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Résultats de phase II/III encourageants pour le zavegepant intranasal dans la crise de migraine

MINNEAPOLIS, 19 avril 2021 (APMnews) - Le zavegepant intranasal s'est montré globalement sûr et efficace dans le traitement de la crise de migraine dans un essai de phase II/III, dont les résultats ont été présentés au congrès virtuel de l'American Academy of Neurology (AAN), samedi en session orale.
Le zavegepant est un antagoniste du peptide relié au gène calcitonine (CGRP) de troisième génération, avec une forte affinité. Développé par Biohaven Pharmaceuticals, il est actuellement le seul anti-CGRP par voie intranasale au stade final de développement dans le traitement de la crise de migraine, a indiqué le Dr Richard Lipton de l'Albert Enstein College of Medecine à New York.
Dans cette étude de phase II/III multicentrique, menée aux Etats-Unis, 1.673 adultes souffrant de migraine ont été inclus, avec 2 à 8 crises modérées ou sévères au cours des trois derniers mois (4,9 par mois en moyenne) et 15 jours par mois avec des céphalées migraineuses ou non. Des traitements prophylactiques étaient autorisés sauf des anticorps monoclonaux ciblant le CGRP (13,6% des patients).
Les patients ont été randomisés en double aveugle entre le zavegepant intranasal à 5 mg, 10 mg, 20 mg ou un placebo pour traiter une seule crise migraineuse modérée à sévère.
Finalement, 1.588 patients ont eu recours au traitement et l'analyse sur la population modifiée en intention de traiter a porté sur 1.581 patients, dont 387 ayant pris le zavegepant à 5 mg, 391 à 10 mg, 402 à 20 mg et 401, le placebo.
Les co-critères principaux d'évaluation étaient l'absence de douleur et des symptômes les plus gênants (photophobie, phonophobie et nausée) deux heures après l'administration du traitement.
Les résultats montrent que ces co-critères principaux ont été atteints avec le zavegepant à 10 mg et 20 mg, avec respectivement 22,5% et 23,1% des patients obtenant une disparition totale de la douleur post-dose (19,6% à 5 mg), contre 15,5% dans le groupe placebo, et respectivement 41,9% et 42,5% la disparition des symptômes les plus gênants (39% à 5 mg), contre 33,7% dans le groupe placebo.
En revanche, sur le premier critère secondaire évalué, aucune des doses de zavegepant testées n'a démontré sa supériorité sur le placebo concernant le soulagement de la douleur deux heures après la prise du traitement sur une échelle numérique de 4 points (aucune, légère, modérée et sévère)/
Les autres critères secondaires établis de manière hiérarchique ont été considérés en conséquence non significatifs également.
Toutefois, les résultats étaient numériquement positifs pour plusieurs doses du zavegepant sur différents critères secondaires (absence de recours à d'autres antalgiques, disparition de la photophobie, de la phonophobie, soulagement de la douleur au bout d'une heure…).
Les événements indésirables les plus fréquents étaient une dysgueusie, chez 14,5% des patients recevant le zavegepant, toutes doses confondues, contre 3,5% dans le groupe placebo, des nausées (3,1% vs 0,5%), une gêne nasale (2,6% vs 0,2%). Aucun signal d'hépatotoxicité n'a été observé.
Sur la base de ces résultats, un essai de phase III a été initié pour évaluer le zavegepant 10 mg par voie intranasale contre placebo dans le traitement de la crise migraineuse auprès de 1.400 patients, avec une fin prévue à l'été 2021.
Selon le registre américain des essais cliniques ClinicalTrials.gov, le zavegepant intranasal est également en cours d'évaluation en traitement prophylactique, dans un essai de phase II/III auprès de 2.900 patients, avec une fin prévue à l'automne 2022, note-t-on.
Biohaven développe un autre anti-CGRP, le rimégépant oral, qui a déjà donné des résultats de phase III positifs dans le traitement de la crise migraineuse (cf dépêche du 26/03/2018 à 10:38) ainsi qu'en traitement prophylactique, dont les résultats de phase II/III font également l'objet d'un poster au congrès de l'AAN, après une publication dans The Lancet en janvier.
Le rimégépant est actuellement homologué aux Etats-Unis dans le traitement de la crise migraineuse uniquement (Nurtec*), "le premier et le seul antagoniste du CGRP disponible dans une formulation à dissolution rapide".
D'autres données sur cet antimigraineux sont présentées au congrès, notamment sur son bon profil de tolérance jusqu'à un an de traitement chez des patients présentant des facteurs de risque cardiovasculaire, sur la baisse du recours aux analgésiques et aux antiémétiques après un an de traitement, sur une meilleure productivité des patients etc.
ld/sl/APMnews

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