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Baisse de la charge virale avec un nouvel inhibiteur de la maturation du VIH chez des patients naïfs de traitement

SAN FRANCISCO, 15 mars 2021 (APMnews) - Le nouvel inhibiteur de la maturation du VIH GSK3640254 (GSK'254, ViiV Healthcare) semble d'intérêt pour réduire la charge virale de patients VIH+ naïfs de traitement, selon des données de phase IIa présentées la semaine dernière à la Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI) 2021.
Dans un contexte où l'émergence de résistances en cas de traitement anti-VIH peut conduire à un échec thérapeutique, il est nécessaire de développer des agents antirétroviraux reposant sur de nouveaux mécanismes d'action, a pointé Christoph Spinner de l'université technique de Munich, en introduction de sa présentation.
L'objectif de cet essai de phase IIa mené en double aveugle a été d'évaluer l'effet antiviral, la pharmacocinétique, la sécurité et la tolérance du GSK3640254 chez 34 patients VIH+ naïfs de traitement.
Des données de phase I ont montré que ce nouvel inhibiteur de la maturation du VIH était bien toléré et qu'il présentait un profil pharmacocinétique en faveur de son utilisation non boostée, à une dose par jour, a rappelé le chercheur.
L'essai a été divisé en deux parties. Dans la première, les participants ont été randomisés entre le traitement (10 mg ou 200 mg) et un placebo, pendant 10 jours.
Dans la deuxième partie, GSK3640254 a été testé contre placebo aux doses de 40 mg, 80 mg ou 140 mg. La durée du traitement a été réduite à 7 jours dans la mesure où l'analyse intermédiaire des données de la première partie a révélé l'émergence de mutations de résistance après 10 jours de traitement (chez 4 des 6 participants prenant 200 mg).
Il y avait 6 participants pour chaque dose testée et 2 participants dans chaque bras placebo. Les patients étaient âgés de 32 ans en moyenne et 94% étaient des hommes.
Le critère principal d'évaluation était défini par le changement maximum de la charge virale plasmatique par rapport à l'inclusion.
Les baisses les plus importantes ont été constatées avec les doses de 200 mg (-2 log10 copies par mL à J11) et de 140 mg (-1,5 log10 copies par mL à J8). Dans les groupes placebo, la variation était d'environ +0,15 log10 copies par mL par rapport à l'inclusion.
Les investigateurs rapportent qu'aucune mutation de résistance n'a émergé chez les participants du 2e groupe.
Il n'y a pas eu de décès et aucun effet indésirable n'a conduit à une interruption de traitement.
Près des trois quarts des participants sous GSK3640254 (22 sur 30, contre 0 de ceux sous placebo) ont présenté des effets indésirables, le plus souvent des céphalées. Des effets gastro-intestinaux (diarrhées, douleurs abdominales, vomissements) ont aussi été rapportés. L'intensité des effets indésirables était légère à modérée, sauf pour un participant qui a développé une cardiomyopathie dilatée et une myocardite (grade 3).
Les chercheurs concluent que cette étude a permis d'établir une relation entre la dose de GSK3640254 administrée et la réponse antivirale observée, sans émergence de problèmes de sécurité ou de tolérance.
Ces résultats renforcent selon eux l'intérêt d'une étude de phase IIb en cours, qui évalue l'efficacité, la sécurité et la tolérance du GSK3640254 (100 mg, 150 mg ou 200 mg) en association avec deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse, chez des patients VIH+ naïfs de traitement.
sb/ab/APMnews

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