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Fermeture temporaire des écoles, extension des restrictions, objectif de 10.000 lits de réanimation... les annonces d'Emmanuel Macron

PARIS, 31 mars 2021 (APMnews) - Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé, mercredi, lors d'une allocution depuis le Palais de l'Elysée, plusieurs mesures pour freiner l'épidémie de Covid-19, dont la mobilisation de personnels pour augmenter les capacités en lits de réanimation, la fermeture temporaire des écoles, collèges et lycées et l'extension de certaines restrictions à tout le territoire métropolitain.
Selon Emmanuel Macron, "depuis les premiers jours du mois [de mars], nous sommes entrés dans une course de vitesse" avec, d'un côté "le déploiement de la vaccination" (cf dépêche du 31/03/2021 à 22:33) et de l'autre la "propagation dans toute l'Europe d'une nouvelle forme de virus", le variant dit britannique (cf dépêche du 15/03/2021 à 16:06).
Ce nouveau variant "fait apparaître une épidémie dans l'épidémie", à la fois "plus étendue qu'au printemps dernier" et "plus dangereuse qu'à l'automne", car le virus est "plus contagieux mais aussi plus meurtrier". Pour illustrer son propos, il a mentionné que "44% des patients en réanimation ont aujourd'hui moins de 65 ans".
Le président de la République a rappelé les mesures prises ces dernières semaines dans 16 puis 19 départements de France métropolitaine (cf dépêche du 18/03/2021 à 22:12 et dépêche du 24/03/2021 à 15:35).
Selon lui, "deux semaines après la mise en place de ces mesures, les chiffres sont clairs". "Cette stratégie a eu de premiers effets, mais très clairement ces efforts restent trop limités au moment où l'épidémie accélère", notamment à cause de ce variant "qui risque de nous faire perdre le contrôle si nous ne bougeons pas".
"Nous devons donc nous fixer, pour les mois à venir, un nouveau cadre", a annoncé le chef de l'Etat, qui a appelé "à la mobilisation de chacun pour ce mois d'avril où beaucoup se joue". Et "nous devons, pour les mois à venir, fournir chacun un effort supplémentaire".

"Porter dans les prochains jours notre capacité à un peu plus de 10.000 lits" de réanimation

Cela passe d'abord par un "effort des soignants". "Pour augmenter encore le nombre de personnes pouvant être accueillies en réanimation, sans trop déprogrammer, ils sont et seront appuyés, dans les prochains jours par des renforts supplémentaires", a déclaré Emmanuel Macron.
Rappelant que "le nombre de lits en réanimation a déjà été porté à 7.000", le chef de l'Etat a annoncé que "les étudiants en médecine, les retraités, le service de santé des armées (SSA) [et] tous les volontaires de la réserve sanitaire [...] sont et seront mobilisés de manière accrue pour porter dans les prochains jours notre capacité à un peu plus de 10.000 lits, en particulier aussi avec l'ouverture de nouvelles capacités d'accueil dans certains hôpitaux parisiens".
Le président de la République a souhaité "saluer […] l'action remarquable de nos soignants, et en particulier des équipes de réanimation et de soins critiques, qui, secteur public comme secteur privé, agissent main dans la main, mutualisent les équipes [et] innovent".
Et cela à la fois pour soigner les malades du Covid, mais également "pour transformer des salles d'opération en salle de réanimation, pour assurer une continuité de soins pour les patients atteints de maladies graves" et pour "faire en sorte que tous puissent avoir les soins dont ils ont besoin".

Extension des restrictions au reste de la France

Evoquant un "effort qui nous concerne tous", le chef de l'Etat a annoncé que les règles actuellement en vigueur dans "les 19 département en vigilance renforcée" seront "étendues à tout le territoire métropolitain dès ce samedi soir et pour quatre semaines".
"Si nous faisons ce choix de toucher tout le territoire métropolitain [et pas les outre-mer, ndlr], c'est parce que plus aucune région métropolitaine n'est aujourd'hui épargnée", a souligné Emmanuel Macron. "Partout, le virus circule vite, de plus en plus vite, et partout, les hospitalisations augmentent."
"Le couvre-feu à 19 h sera [donc] maintenu partout, le télétravail -qui est sans doute la mesure la plus efficace- sera systématisé" et certains commerces, selon la liste déjà établie dans les 19 département concernés, "seront fermés" sur tout le territoire métropolitain, a-t-il détaillé.
"Nos concitoyens qui souhaitent changer de région pour aller s'isoler pourront le faire durant ce week-end de Pâques", a-t-il précisé. Les Français de l'étranger qui souhaitent rentrer en France pourront "le faire à tout moment" et des dispositions particulières seront prises pour les "travailleurs transfrontaliers".
Emmanuel Macron a annoncé ne pas avoir retenu l'option du "retour généralisé des attestations". Il a néanmoins assuré que "les contrôles, les sanctions seront renforcés sur la voie publique pour limiter les rassemblements […] et pour encadrer la consommation d'alcool".
"L'attestation ne sera donc obligatoire en journée que pour les déplacements au-delà de 10 kilomètres du domicile", a-t-il résumé. Il a enfin appelé à la prudence en cette "période marquée par de nombreuses fêtes religieuses".

Fermeture des crèches, écoles, collèges, lycée pour trois semaines

Troisième effort, Emmanuel Macron a annoncé la fermeture "durant trois semaines", des crèches, écoles, collèges et lycées.
S'il faut "freiner le virus", Emmanuel Macron a également souligné qu'il faut "préserver l’éducation et l’apprentissage". "C'est pour cela que le calendrier scolaire sera adapté pour ne pas laisser nos enfants seuls et sans apprendre."
"De manière très concrète, cela signifie que la semaine prochaine [lundi 5 avril], les cours pour les écoles, collèges et lycées se feront à la maison, sauf, comme au printemps 2020, pour les enfants des soignants et de quelques autres professions, qui seront accueillis, de même que les enfants en situation de handicap qui doivent continuer à pouvoir être accueillis dans le secteur médico-social", a-t-il précisé.
"Les deux semaines suivantes, soit à partir du 12 avril, la France entière, quelle que soit la zone de vacances, sera placée en vacances de printemps", a-t-il annoncé. "La rentrée aura donc lieu pour tous le 26 avril, physiquement pour les maternelles et les primaires, à distance pour les collèges et lycées."
"Le 3 mai, les collégiens et les lycéens pourront retrouver physiquement leurs établissements, le cas échéant avec des jauges adaptées", a-t-il conclu.
Les étudiants qui le souhaitent pourront "continuer durant toute cette période à se rendre à l’université pour une journée de cours par semaine".
"Les parents qui devront garder leurs enfants et ne peuvent pas télétravailler auront droit au chômage partiel. Et pour les salariés, les commerçants, les indépendants, les entrepreneurs et les entreprises, tous les dispositifs actuellement en vigueur seront prolongés", a-t-il précisé.
"Nous avons tout fait pour prendre ces décisions le plus tard possible et au moment où elles devenaient strictement nécessaires", a-t-il assuré. Et "c'est maintenant".

Détail des nouvelles orientations au Parlement jeudi

Lors de son allocution, Emmanuel Macron a enfin rappelé que, depuis le début de la crise, au moins 4,5 millions de Français ont contracté la maladie, et que "bientôt" 100.000 en seront décédés. "Je vous l'avais dit dès le début: nous allons vivre avec le virus", a-t-il constaté.
Après un "confinement dur" au printemps 2020, puis "un confinement adapté" à l'automne 2020, "nous avons opté, depuis le début de cette année 2021 pour une réponse qui visait à freiner l'épidémie sans nous confiner", a-t-il rappelé.
Pour le chef de l'Etat, avec la mise en place de ces mesures moins restrictives que dans d'autres pays européens, depuis le début de l'année 2021, "[nous avons] gagné des jours précieux de liberté, des semaines d’apprentissage pour nos enfants, nous avons permis à des centaines de milliers de travailleurs de garder la tête hors de l’eau sans jamais perdre le contrôle de l’épidémie". "Nous avons, je crois, bien fait", a-t-il avancé.
Le premier ministre, Jean Castex, détaillera les nouvelles orientations annoncées par le président de la République, au Parlement dès jeudi, avec une déclaration suivie d'un vote dans la matinée à l'Assemblée nationale et dans l'après-midi au Sénat, comme pour la présentation de sa stratégie de déconfinement fin avril 2020 (cf dépêche du 28/04/2020 à 22:38) puis pour le reconfinement en octobre suivant (cf dépêche du 29/10/2020 à 14:58).
L'article 50-1 de la Constitution autorise le gouvernement, devant chaque chambre, de sa propre initiative ou à la demande d'un groupe parlementaire, à "faire, sur un sujet déterminé, une déclaration qui donne lieu à débat et peut, s'il le décide, faire l'objet d'un vote sans engager sa responsabilité".
af-vg/fb/APMnews

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