématologique était plus importante chez les moins 15 ans: dans cette population pédiatrique, le risque était doublé. Toutefois, au niveau statistique, l'interaction entre l'exposition au scanner et l'âge de manière générale n'était pas significative.
En outre, ils notent une tendance à l’augmentation du taux d'incidence des tumeurs quand le nombre d'examens tomodensitométriques abdominopelviens augmente : +21% chez les patients exposés à un scanner abdominopelvien, +60% chez ceux en ayant subi au moins 2.
Les auteurs concluent que cette étude permet de prendre en compte les biais potentiels liés aux effets de causes inversées, et suggèrent que l’exposition abdominopelvienne aux rayons du scanner est associée à une incidence accrue des cancers hématologiques.
Ils soulignent que ce risque ne justifie pas le report d'examen tomodensitométrique quand il est nécessaire sur le plan médical, mais ils estiment qu’il est important de poursuivre des efforts pour un usage judicieux de ce type d’examen, en particulier chez les moins de 16 ans.
(JAMA Surgery, publication en ligne du 20 janvier)
vcd/fb/APMnews

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