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ARS Grand Est: Christophe Lannelongue limogé, Marie-Ange Desailly-Chanson désignée pour prendre sa succession

PARIS, 8 avril 2020 (APMnews) - Marie-Ange Desailly-Chanson, médecin et inspectrice générale des affaires sociales (Igas), va succéder à Christophe Lannelongue à la direction générale de l'agence régionale de santé (ARS) Grand Est, a-t-on appris de sources concordantes à la suite du conseil des ministres mercredi.
Interrogée sur le "limogeage" de Christophe Lannelongue, lors du compte rendu oral du conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a indiqué que le premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, avaient "proposé ce changement".
Christophe Lannelongue "sera remplacé par une médecin, inspectrice générale des affaires sociales qui participe à la cellule de crise nationale", a-t-elle précisé.
"Elle sera opérationnelle très rapidement pour mettre en oeuvre la politique sanitaire du gouvernement", a-t-elle ajouté.
De sources proches du dossier, on indique qu'il s'agit de Marie-Ange Desailly-Chanson, médecin spécialiste en biologie médicale, qui a d'abord été conseillère générale des établissements de santé (CGES) avant d'être nommée à l'Igas (en 2015), lorsque ce corps a été dissout et intégré à l'Igas.
Marie-Ange Desailly-Chanson
Marie-Ange Desailly-Chanson
Auparavant, de 1993 à 2006, elle a exercé au CH de La Roche-sur-Yon (Vendée) comme praticien hospitalier au laboratoire de biologie de cet établissement, puis comme coordonnatrice du réseau Coordination des risques et de la qualité des établissements de Vendée.
Egalement présidente de la commission médicale d'établissement (CME) de son établissement, Marie-Ange Desailly-Chanson a aussi participé à plusieurs missions et commissions, notamment celle sur la démographie médicale hospitalière qui était présidée par le Pr Yvon Berland (Marseille).
D'octobre 2008 à mai 2012, elle a été conseillère médicale à la direction générale de l'offre de soins (DGOS).
Comme CGES puis comme Igas, elle a mené ou participé à de nombreuses missions, notamment sur le centre hospitalier de Carhaix (Finistère) en 2008 (cf dépêche du 28/04/2008 à 09:13), sur les hôpitaux de Creil et Senlis (Oise) (cf dépêche du 04/12/2009 à 19:03) en 2009, auprès d'hôpitaux de Guadeloupe en 2012 (cf dépêche du 09/11/2012 à 10:46), puis pour exercer l'administration provisoire du CH de Roanne (Loire) en 2014 (cf dépêche du 16/05/2014 à 18:57), ou encore au CHU de Nantes, en 2016, à la suite du décès de trois patients sous chimiothérapie intensive pour traiter un lymphome.(cf dépêche du 30/11/2016 à 09:50).
En 2018, Marie-Ange-Desailly-Chanson a participé à une mission de l'Igas au CHU de Nancy pour évaluer la situation de l'établissement et participer à l'élaboration d'un nouveau plan d'actions (cf dépêche du 26/09/2018 à 15:22).

Le dossier Copermo du CHU de Nancy au coeur du limogeage de Christophe Lannelongue

Ce sont d'ailleurs des propos de Christophe Lannelongue sur le CHU de Nancy qui ont mis le feu aux poudres le week-end dernier et expliquent aujourd'hui son limogeage.
Lors d'une conférence de presse vendredi dernier, répondant à une question sur le devenir du dossier du CHU présenté devant le Comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins hospitaliers (Copermo), il a indiqué qu'il n'y avait "pas de raison de remettre en cause le Copermo pour le CHU de Nancy", selon des propos rapportés par le quotidien régional L'Est républicain (cf dépêche du 06/04/2020 à 12:08).
"Le dossier devrait être examiné début juin", avait indiqué Christophe Lannelongue, "la trajectoire reste la même".
Dans une lettre adressée samedi à Edouard Philippe, le président de la CME du CHU, le Pr Christian Rabaud, et le président du conseil de surveillance de l'établissement et maire de Nancy (UDI), Laurent Hénart, se sont insurgés contre ces propos, rappelant que le CHU s'était "transformé totalement" pour faire face à l'épidémie et estimant qu'évoquer la suppression de 598 postes et de 154 lits, leur apparaissait "comme totalement décalée".
Malgré une mise au point ensuite de l'ARS dans un communiqué, assurant que les propos de Christophe Lannelongue avaient été mal compris, plusieurs appels à la démission du directeur général de l'ARS ont été lancés, notamment sur Twitter ou dans des communiqués.
Olivier Véran a lui-même réagi dès dimanche sur Twitter à la polémique naissante, en soulignant "[qu']à Nancy comme partout, l'heure est à la mobilisation de tous pour faire face au Covid-19" et que "tous les plans de réorganisation sont évidemment suspendus à la grande consultation qui suivra".
Le 5 avril, Edouard Philippe a lui-même écrit au président du conseil de surveillance du CHU de Nancy et au président de la CME pour leur confirmer les propos du ministre de la santé et saluer "la mobilisation exceptionnelle" de leur établissement pendant cette crise.

Les hauts fonctionnaires sont censés appliquer la politique du gouvernement

"Nous considérons qu'il est important que les hauts fonctionnaires [...] appliquent toutes les recommandations qui sont édictées pour la politique nationale en matière sanitaire et en l'occurrence sur la question des hôpitaux et des fermetures de lits", a expliqué la porte-parole du gouvernement, mercredi, à l'issue du conseil des ministres.
"Le ministre de la santé a indiqué le désaccord qui était le sien avec la position personnelle donnée par le directeur général de l'ARS" Grand Est, a-t-elle ajouté. "Il convient que pour une bonne conduite des politiques publiques, il puisse y avoir de la fluidité entre l'échelon national et l'échelon local."
La porte-parole du gouvernement a dans le même temps salué l'action des agents de l'ARS Grand Est qui "ne comptent pas leurs heures et leurs minutes" pour faire face à la crise sanitaire.

Christophe Lannelongue pas en colère

Interrogé mercredi matin par Libération, Christophe Lannelongue, qui devait prochainement prendre sa retraite, a confirmé que le directeur de cabinet du ministre de la santé lui avait "téléphoné pour [le] prévenir qu’au conseil des ministres de ce mercredi, le gouvernement mettait fin à [ses] fonctions".
Concernant ses propos tenus sur le CHU de Nancy, "je me suis contenté de répondre en termes de droit [...] c’est tout.", a-t-il indiqué.
"Je ne suis pas en colère", a-t-il ajouté. "Je ne fais pas de politique, je suis un fonctionnaire loyal. Je ne dis pas que je suis indispensable. On faisait et on fait du très bon travail, avec des équipes et du personnel soignant remarquables."
san-rtrs/ab/APMnews

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