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Alpes-Maritimes: des vaccins supplémentaires face à une "forte" circulation du Covid-19 (Olivier Véran)

NICE, 20 février 2021 (APMnews) - Une livraison de 3.500 doses supplémentaires du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer/BioNTech, et de "milliers de doses" du vaccin d'AstraZeneca est prévue "dans les tout prochains jours" dans les Alpes-Maritimes, département où l'incidence virale est la plus élevée dans le pays, a annoncé le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, samedi, lors d'un déplacement à Nice.
Le ministre est arrivé à Nice dans la matinée, pour un déplacement sur le thème de la prise en charge du Covid long, ainsi que des échanges avec les professionnels de santé de la ville et du CHU.
S'exprimant lors d'un "micro tendu" à la mi-journée, aux côtés du maire de la ville, Christian Estrosi, il a fait état d'un taux d'incidence actuel du Covid-19 "supérieur à 700 pour 100.000 habitants et par semaine" à Nice, et de "près de 600" à l'échelle du département.
"Chaque jour à Nice, il y a 500 personnes qui tombent malades du Covid. C'est beaucoup", a-t-il déclaré. Le taux de positivité des tests de diagnostic réalisés dépasse les 10% au niveau départemental, contre 6% en moyenne nationale.
Face à cette situation, Olivier Véran a annoncé de nouvelles mesures. "Lundi, il y aura quelque 3.500 doses du vaccin Pfizer supplémentaires attribuées, utilisées dans les 48h à 72h qui suivront, de manière à accentuer la protection et la prévention des personnes les plus fragiles", a-t-il ainsi affirmé, ajoutant que "des milliers de doses de vaccins AstraZeneca seront aussi allouées dans les tout prochains jours".
Le virus qui circule actuellement dans les Alpes-Maritimes est "surtout du variant anglais", contre lequel ces vaccins restent efficaces, a-t-il noté.
L'exécutif avait annoncé le 12 février des livraisons supplémentaires de vaccins dans le département de la Moselle, face à l'accélération de la circulation des variants, rappelle-t-on (cf dépêche du 12/02/2021 à 20:29).

Des décisions sur un confinement "d'ici la fin du week-end"

Samedi, Olivier Véran a aussi annoncé que des tests de diagnostic salivaires seront déployés "dans 15 jours" dans les établissements scolaires des Alpes-Maritimes, pour "un dépistage massif dans les écoles dès la rentrée" des vacances.
Il a ajouté avoir demandé au préfet du département de "renforcer encore tous les dispositifs de contrôle", et appelé les habitants et les touristes, en cette période de congés, à "être extrêmement prudents pour eux-mêmes et pour les autres".
"J'ai peur que cela ne suffise pas et qu'il faille prendre des mesures supplémentaires", a poursuivi le ministre après ces annonces. Il a expliqué avoir entamé dans la matinée une concertation avec les élus de la région, le préfet et l'agence régionale de santé (ARS), "pour que d'ici la fin du week-end, nous puissions prendre des mesures complémentaires de protection".
Parmi les options sur la table, il a mentionné une "accentuation du couvre-feu", voire "un confinement partiel ou total".
Intervenant à la suite du ministre, Christian Estrosi a salué le travail des professionnels de santé de la région, ainsi que la coordination entre l'Etat et les collectivités locales. "Notre devoir est de nous compléter, gouvernement et collectivités", a-t-il déclaré, estimant que "les choses sont prises en main".
"Si nous devions aller vers un confinement partiel ou un peu plus important dans les jours qui viennent en fonction de l'épidémie, je le soutiendrai", a-t-il expliqué, mentionnant "par exemple, un confinement le week-end".

"Plus de 500.000" cas potentiels de Covid long en France

A l'hôpital L'Archet du CHU de Nice, Olivier Véran a suivi dans la matinée une présentation du schéma de coopération territoriale pour la prise en charge des patients atteints de formes longues du Covid, par le Pr Michel Carles, chef du service infectiologie du CHU. Environ 200 patients sont suivis dans ce cadre.
Le ministre a salué des "soins de très grande qualité à Nice en médecine de ville, en médecine hospitalière et en recherche clinique" sur le Covid long.
Les patients touchés n'ont pas nécessairement fait une forme sévère de la maladie (cf dépêche du 19/02/2021 à 17:00) et gardent plus d'un mois après l'avoir contractée un ou plusieurs symptômes comme des maux de tête, une fatigue générale, des douleurs articulaires, des vertiges, une perte du goût ou de l'odorat, a énuméré le ministre de la santé.
Les premières "grandes études en population" suggèrent qu'il y aurait "jusqu'à un tiers des patients qui ont présenté une forme symptomatique du Covid, et pas nécessairement une forme grave justifiant une hospitalisation, qui conserverait à distance de plusieurs semaines, parfois plusieurs mois après cette maladie, des symptômes qui peuvent être invalidants", a déclaré Olivier Véran.
Cela représente "plus de 500.000 cas potentiels en France aujourd'hui, qui peuvent trouver une réponse territorialisée auprès de leurs médecins généralistes et des maisons de santé pluridisciplinaires [MSP]", a-t-il assuré.
Il a rappelé les recommandations publiées ces dernières semaines par la Haute autorité de santé (HAS) sur les moyens de diagnostiquer ces formes longues et de les prendre en charge (cf dépêche du 12/02/2021 à 17:09).
Lors de son déplacement à Nice, Olivier Véran a notamment visité les services de réanimation et d'immunologie de l'hôpital L'Archet, où les médecins lui ont présenté leurs travaux de recherche sur le Covid-19 dans le cadre de l'unité de recherche clinique créée au sein du CHU.
Il a échangé avec un patient de 68 ans, qui a passé cinq semaines intubé lors de son infection, et a dû recevoir par la suite des soins de rééducation respiratoire, d'orthophonie, un sevrage de la sonde gastrique et un suivi psychologique.
Le déplacement du ministre devait se poursuivre en début d'après-midi dans un centre de vaccination de la métropole niçoise.
rm/vl/APMnews polsan-une

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