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Covid-19: des opérations massives de dépistage seront lancées dans les établissements scolaires avec des tests salivaires (Olivier Véran)

PARIS, 4 février 2021 (APMnews) - Le premier ministre et le ministre des solidarités et de la santé ont annoncé jeudi une "amplification" de la stratégie tester-alerter-protéger, sur la base notamment du déploiement d'opérations de dépistage massives dans les établissements scolaires en utilisant des tests salivaires.
"La situation reste particulièrement fragile", a souligné en préambule le premier ministre, lors d'une conférence de presse en fin de journée. "Chaque jour, la France enregistre une moyenne de 20.000 nouvelles contaminations et 1.600 nouvelles hospitalisations avec 320 personnes décédées".
Il a ajouté que la pression demeurait "majeure" sur les services hospitaliers. "Six malades sur 10 accueillis en réanimation sont des malades de la Covid, ce qui oblige nombre de nos hôpitaux à décaler des soins moins urgents pour libérer des lits", a-t-il déploré.
Pour autant, la situation française "se distingue de celles de [ses] voisins" avec des "chiffres élevés mais relativement stables", a constaté Jean Castex.
Mais "moins que jamais, nous ne devons baisser la garde". "Nous faisons face à l'apparition d'un nouveau risque qui est celui de la propagation des nouvelles souches de virus. Ces variants sont beaucoup plus contagieux que le virus classique et peuvent conduire à des flambées épidémiques, comme celles qu'ont connues nos voisins britanniques, irlandais ou portugais".
Ces variants qui "constituent une menace réelle", "sont présents sur notre territoire et progressent en termes de diffusion", étant passé en quelques semaines "d'environ 3,3% le 8 janvier à 14% aujourd'hui", a-t-il rappelé (cf dépêche du 04/02/2021 à 10:47).
Si "l'émergence de ce nouveau risque nous a conduits à nous interroger sur l'opportunité de mettre en place un troisième confinement", une telle mesure ne sera prise "qu'en tout dernier recours", a assuré Jean Castex. "L'objectif est tout mettre en oeuvre pour l’éviter", a-t-il insisté en revenant sur les nouvelles mesures de restriction annoncées vendredi dernier, concernant notamment les déplacements à l'étranger ou la fermeture des grands centres commerciaux (cf dépêche du 29/01/2021 à 21:29).
Jean Castex a également signalé que les premières livraisons du vaccin d'AstraZeneca, homologué depuis la semaine dernière dans l'Union européenne, devaient avoir lieu "en fin de semaine" pour de premières injections à compter de samedi (cf dépêche du 04/02/2021 à 20:58).

Muliplication des opérations collectives de dépistage, notamment dans les établissements scolaires

"Nous allons amplifier dès la semaine prochaine le déploiement de la stratégie tester-alerter-protéger" sur la base d'une "nouvelle organisation", a annoncé le chef du gouvernement.
Si la France est "l'un des pays qui réalise le plus de tests de dépistage Covid", avec "près de 4 tests réalisés chaque seconde dans l'un des 12.000 points le permettant", elle va accentuer cette politique en "multipliant les opérations collectives de dépistage, notamment en direction des établissements scolaires et des universités", a annoncé Olivier Véran.
"De manière à renforcer l'acceptabilité du test, qui peut ne pas être agréable quand on est petit, nous attendons l'avis de la Haute autorité de santé [HAS] sous 10 jours, pour permettre de déployer les techniques de prélèvements salivaires", a-t-il précisé, confirmant ainsi une information donnée quelques heures plus tôt par la présidente de la HAS, Dominique Le Guludec (cf dépêche du 04/02/2021 à 18:42).
"Sans attendre, nous nous équiperons et déploierons ces techniques pour qu'au retour des vacances scolaires, nous puissions réaliser plusieurs centaines de milliers de tests salivaires", a-t-il indiqué en précisant que pour ces tests, "seule la technique de prélèvement change".
S'agissant des tests salivaires rapides, il a expliqué que les études, "qui ne sont pas très nombreuses", "ne sont pas favorables à leur utilisation car leur sensibilité est trop faible".

Renforcement du contact tracing

Sur le contact tracing, "nous renforçons continuellement les moyens humains et techniques dans les agences régionales de santé, au sein de l’assurance maladie", a affirmé Olivier Véran.
"Nous allons plus loin désormais pour agir plus vite et plus fort, via la mobilisation de médiateurs de lutte anti-Covid qui sont capables de faire du trois en un: vous tester, initier immédiatement sur place ce contact tracing et vous guider dans votre mise à l'abri".
Pour le troisième temps de la stratégie, c'est-à-dire la mise à l’abri des personnes positifs et des cas contacts, "dès le premier jour, nous avons fait le choix de la confiance plutôt que de la contrainte", a rappelé Olivier Véran.
Evoquant le système de télédéclaration via le site internet de l'assurance maladie pour déclarer sa positivité et pour bénéficier d'un arrêt de travail, sans jour de carence, il a indiqué que 30.000 Français avaient fait appel à cette déclaration en ligne et que "plus 10.000 avaient déclaré la positivité de leur test dans les 48 heures".
Il a également rappelé que depuis le 20 janvier, il était proposé la visite d'un infirmier libéral à domicile. Dès la première semaine, plus de 16.000 visites ont été réalisées par des soignants au domicile des personnes en isolement.
"Nous n'avons rien à envier à nos voisins en matière de tester-alerter-protéger", a assuré le ministre.

Renforcement de la stratégie TAP contre les nouveaux variants

Un renforcement de cette stratégie va toutefois être appliqué pour les cas positifs aux variants sud-africain et brésilien du Sars-CoV-2. Ils "nous inquiètent davantage que le variant britannique", a souligné Olivier Véran. "D'abord parce qu'il existe moins de données sur les infections qu'ils entrainent, ensuite parce que certaines études tendent à montrer qu'il existe davantage de réinfections et parce que nous manquons d'éléments pour être sûrs que les vaccins seraient aussi efficaces sur ces variants que le coronavirus".
Outre les cas de variants anglais et sud-africains, "nous enregistrons depuis hier quatre cas de variant d'origine brésilienne, dans le Var, en Aura [Auvergne-Rhône-Alpes] ainsi qu'à la Réunion", a-t-il confirmé (cf dépêche du 02/02/2021 à 11:54).
Afin de "limiter au maximum la diffusion de ces variants et gagner du temps pour pouvoir vacciner les plus fragiles", des moyens "plus importants" vont être mis en oeuvre, à savoir des nouveaux kits PCR dits "multiplex", qui permettent de traquer la présence d'un variant lorsqu'un test est positif, ainsi que le séquençage génétique massif des tests positifs pour pouvoir "suivre l'évolution" des variants.
"Une fois diagnostiqué, un patient est contacté sans aucun délai par des professionnels qui sont spécialement formés, de façon à identifier les conditions de leur contamination, identifier les cas contacts et casser les chaines de contamination", a détaillé le ministre qui a évoqué une "course contre la montre".
"Tout [ira] ensuite très vite" avec la programmation systématique d'un passage d'un infirmier au domicile du patient et l'activation des cellules territoriales d’appui à l’isolement. "A la fin des 7 jours d'isolement, la personne devra encore pendant 7 jours complémentaires limiter le plus possible ces contacts, porter un masque chirurgical et être particulièrement attentive à tous les détails", a-t-il précisé.
"Dans un certain nombre de situations, il est arrivé qu'un patient revenant de l'étranger et dont les conditions d'acceptabilité de la mise à l'abri n'étaient pas assurées soit mis sous isolement contraint, comme la loi l'autorise et sur la base d'un arrêté préfectoral individuel", a-t-il indiqué.
"C'est une course contre la montre que mènent les dizaines de milliers de professionnels mobilisés sur tout le territoire national", a insisté le ministre.
san/rm/APMnews polsan-une

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