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Une consommation de viande relativement élevée associée à différentes pathologies courantes

LONDRES, 3 mars 2021 (APMnews) - Une consommation élevée de viande rouge (transformée ou non) est associée à un risque accru de pathologie cardiaque ischémique, de pneumonie, de maladies diverticulaires, de polypes du côlon, et de diabète alors que la consommation de volaille est associée à un risque accru de reflux gastro-oesophagien, de gastrite et de duodénite, de maladie diverticulaire ou de la vésicule biliaire et de diabète, selon une étude britannique publiée mardi dans BMC Medicine.
De nombreuses études ont montré qu’une consommation excessive de viande rouge, transformée ou non, était associée à une augmentation du risque de cancer colorectal. Mais peu de travaux prospectifs se sont intéressés à l’association entre la consommation de viande (rouge, transformée ou volaille) et les autres maladies courantes non cancéreuses.
En utilisant les données de la large étude de cohorte britannique UK Biobank, Keren Papier de l’université d’Oxford et ses collègues ont examiné l’association entre la consommation de viande et le risque de développer 25 maladies courantes (autres que le cancer) bien identifiées et signalées comme responsables des admissions à l’hôpital.
Au total, 474.985 adultes, de 56 ans en moyenne, recrutés dans la UK Biobank study entre 2006 et 2010 et suivis jusqu’en 2017 (soit 8 ans en moyenne) qui n’avaient pas développé de cancer et pour lesquels étaient disponibles des informations sur leur consommation de viande, ont été inclus dans l’étude. Leurs données ont été croisées avec celles des admissions à l’hôpital et de mortalité disponibles dans les registres nationaux.
Globalement, les patients qui mangeaient de la viande régulièrement (3 fois ou plus par semaine) présentaient davantage de comportements et de caractéristiques délétères pour la santé que les patients qui en consommaient moins souvent.
Ainsi, en comparaison avec les participants consommant moins de 3 fois par semaine de la viande, ceux qui mangeaient beaucoup de viande rouge étaient plus fréquemment des hommes, relativement âgés, blancs avec un indice de masse corporelle plus élevé. Ils fumaient aussi plus souvent, buvaient plus d’alcool et mangeaient moins de fruits et légumes, de fibres, de poissons mais plus de poulet. Leur niveau d’études était généralement plus faible et chez les femmes, elles avaient plus souvent au moins 2 enfants, ne prenaient généralement pas de contraception orale ou étaient souvent ménopausées.
Les auteurs notent que la plupart des associations positives observées initialement entre consommation de viande et comportements à risque pour la santé étaient substantiellement atténuées (voire n’étaient plus statistiquement significatives) après ajustement sur l’IMC.
Dans une analyse statistique multivariée prenant en compte les facteurs confondants, une consommation élevée de viande rouge (transformée ou non) était associée à un risque accru de maladie cardiaque ischémique (+15% pour une consommation accrue de 70g par jour), de pneumonie (+31%), de maladie diverticulaire (+19%), de polypes du côlon (+10%) et de diabète (+30%).
Ces résultats étaient similaires lorsque la viande rouge transformée et la non-transformée étaient étudiées séparément.
A l’inverse, une consommation plus élevée de viande rouge non transformée (mais pas de viande rouge transformée) était associée à un risque réduit d’anémie : ainsi pour 50g consommé en plus chaque jour, le risque était diminué de 20%.
Concernant la volaille, une consommation élevée était associée à un risque accru de reflux gastro-oesophagien (+17% pour 30g d’apport quotidien supplémentaire), de gastrite ou de duodénite (+12%), de maladie diverticulaire (+10%), de maladie de la vésicule biliaire (+11%) et de diabète (+14%) alors que le risque d’anémie était réduit de 17%.
Dans une analyse de sensibilité, les auteurs notent que globalement les associations restaient similaires en excluant les 4 premières années de suivi et les non-fumeurs. Ils précisent cependant qu'une association positive entre la consommation de viande rouge (transformée ou non) et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) hémorragiques (risque augmenté de 53% pour 70 g d’apport quotidien supplémentaire) était observée chez les participants diagnostiqués après 4 ans ou plus de suivi.
Ils soulignent aussi que l’association entre la consommation de viande rouge non transformée et le risque de diabète, et celle entre la consommation de viande transformée et le risque de maladie cardiaque ischémique n'étaient plus statistiquement significatives chez les personnes n'ayant jamais fumé.
Les auteurs concluent qu’une consommation élevée de viande rouge (transformée ou non) et de volaille est associée à un risque accru de plusieurs maladies fréquentes et qu’un IMC élevé compte pour une proportion substantielle de l’augmentation du risque.
Les consommations accrues de viande rouge non transformée et de volaille sont toutefois associées à un risque réduit d’anémie en fer.
Dans un communiqué diffusé en parallèle, il est rappelé que le World Cancer Research Fund a recommandé de limiter sa consommation de viande rouge à 3 portions par semaine (soit 350 g à 500 g de viande cuisinée) et de ne consommer jamais de la viande transformée ou rarement.
(BMC Medicine, publication en ligne du 2 mars)
vcd/vib/ab/APMnews

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