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Covid-19 et Ehpad: contraintes allégées pour tous les résidents mais des précautions pour les non-vaccinés

PARIS, 13 mars 2021 (APMnews) - De nouvelles recommandations pour les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) publiées vendredi soir allègent les contraintes appliquées aux sorties et aux visites pour tous les résidents, quel que soit leur statut vaccinal ou immunitaire contre le Sars-CoV-2, mais prévoient des précautions supplémentaires pour les personnes non vaccinées.
Ces nouvelles directives, qui entrent en vigueur dès ce samedi, visent à alléger les mesures de protection dans les Ehpad et les unités de soins de longue durée (USLD) compte tenu de la "belle réussite" de la campagne vaccinale, a souligné le ministère délégué chargé de l'autonomie, dans un communiqué diffusé vendredi soir.
Mercredi, 86,4% des résidents avaient reçu au moins la première dose et 64,8% les deux doses et, pour les professionnels travaillant en Ehpad et en USLD, ces taux atteignaient respectivement 47,3% et 31,3% (cf dépêche du 12/03/2021 à 11:12).
Les sorties des résidents vaccinés selon un schéma vaccinal complet avaient déjà été autorisées par des recommandations datées du 5 mars à la suite de la suspension de l’interdiction générale et absolue de sortie des résidents d'Ehpad par le juge des référés du Conseil d'Etat (cf dépêche du 04/03/2021 à 10:28 et dépêche du 08/03/2021 à 06:00).
Toutefois, un assouplissement plus général et indépendant du statut vaccinal ou immunitaire des résidents était demandé par les acteurs du secteur du grand âge, rappelle-t-on (cf dépêche du 02/03/2021 à 16:38 et dépêche du 11/03/2021 à 19:20).
En se fondant sur l’avis du 2 mars du Haut conseil de la santé publique (HCSP) relatif à l’évolution des mesures organisationnelles de prévention de la transmission et de la diffusion du Sars-CoV-2 en Ehpad et USLD, le ministère introduit une "première étape d’assouplissements" pour permettre "un retour progressif à la normale".
Cela doit néanmoins "s’accompagner d’une vigilance renforcée dès l’apparition de symptômes évocateurs du virus, notamment chez les personnes non encore protégées par la vaccination".
"A ce stade de l’épidémie, les mesures recommandées aux directions d’établissements visent à assurer les mêmes droits et libertés aux résidents, quel que soit leur statut vaccinal et immunitaire, mais elles prévoient que des mesures de protection supplémentaires soient prises pour les personnes non vaccinées", est-il indiqué dans le document.
Pour la ministre déléguée, Brigitte Bourguignon, les résidents, quel que soit leur statut vaccinal et immunitaire, doivent "retrouver les mêmes droits que le reste de la population, comme la possibilité de voir leurs proches, à l’extérieur ou à l’intérieur de l’établissement".
S'agissant des sorties dans la famille, elles ne sont pas autorisées dans les zones où un confinement local est en vigueur sauf dérogations exceptionnelles. Dans les autres zones, elles sont possibles pour tous les résidents, en rappelant les risques de contamination importants dans les foyers familiaux et la nécessité de respecter les gestes barrière.
Pour les personnes vaccinées ou immunisées par une infection récente (dans les 15 jours à 6 mois), aucun test RT-PCR ne sera demandé au moment du retour sauf en cas de contact à risque avéré (test et isolement de 7 jours).
Pour les résidents non vaccinés, les recommandations indiquent que la situation doit être appréciée "au cas par cas par le médecin coordonnateur en lien avec l’équipe soignante selon la balance bénéfices-risques, en fonction de la circulation virale et de la situation du résident (par exemple, sa capacité à respecter les mesures barrières, la nature de la sortie, etc.)".
Si la sortie est autorisée, il est prévu au retour des tests RT PCR à J+4 et J+7 et le résident ne pourra pas participer aux activités et repas collectifs pendant 7 jours.
Le schéma vaccinal est défini par deux injections à 3 ou 4 semaines d’intervalle pour un vaccin à ARN messager, ou 9 à 12 semaines pour le vaccin commercialisé par AstraZeneca et 14 jours après la 2ème injection, ou bien par une injection après un cas de Covid-19 documenté de plus de 3 à 6 mois.

Possibilité de visites en chambres

Pour les visites en chambres, qui sont désormais "possibles pour les résidents qui ne sont ni cas confirmé, ni cas contact à risque, dans le respect des gestes barrières et sur rendez-vous", un test sera nécessaire pour les non-vaccinés à J+4 et J+7 après la visite.
Pour tous les résidents, les mesures de sécurité à l’entrée continuent de s’appliquer pour les visiteurs extérieurs (dépistage par test RT-PCR 72 heures avant la visite ou, à défaut, par test antigénique en pharmacie dans la journée de la visite ou sur place si l'Ehpad propose des tests antigéniques). "Si le visiteur peut attester du fait qu’il est vacciné (attestation Ameli) la présentation d’un test négatif n’est pas utile".
Tous les résidents, quel que soit leur statut vaccinal ou immunitaire, sont par ailleurs autorisés à se promener dans les espaces extérieurs de l'établissement ou aux alentours de l’Ehpad "dans le respect des gestes barrière". "Si la personne s’est rendue dans un lieu intérieur ou dense", il faut prévoir un sas de désinfection.
Les nouvelles admissions ne peuvent être conditionnées au statut vaccinal de la personne, souligne le ministère. La vaccination est proposée le plus rapidement possible à l’entrée dans l’établissement.
Le ministère explique ne pas pouvoir recommander la reprise d'une vie sociale "sans contrainte d'organisation et d'hygiène", en raison de la couverture vaccinale des résidents et "surtout des professionnels", ainsi que des "multiples incertitudes" et de l’"instabilité épidémiologique et immunologique" quant à l’évolution de la pandémie et l’impact de la vaccination sur la transmission en cas de portage du virus.

Un consensus à trouver dans chaque établissement

Chaque direction d’établissement doit élaborer ces mesures d’assouplissement, selon la situation épidémique locale et l’avancement de la campagne vaccinale, en lien avec l’agence régionale de santé (ARS) et en consultant les résidents, les familles et les professionnels de l’établissement (notamment le médecin coordonnateur en Ehpad), "afin de créer un consensus", note le ministère dans le communiqué.
L’application de ces mesures "doit être progressive et éventuellement sectorisée" et doit toujours être accompagnée d'un "haut niveau d’observance des mesures de distanciation physique (même pour les personnes ayant bénéficié d’un schéma vaccinal complet) et des mesures de gestion collective des locaux", est-il souligné dans le document.
A la fin des recommandations, une check-list est fournie aux directeurs d'établissement, détaillant ce qui doit avoir été mis en place avant de décider d’assouplissements:
  • campagne de dépistage renforcée auprès des professionnels et des visiteurs extérieurs
  • réflexion collective et participative
  • mesures de gestion applicables formalisées dans un document libre (restrictions maintenues, assouplissements, persistance d’un risque sanitaire important, nécessité d’une vigilance maximale), avec éventuellement les modalités de réversibilité par exemple jusqu'au contrôle du cluster (sur tout l’établissement ou par secteur, durée de la suspension, activités suspendues…)
  • diffusion et explication de ces règles prévues pour l’ensemble des professionnels, des résidents et de leurs proches.
"Nous souhaitons construire le chemin des retrouvailles pour les résidents d’Ehpad et d’USLD", explique la ministre déléguée dans le communiqué. "Il faut que les résidents puissent revoir leurs proches à l’extérieur. Ils ont été trop longtemps coupés de leur famille. Ce chemin des retrouvailles s’ouvre devant nous, mais il doit être soigneusement balisé et progressif, au cas par cas, pour en assurer la réussite."
Enfin, les recommandations rappellent également l’enjeu éthique de la vaccination des personnels et incitent ces derniers à se faire vacciner. "Sans une vaccination massive des professionnels, un retour à la normale dans les établissements ne sera pas possible." A défaut d’être vaccinés, les personnes intervenant auprès des personnes âgées doivent se faire tester très régulièrement.
cb/eh/APMnews polsan-une

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