dépêche

 - 

La durée d'isolement des patients Covid+ sera allongée "de 7 à 10 jours" à partir de lundi (Olivier Véran)

PARIS, 18 février 2021 (APMnews) - La durée d'isolement des patients Covid+ passera "de sept à 10 jours" à partir du lundi 22 février, a annoncé Olivier Véran, le ministre des solidarités et de la santé, lors d'une conférence de presse qu'il a tenu jeudi depuis le ministère et retransmise en direct.
La durée d'isolement pour les cas contact restera, elle, de sept jours.
Selon le ministre, en effet, "certaines études scientifiques évoquent la possibilité que les variants puissent être responsables d'une durée de contagiosité plus importantes" que celles de la souche historique du Sars-CoV-2.
Il a également annoncé le prolongement "jusqu'au 1er juin" 2021 du système de télédéclaration via le site internet de l'assurance maladie pour déclarer sa positivité et pour bénéficier d'un arrêt de travail, sans jour de carence (cf dépêche du 04/02/2021 à 21:08).
Selon Olivier Véran, "si nous n'avons pas connu de troisième vague, […] nous ne sommes jamais totalement sortis de la deuxième". Il a rappelé que le Covid fait, chaque semaine, "autant de victimes en France que les accidents de la route en font en une année".
"Relâcher notre vigilance maintenant c'est courir le risque de contraintes plus fortes dans un avenir proche, courir le risque d'avoir tenu ensemble si longtemps en vain", a-t-il averti, rappelant que "le risque lié à la diffusion croissante des variants [...] n'est pas encore maîtrisé, loin de là".
Lors de son intervention Vittoria Colizza, directrice de recherche à l'Inserm, a présenté les données utilisées pour le suivi de l'épidémie.
"En tenant compte de la présence du variant britannique sur le territoire en France, au début de l'année", la directrice de l'Inserm a observé "que [le] couvre-feu anticipé a eu un impact considérable sur le recul de la souche historique".
Si seule la "souche historique" circulait, "on serait capable aujourd'hui d'avoir un recul de l'épidémie dans le temps, grâce à ce couvre-feu à 18h", a-t-elle ajouté.
Or, dans le même temps, "on a une augmentation du variant britannique", a-t-elle constaté, précisant que cette modélisation est "en accord avec les estimations qui sont issues de la deuxième enquête flash [cf dépêche du 05/02/2021 à 12:42]".
En additionnant les deux courbes (courbe de la souche historique et courbe du variant britannique), "on se retrouve sur un plateau [..], qui est un équilibre important à garder mais en même temps assez fragile".

Pour Olivier Véran, il faut "redoubler de vigilance"

Vittoria Colizza a ensuite présenté trois projections se fondant sur trois hypothèses différentes.
Avec l'hypothèse du "maintien de la situation" (situation de référence étant la semaine du 1er au 7 février 2021), la projection permet de mettre en lumière "une augmentation du nombre d'hospitalisations hebdomadaires à cause de l'augmentation du variant [britannique] dans le temps", même "si on est capable de continuer à faire baisser la souche historique".
Avec l'hypothèse de "l'assouplissement des mesures", la dynamique d'augmentation du nombre d'hospitalisations hebdomadaires est "plus largement" accélérée.
La troisième hypothèse est celle du "renforcement des mesures de distanciation sociale", par exemple avec le renforcement de la stratégie "tester-alerter-protéger". "Dans ce cas, on pourrait avoir une plus forte réduction, pas seulement de la souche historique, mais aussi du variant britannique dans le temps", ce qui permettrait, selon la directrice de recherche, de "gagner du temps par rapport au moment où on pourrait [vacciner] de façon plus large [et] donc impacter la courbe épidémique".
Pour Olivier Véran, "ces projections ont leur marge d'incertitude, mais elles nous montrent ce qui pourrait se passer dans les prochaines semaines". "C'est la raison pour laquelle nous devons redoubler de vigilance", notamment autour des variants, a-t-il alerté.

Au total, 36% des cas positifs criblés correspondent à des variants dits britanniques

Selon le ministre, la stratégie "tester-tracer-isoler" est "l'une des armes les plus puissantes dont nous disposons".
"Désormais, la très grande majorité des tests, lorsqu'ils sont positifs -antigéniques ou PCR-, sont passés en criblage ou en séquençage", ce qui permet "de connaître au jour le jour le nombre et la part de variants dans l'épidémie et cela dans chaque département".
"Ainsi, nous savons que 36% des cas positifs criblés correspondent à des variants dits britanniques et que 5% correspondent à des variants dits brésiliens ou sud-africains", a-t-il expliqué.
Ces chiffres cachent “une forte disparité sur le territoire". Ainsi, "à Dunkerque, et dans le département du Nord", le taux de variant britannique est à 72% et l'incidence, "en hausse régulière", dépasse les 600 cas pour 100.000 habitants par semaine, a-t-il annoncé.
A Mayotte, "le variant sud-africain pèse pour 69% des cas, la pression sanitaire y est très élevée", a constaté le ministre (cf dépêche du 12/02/2021 à 19:00).
Selon lui, dans certains territoires (dont ceux ci-dessus) "il y a un lien clair entre la flambée épidémique et la montée des variants". "Mais force est aussi de constater qu'un fort taux de variant ne s'accompagne pas toujours - en tout cas pas au début - d'une augmentation du nombre des contaminations" et, "pour l'heure, nous ne savons pas l'expliquer", a-t-il continué.
Il a redit que "dès la semaine prochaine" des tests salivaires seront déployés, notamment dans les écoles (cf dépêche du 11/02/2021 à 17:14). Il a également rappelé que depuis le 20 janvier, il était proposé la visite d'un infirmier libéral à domicile: "plus de 32.000 visites à domicile ont déjà été réalisées depuis le 21 janvier".

Accélération de la campagne vaccinale

"Le rythme des vaccinations reste très élevé dans notre pays. Nous vaccinons à flux tendu, au rythme des livraisons [de doses] par les laboratoires et nous développons des productions en France et en Europe", s'est félicité Olivier Véran.
"L'âge moyen du Français vacciné est de 72 ans […] et plus de 75% des personnes âgées résidant en Ehpad ont reçu au moins une dose du vaccin", a-t-il fait savoir.
"En février et en mars, la vaccination des 75 ans et plus va se poursuivre, avec une augmentation du rythme, à mesure que les livraisons de vaccins s'accélèrent."
Pour accompagner ces livraisons, des créneaux de réservation pour la vaccination sont régulièrement rendus disponibles. Ainsi, le ministre des solidarités et de la santé a indiqué que "depuis lundi, plus de 250.000 créneaux de rendez-vous ont été alloués aux différents centres de vaccination".
"Entre fin mars et début avril, nous espérons être en mesure d'ouvrir la vaccination -cette fois-ci- aux personnes âgées de 65 à 74 ans", a-t-il ajouté.
Avant cela, la campagne vaccinale s'ouvre aux personnes de 50 à 64 ans inclus atteintes de comorbidités. Ces dernières peuvent être vaccinées "dès aujourd'hui" par les soignants à l'hôpital et à partir du 25 février par les médecins généralistes, avec le vaccin d'AstraZeneca.
"Près de 30.000 médecins généralistes se sont déjà portés volontaires", a précisé Olivier Véran. Ils doivent se procurer les doses nécessaires auprès de leur pharmacie d'officine référente.
Une livraison de 700.000 doses du produit d'AstraZeneca devait être faite mercredi 18 février. Elles seront mises à disposition des médecins de ville par les pharmacies référentes entre le lundi 22 février et le mercredi 24 février, rappelle-t-on (cf dépêche du 09/02/2021 à 16:31).
Par ailleurs, le ministre a annoncé jeudi soir que "dans le courant du mois de mars", le vaccin d'AstraZeneca sera "rendu directement accessible en pharmacie pour tous les Français âgés entre 50 et 64 ans, ainsi que chez leur médecin, infirmier ou tout autre professionnel de santé habilité à vacciner".
Par ailleurs, Olivier Véran a rappelé la nécessité "d'aller vers" les populations âgées et précaires pouvant bénéficier de la vaccination, en dépit de la fracture numérique et des inégalités sociales.
Pour cela, le ministre a adressé jeudi matin des consignes aux agences régionales de santé (ARS), à l'assurance maladie, aux maires, aux centres communaux d'action sociale (CCAS) et aux associations, réunies à Matignon et a fait savoir qu'il encouragera "toute opération visant à ce que les inégalités sociales, n'accroissent pas les inégalités de santé".
Des mesures similaires sont déjà en vigueur en Ile-de-France depuis lundi, rappelle-t-on, alors qu'en Seine-Saint-Denis, des problématiques d'accès aux réservations pour la vaccination ont été soulevées ces derniers jours (cf dépêche du 16/02/2021 à 11:39).

Déplacement à Nice samedi

Enfin, Olivier Véran a annoncé un déplacement à Nice samedi 20 février, où "la situation épidémique reste particulièrement inquiétante et la pression hospitalière est très élevée, comme dans tout le département des Alpes-Maritimes".
A cette occasion, le ministre des solidarités et de la santé abordera la question du Covid long et ira à la rencontre d'équipes soignantes.
Pour rappel, les députés ont approuvé mercredi à l'unanimité des groupes, en séance publique, une proposition de résolution de la majorité visant à reconnaître et prendre en charge les complications à long terme de la Covid‑19" (cf dépêche du 17/02/2021 à 17:01).
Le gouvernement avait lancé courant décembre 2020 des travaux avec la HAS notamment afin de mieux caractériser le "Covid long" et permettre une meilleure prise en charge des patients (cf dépêche du 21/12/2020 à 11:08).
af-wz/afbAPMnews

[AF8QOQK6E]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi